Les nouveaux italiens branchés

Amici

Pourquoi vous allez adorer y aller : parce que décidément, il manquait un spot apéro - dînette à haute valeur ajoutée de ce côté des Ternes. Ici, vraiment, tout est réuni pour séduire la Parisienne stylée. Une immense terrasse chauffée + des grandes tables en bandes + des trentenaires beaux gosses à fort capital sympathie + la coupette de Prosecco à 5 €. Et on recommence !

 

La spécialité : des antipastis à partager sans obligation de passer par la case “plat + dessert”. Miam : burrata à la truffe (18 €), calamar frits, planche de charcute d’auteur et autres focaccias, à arroser d’un Gavi di Gavi du Piémont (28 €) ou d’une bouteille de Lambrusco (25 €), le fameux vin rouge pétillant. Bref : la vita è bella.

 

Ouvert du mardi au samedi midi et soir.
77 bis, avenue des Ternes, 75017 Paris. www.amici.paris

Pink Mamma

Pourquoi vous allez adorer y aller : la folie des grandeurs à tous les niveaux : décor de dolce vita ultra glam’, pizzas maousses, ambiance survoltée, bar à cocktails planqué. Du haut de ses quatre étages, le “petit” dernier du Big Mamma Group (East Mamma, Ober Mamma, Pizzeria Popolare…) est taillé pour le succès. Seul bémol, la file d’attente qui peut donner des sueurs froides quand on n’est pas habitué.

 

La spécialité : le BBQ italien fait son coming out. Entrecôte de 450g (27 €), côte de bœuf pour deux (33 € /p), t-bone steak à la florentine avec polenta (3 €) ou patatine rôties. Que les inconditionnels de leur fameuse mozza di bufala (7 €), des inimitables pâtes à la truffe (18 €) et du tiramisu (6,50 €) se rassurent, les classiques maison sont aussi là.

 

Ouvert tous les jours midi et soir.
20 bis rue de Douai, 75009 Paris. www.pink-mamma.com

Roberta

Pourquoi vous allez adorer y aller : la Mamma des Parisiennes, c’est elle. Connue comme le loup blanc, Roberta nourrit depuis des années les plus belles filles de Paris à coup de cocktails de défilés et de dîners privés... Autant dire que sa toute nouvelle trattoria des Abbesses rameute du très beau monde dans un décor ultra léché qui revendique une simplicité sophistiquée snob à souhait. Sur place ou à emporter : un pur régal.

 

La spécialité : tout ! Outre de très beaux produits hyper sourcés (burrata, jambon de Parme AOP affiné 24 mois), la signature, ici, sont les pâtes fraîches artisanales fabriquées sous vos yeux par des mammas de Gênes, ainsi que les sauces faites maison. Dans les assiettes : gnocchi au beurre de sauge et pignons toastés (12 €), raviolis de stracciatella, citrons de Sorrento et olives taggiasche (16 €), linguine à l’encre de seiche (18 €).

 

Ouvert tous les jours midi et soir.
5 Rue la Vieuville, 75018 Paris. www.roberta.fr

Epoca

Pourquoi vous allez adorer y aller : les meilleures carbonaras de Paris, c’était lui. L’ex Top Chef Denny Imbroisi remet le couvert dans un bistrot Art Déco sorti tout droit des studios de la Cinecittà signé Emilie Bonaventure (plafond moutarde, papier peint à rayures, comptoir pour l’aperitivo). Du solide. Ici, pas de carbo, mais un remarquable best-of des quatre coins de la botte.

 

La spécialité : les artichauts frits à la juive déjà cultes (10 €), le démentiel suppli (boulette panée de riz safrané, 10 €), les spaghettoni caccio e peppe (16 €) aussi cool qu’une virée à Rome avec un verre du cru. Top aussi, les raviolis buffala et truffe (20 €) qui font littéralement exploser les compteurs de likes sur Instagram. Et mieux que le tiramisu, optez pour l’affogato (9 €), une vraie révélation.

 

Ouvert du lundi au vendredi midi et soir, le samedi uniquement le soir.
17, rue Oudinot, 75007 Paris. www.epoca.paris

Bricktop

Pourquoi vous allez adorer y aller : au nom de la tomate, de la mozzarella et du basilic. Bon appétit. Cette néo-pizzeria trendy a érigé le pizzanisme au rang de religion d’Etat. Il faut dire que sa divine pâte crunchy-moelleuse élaborée à partir d’un savant mélange de farines françaises, italiennes et de levain naturel nous a totalement convertis.

