Mektoub My Love, le nouveau film d’Abdellatif Kechiche

Cinq ans après La Vie d’Adèle (Palme d’or au Festival de Cannes 2013) et le scandale que l’on connaît, Abdellatif Kechiche fait son grand retour dans les salles obscures. C’est dire si Mektoub My Love : canto uno est attendu. Le pitch ? Eté 1994, Amin, jeune étudiant à Paris, rentre chez ses parents à Sète pour les vacances. D’un naturel timide, il observe : Tony, son cousin dragueur, Ophélie, sa séduisante meilleure amie, les vacancières sur la plage… Flirt, romance, insouciance, fantasme, tromperie (et surprise, pas de cul ou presque), le jeune homme fait son éducation sentimentale à une époque pas si lointaine, où Tinder n’existait pas encore. Verdict ?

Passez votre tour si

Pour vous, un bon film doit vous faire rire/pleurer/peur (rayez la mention inutile). Ici rien de tout ça. Pas d’intrigue haletante à laquelle se raccrocher, seulement des moments piochés à l’avenant et souvent sans transition, de cet été où Amin découvre le désir sans s’y abandonner. Si l’image est toujours hyper léchée infusée d’une lumière incandescente, concrètement il ne se passe pas grand chose. Conversations sans fin, scènes à rallonge, pour un total de trois (longues) heures au compteur. Vous avez dit #boring ?

A défaut de captiver, Kechiche risque de s’attirer les foudres des féministes. Maladresse ou provoc’, le réalisateur semble prendre un malin plaisir à pointer sa caméra sur les popotins de ses actrices. A l’heure de #BalanceTonPorc, on sent déjà le malaise...

mektoub my love

Courrez le voir si

Vous savez lire entre les lignes, parfois floues, du cinéma d’auteur. Traduction, la réflexion prime sur l’action. Contrairement à son cousin qui enchaîne les aventures, Amin reste en retrait, refusant les avances de celles qui lui font du rentre dedans. Pourquoi ? Chacun se fera sa propre opinion.

Librement inspiré du roman initiatique La Blessure La Vraie de François Bégaudeau, Mektoub my Love s’inscrit dans un projet global résolument ambitieux : suivre le destin (mektoub) d’Amin jusqu’à ses 45 ans sous les traits de l’excellent Shaïn Boumédine à travers 10 films. Mektoub My Love n’est donc que le premier volet d’une longue saga qui réjouira les fans. Croisons les doigts pour que d’ici là le cinéaste ne se brouille pas avec ses jeunes poulains, comme ce fut le cas par le passé (Osman Elkharraz après L’esquive, Léa Seydoux après La Vie d’Adèle).

Hormis Hafsia Herzi, qu’il a révélé dans La Graine et le Mulet, Abdellatif Kechiche a une nouvelle fois déniché de jeunes talents (Ophélie Bau, Lou Luttiau, Alexia Chardard), qui ne devraient pas tarder à être sollicités sur d’autres productions.

Mektoub My Love : canto uno, en salle le 21 mars.

Découvrez aussi La belle et la belle avec Sandrine Kiberlain et Nox, la nouvelle série avec Maïwenn.

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