 

La spécialité : la pizza napolitaine cuite au feu de bois. Efficace et pas cher : le combo tomate, mozza, basilic (6,50 €). Plus corsé, le mix mozza di Bufala fumée, saucisse de porc épicée, confit d’oignon caramélisé, salade de Trévise (12,50 €). La sacro-sainte 4 fromages s’affiche dans une version repimpée : ricotta, fourme d’Ambert, crottin de chèvre, pecorino, noix (11,50 €). Et pour lever les verres au ciel, la bière BapBap brassée spécialement pour l’endroit.

 

Ouvert tous les jours midi et soir.
153 Quai de Valmy, 75010 Paris. www.bricktoppizza.com

Simonetta

Pourquoi vous allez adorer y aller : une vraie belle trattoria chic, décorée de banquettes bleues en velours, miroirs vieillis, suspensions en osier et plantes wild, pignon sur le canal de l’Ourcq. En prime : une grande terrasse chauffée et un staff adorable.

La spécialité : une pizza légère, pâte fine et moelleuse à la farine bio, cuite au four napolitain ramené directement de là-bas par le chef himself. Les valeurs sûres : la Sottobosco (speck, mozza, gorgonzola, champignons, poires, basilic, 17 €) et la Tartufo (crème de truffe, ricotta, pleurotes, mozza, parmesan, basilic, 18 €). Top aussi : la charcute sourcée et coupée minute, savoureuse et qui fond dans la bouche.

Ouvert tous les jours midi et soir, le week-end en service continu.
32 Quai de la Marne, 75019 Paris.
www.simonetta-paris.com

Pratolina

Pourquoi vous allez adorer y aller : les serveurs à l’accent chantant, une super ambiance... Normal, dans cette taverne chic comme en Toscane, on cuisine la vraie popote de la mamma. Ici, la pasta se prépare à même la meule de parmesan. Du coup, ça sent bon, très bon.


La spécialité : la pizza, cuite comme il se doit au four Morello visible de la salle. Diavola avec scamorza fumée et saucisson de Calabre (15 €), Vegetariana légère à souhait (aubergines, artichauts, courgettes, poivrons, 14 €). Top : pour chaque plat choisi, on vous conseille le vin le plus adapté de la carte XXL. En dessert, un addictif tiramisu à la noisette (9 €).


Ouvert du lundi au vendredi midi et soir, le week-end uniquement le soir.
11 Boulevard de Bonne Nouvelle, 75002 Paris.
www.pratolina.paris

The Little Italy

Pourquoi vous allez adorer y aller : si vous avez aimé les adresses cultes du groupe Big Mamma, vous adorerez le concept de cette trattoria stylée, inspirée elle aussi du quartier italien de New York cher à Vito Corleone. Son point fort : sa terrasse chauffée canon avec belle lumière et plantes grimpantes, déjà prisée par les clopeuses des Batignolles.

 

La spécialité : tous les grands classiques de la cuisine della mamma. Pasta à la truffe (18 €), aux fruits de mer (15 €), pesto et burrata (14 €), lasagnes veggie (11 €)... Autre incontournable : la pizza Parma Big Love en forme de cœur (tomate, mozza, jambon de Parme, pecorino, basilic, 15 €). En terrasse, on partage des petites assiettes de coppa, légumes grillés, fromage et une bonne bouteille de Syrah sicilien bio (25 €).

 

Ouvert tous les jours non-stop.
5 Place de Clichy, 75017 Paris. www.facebook.com/thelittleitalyparis

Sense Eat

Pourquoi vous allez adorer y aller : veggie is sexy. La preuve avec ce resto italien 100 % végétarien qui carbure aux légumes couture de Terroirs d’Avenir et à la pasta de la mamma d’Enrico, le patron. Converti à la slow food et au yoga, cet ancien de la finance a trouvé le mojo et distille ses plaisirs healthy avec l’aide du chef Maurizio Carlucci (ex-Il Carpaccio).

 

La spécialité : la verdura, comprenez les légumes cuisinés avec une sacrée dose de créativité. Ricotta fumée au foin de montagne et quinoa soufflé (16 €), mozzarella di Bufala et fallafel de pois chiche (16 €), riz venere bio, mousse de betterave (21 €), gnocchi et tartare d’artichauts (21 €), ravioli au sarrasin et consommé de potiron (19 €), la carte indique même les intitulés vegan et sans gluten. Pour la note sucrée, panna cotta au gingembre ou tiramisu. Et en fil rouge, du vin nature.

 

Ouvert tous les jours midi et soir.
39, rue Mazarine, 75006 Paris. www.senseeat.fr

Noto

Pourquoi vous allez adorer y aller : il faut connaître ! Planqué au premier étage, la réouverture de la salle à manger sicilienne de la Salle Pleyel envoie du gros lourd sous la houlette de Benjamin Patou… Laura Gonzalez signe un décor spectaculaire à la Visconti, baroque à souhait, tout en marbre, velours, qui n’est pas sans rappeler Cipriani à New York. Glamour… Un rien décadent.

 

La spécialité : talent très prometteur de la jeune garde des chefs, Patrick Charvet (ex Guy Martin) deale de la Méditerranée mode à la maîtrise parfaite : linguine à la poutargue et au citron (29 €), calamari fritti sauce tartare (19 €), risotto à l’artichaut (31 €), côte de veau milanaise (34 €), arrosés des flacons les plus en vue de la Botte (spéciale dédicace aux vins de Carole Bouquet).

 

Ouvert tous les jours midi et soir. Fermé le dimanche et le samedi midi.
252 bis rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. www.noto-paris.com

Little Nonna

Pourquoi vous allez adorer y aller : une trattoria sans gluten ? Il fallait oser. Pari réussi pour cette nouvelle adresse trendy qui a purement et simplement éradiqué la farine de blé. Et le résultat est franchement emballant : un pur kiff à l’italienne sans l’effet ventre gonflé. On applaudit.

 

La spécialité : les pizzas gluten-free sur une base de farines alternatives (maïs, sarrasin, riz complet et demi complet) qui déboîtent. Dolce Vita (roquette, bresaola, parmesan, 17€), Piccante (salami épicé, olives, ricotta, 15 €), Truffissima (roquette et truffe, 20 €) sans parler de la version décadente au chocolat (10 €). Autres options, le ceviche (20 €), le carpaccio (17 €) et les spaghetti au homard (21 €). Dans les verres, des vins bio et une bière libre de gluten, elle aussi.

 

Ouvert tous les jours midi et soir.
12 avenue Niel, 75017 Paris. www.littlenonnaparis.com

Jimmy 2 Fois

 

Pourquoi vous allez adorer y aller : d’une pour le clin d’œil à Jimmy Deux Fois, le personnage des Affranchis qui répétait toujours tout deux fois : “Je vais chercher des clopes, je vais chercher des clopes”. De deux, pour l’atmosphère façon repaire de potes de cette pizzeria ouverte tout récemment par Julien et Valentin, deux copains d’enfance.

 

La spécialité : pâte extra slim et trottoirs rebondis, une pizza qui a de l’allure. A commencer par la Jimmy (fior di latte, jambon blanc, champignon, 12,50 €) et la Toto Riina (sauce tomate, câpres, olive, anchois, 13 €). Et si la truffe est votre passion, testez la Trescher’Ozo (crème truffée, fior di latte, roquette truffée, tomate cerise, 15 €), plutôt deux fois qu’une.

 

Ouvert du mardi au dimanche midi et soir.

15 rue Letort, 75018 Paris. www.jimmy2fois.com

Da Graziella

Pourquoi vous allez adorer y aller : ce petit bijou de pizzeria napolitaine installé dans un décor vintage hérité des années 20 (fresques murales en mosaïque, tables en marbre vert émeraude, chaises en fer forgé) deale une vraie rareté dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler...

 

La spécialité : la pizza frite, comme celles que l’on croque à tous les coins de rue dans la région du Vésuve. Attention, sa texture fondantissime proche du beignet rend totalement addict. Roulée comme un calzone, elle se tapisse de cicoli, ricotta de bufflonne et d’huile d’olive. Version sucrée, elle rappelle les churros, à tremper dans du chocolat #mammamia. Pour les tradi, les pizzas au four ne déméritent pas (Margherita 13 €).

 

Ouvert du lundi au vendredi midi et soir.
43 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris. www.dagraziella.fr

Ristorante National

Pourquoi vous allez adorer : le rendez-vous le plus branché de Paris, c’est ici que ça se passe. Depuis la rentrée, l’Hôtel des Arts et Métiers affole tout le beau monde titi et international.  Et tiens donc : son restaurant très mode qui ne désemplit pas… est un Italien de très haute volée, piloté par Julien Cohen (Pizza Chic, Grazie).

 

La spécialité : la botte en mode branchée. Traduction dans les assiettes : tempura de légumes et herbes, pesto de roquette (14 €), spaghetti sans gluten à la farine de kamut, safran et menthe (20 €), dorade crue, burrata et poutargue (17 €), crème de pistache (12 €).

 

Ouvert tous les jours midi et soir.

243 Rue Saint-Martin, 75003 Paris. www.hotelnational.paris

Royal Monceau

Pourquoi vous allez adorer y aller : pour l’expérience fantastique d’un déjeuner du dimanche méditerranéen dans l’un des palaces les plus wahou de Paris. Avec son nouveau rendez-vous hebdomadaire snob en diable, le prestigieux restaurant italien du Royal Monceau-Raffles Paris (1 étoile au Guide Michelin, s’il vous plaît) sort le grand jeu...

 

La spécialité : de la tomate aussi carrossée qu’une Ferrari au jambon grand luxe en passant par le splendide bar à mozzarella et burrata où l’on se ravitaille à l’envi, le buffet d'antipasti a de quoi donner le tournis. Ça continue avec le plat qu’il vous plaira (spaghetti pimentés aux seiches, gnocchi au ragoût d’osso buco, risotto milanais). Même Pierre Hermé, fournisseur officiel de l’hôtel, s’est prêté au jeu avec un tiramisu hautement désirable et un pain de Gênes revisité. Ultime chic, la coupe de Prosecco. 126 € le déjeuner tout compris.

 

Tous les dimanches midi.
37 Avenue Hoche, 75008 Paris. www.leroyalmonceau.com 

Anima

Pourquoi vous allez adorer y aller : pour découvrir la dernière adresse de l’agite popote David Lanher, dandy restaurateur qui enflamme le Tout-Paris avec ses restos d’auteur (Racines, Caffè Stern, Bon Saint Pourçain). Dernier bébé en date : Anima Rive Gauche, rue du Cherche-Midi, l’Italien contemporain qui réveille le quartier avec sa déco géniale : bar en marbre, papier peint graphique et tapis de bourgeoise. Du pur bonheur.

 

La spécialité : entre les deux mon cœur balance. D’un côté, les pizzas inouïes, mitonnées sous vos yeux et cuites en direct du four à bois par un pizzaiolo avec la crème de la pâte et des produits (à p. de 9 €). De l’autre, des petits plats plus racés sous la houlette de Marco Marzilli : tartare de gambas au yuzu - orgasmique, sublime vitello tonnato, assiette de légumes à dipser et formidable tiramisu.

 

Ouvert tous les jours midi et soir.

78 rue du Cherche-Midi, 75006 Paris. www.anima.paris

Tripletta Belleville

Pourquoi vous allez adorer y aller : si une princesse napolitaine devait s’encanailler à Belleville, ce serait forcément ici… Un endroit plein de charme avec sa terrasse en teck et son toit en paille, son immense four à pizza, ses tables de bistrot rondes et ses chaises colorées en formica. Bref : la table la plus cool de l’East Side.

 

La spécialité : les pizzas napolitaines. Pâte épaisse et moelleuse à la napolitaine, garnies de très bonnes choses tout droit sourcées chez Paisano, l’Alimentation italienne qui fait mouche à Goncourt (à partir de 9 €).

 

Ouvert tous les jours midi et soir, le week-end en service continu.
88 Boulevard de Belleville, 75020 Paris. www.facebook.com/triplettabelleville

Mamo

Pourquoi vous allez adorer y aller : après Antibes et New York, Peppino Mammolito, celui qu’on surnomme  le “Pape de la pasta”, débarque à Paname avec son Mamo, délicieusement people (Leonardo DiCaprio, Natalie Portman, Kendall Jenner sont déjà des habitués) et bling comme il faut. Inutile de dire que ce petit frère du Manko ne pouvait que s’installer dans le 16e, du côté du Troca dans une mise en scène néo-classique à souhait.

 

La spécialité : les nourritures mondaines ! De la truffe à toutes les sauces : risotto à la truffe blanche d’Alba (52 €), pizza à la truffe (48 €), burrata truffée (38 €), Mamo Burger au foie gras et truffe fraîche (44 €). Pour ceux qui ne sont pas accro au diamant noir : les penne all’arrabiata (16 €), osso buco (55 €). Ça s’arrose volontiers d’un Pétrus (4800 €) ou d’une bouteille de Chianti (55 €). C’est selon votre budget.

 

Ouvert du lundi au vendredi midi et soir.

2 Rue la Pérouse, 75016 Paris. www.mamoparis.com 

Noémie Saglio : la réalisatrice star de la Génération Y

Derrière la série culte Connasse, il y avait Noémie Saglio, la nouvelle réalisatrice star des trentenaires. Cette sexy mamma revient avec Telle mère, telle fille, une comédie furieusement dans l’air du temps qui traite de la maternité, de la génération Y un peu trop coincée et des quinquas qui ont du mal à trouver leur place. En tête d’affiche de ce drama familial version 3ème millénaire, le duo mère-fille Camille Cottin et Juliette Binoche (qui tombent enceintes en même temps), Lambert Wilson et Catherine Jacob. L’occasion pour Noémie Saglio de nous raconter les coulisses de la comédie française la plus attendue du printemps, rythmée par les mélodies hyper entraînantes de M.

Les films qui t’ont donné envie de faire ce métier ?

Les vraies comédies de meufs comme Mes meilleures amies. Je suis très comédies anglaises. Love Actually reste mon TOP 1. Je sais, ce n’est pas très original mais pour moi une bonne comédie, c’est de l’humour et beaucoup de tendresse, sinon je m’ennuie hyper vite. Il faut un personnage auquel on s’attache, un supplément d’âme. De la vanne pure, ça m’emmerde.

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© Mars Distribution

Comment commence l’aventure d’un film ?

Je participe toujours à l’écriture du scénario qui dure environ 18 mois avec les retours des partenaires (le producteur, les chaînes, la distribution). Tout le monde fait des commentaires sur le scénario pour l'améliorer ou parfois le bousiller, mais tu es bien obligée de les prendre en compte, parce que sinon, tu ne peux pas faire le film ! Une fois que tout le monde est satisfait, on passe au casting...

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© TMTF

D’où vient l’inspiration d’une mère et d’une fille enceintes en même temps ?

J’ai vu une émission avec Agathe Pastorini, ma co-auteure, sur des mères et des filles enceintes ensemble, et j’ai une copine dont la belle-mère était tombée enceinte en même temps qu’elle... Franchement, c’était un peu problématique… Je cherchais une idée qui parle de maternité, de la famille de façon drôle et loufoque : il y avait dans cette situation tous les facteurs de comédie et d’émotions ! Je suis là pour faire des films hyper féminins, qui parlent aux filles comme moi… Là, on s’est dit : y’ a pas mieux !

juliette binoche sur un scooter

© TMTF

Camille Cottin, c’est ta muse ?

Je considère que c’est une des meilleures actrices de sa génération. On a fait Connasse et Toute première fois ensemble. Camille Cottin est mon alter ego, mon duo inséparable et ma meilleure amie ! J’écris tous mes films en pensant à elle. Mes névroses, mes angoisses : j’ai l’impression qu’elle peut incarner exactement ce que je veux. C’est un peu la fille qui me représente.

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© TMTF

Dans ton film, la mère est une ado attardée et sa fille une trentenaire très control-freak...

Je trouve qu’on est beaucoup plus coincé du cul que nos parents. Surtout quand je regarde ma mère, qui s’avère beaucoup plus libre et bien dans ses pompes que mes copines et moi, les trentenaires. Quand on était à l'école, on nous disait qu’on n’aurait pas de boulot, après on nous a dit qu’on aurait le sida si on couchait avec n’importe qui… Bref, on est passé à la moulinette.

Notre génération n’a pas vécu la liberté sexuelle, la liberté de pas s'inquiéter sur le boulot. J’avais envie de montrer ça… Dans le film, le personnage de Juliette Binoche est un personnage de comédie qui est un peu poussé, complètement Absolutely Fabulous, qui n’a rien à voir avec ma mère. Mais elle a ce côté “Putain, arrêtez de vous prendre la tête les trentenaires, vous avez la vie devant vous ! ”.

C’est quand même hyper gai, cette image de la femme où à 50 ans, tu n’es pas un vieux thon qui a envie de se buter, mais une femme canon qui revit et qui se redécouvre à boire des mojitos et à s’éclater avec ses copines !

Tu te sens fille parfaite ou mère indigne ?

Tout le monde m’a reconnue dans les deux personnages… Je pense qu’elles ont toutes les deux ma personnalité. J’essaie toujours de rentrer dans la norme mais j’ai un petit côté farfelu qui malheureusement me dépasse un peu. Je suis très mère, très très maternelle avec ma fille, à la fois sévère et tendre sans l’élever dans des carcans. Bref : je fais vraiment ce que je peux comme tout le monde !

noemie de dos

© Studio Cui Cui

Comment se déroule un tournage ?

Avant le tournage qui dure 2 mois environ, on a un plan de travail hyper précis avec les horaires, les dates des acteurs, les nuits où l’on tourne, le tout sans enchaîner jamais plus de 12h de travail par jour. Tout est pratiquement réglé à la minute. Quand on tourne, j’arrive le matin, je vais dire bonjour aux comédiennes, on fait une petite répétition de texte et après on tourne.

On est comme un petit cirque itinérant ! Il y a 18 camions qui sont garés avec 70 personnes sur place (en comptant les techniciens et la cantine), dont 25 ou 30 personnes sur le plateau. Pour Telle mère telle fille, on a tourné une scène au Théâtre du Châtelet avec Lambert Wilson. On était facile 120. C’est très impressionnant car, même si en tant que réalisatrice tu es le chef d’orchestre de toute cette équipe, tout le monde sait très bien ce qu’il fait, un peu comme sur un chantier.

Et après ?

Tu passes 4 mois dans la salle à monter, fabriquer ton film. C’est hyper intense parce que tu découvre les images, tu vois ce que tu as fait et... ce que tu n’as pas fait et que tu ne peux pas refaire ! C’est le moment le plus difficile.

Comment vis-tu les critiques ?

Au tout début, tu te les prends en plein dans la gueule !

J’aime beaucoup cette comparaison. Pour juger la performance d’un skieur, il y a un chronomètre. Il va au-dessus, c’est mort. S’il est en-dessous, c’est génial, il gagne.

Quand tu fais un film, c’est comme si chaque personne qui allait le voir avait son propre chronomètre. Tout le monde devient critique de ciné y compris ta mère, ta sœur, la boulangère. Chacun y va de sa petite réflexion, très à l’aise. Je me souviens de mon pharmacien sur mon précédent film Toute première fois, qui me sort au moment où j’achetais du Doliprane : “Je n’ai vraiment pas aimé, je suis désolé je préfère vous le dire”. Sympa.

Pour Connasse, princesse des cœurs, on a eu énormément de “haters” avant même que le film ne sorte… Ça fait partie du jeu. Quand tu vois le public ressortir avec la banane de ton film, tu te dis que c’est pour ça qu’on fait ce métier… Après il ne faut pas exagérer, je ne fais pas du Tarantino. Telle mère telle fille, c’est un moment sympa, pas le chef d’œuvre ultime de la nation qu’on va montrer….

La plupart des actrices rêvent de devenir réalisatrice… Tu te vois en actrice ?

Oui, oui, je me suis beaucoup imaginée de l’autre côté, ça me ferait vraiment kiffer. Mais je ne suis pas très douée. De toute façon, ça m’amuse beaucoup plus d’écrire et de réaliser que de jouer et je ne me sens pas du tout capable de faire les deux. Donc si quelqu’un veut me donner ma chance ! D’ailleurs, j’ai joué un petit rôle dans le prochain film de Maxime Govare (avec qui j’ai déjà réalisé), et ça m’a fait trop plaisir !

Quel sera ton prochain film ?

C’est un projet encore assez féministe qui s’appelle “La femme moderne”, qui a été écrit à la base par Alix Girod de l’Ain. C’est l’histoire d’une femme de 40 ans qui a tout fait pour être une femme parfaite mais qui en fait est complètement paumée, sans doute parce qu’elle a trop de choix (bosser, s’occuper de ses enfants) avec la pression de tout faire bien et qui fait tout mal… Elle se réveille en 1965 dans un monde où on n’a pas le choix. C’est-à-dire qu’on n’a pas le droit de travailler sans l’accord de son mari, qu’on est obligé d’aller au club couture avec ses copines et de s’occuper de ses gosses. Cette femme découvre en fait la chance qu’elle a, et qu’il faut embrasser la liberté sans trop s’en plaindre…

affiche du film

Elodie Rouge assistée de Jeanne Besse

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