Pygmalionnes : le docu’ féministe à voir absolument

À l’heure du #MeToo et du scandale Adèle Haenel, le jeune réal’ Quentin Delcourt met le doigt sur un sujet brûlant et signe Pygmalionnes, un documentaire dans lequel les muses du septième art prennent la parole.

Elles sont actrices, réalisatrices, productrices, cheffe-opératrices, agentes d’artistes ou exploitantes de cinéma... Face caméra, devant un décor neutre et sans artifice, chacune s’exprime et dévoile les coulisses de métiers où, bien au-delà du rêve, de la gloire et des paillettes, la parité manque à l’appel et les femmes n’ont pas suffisamment leur mot à dire.

Un sujet au cœur du débat

Avec un jeu de mots tout trouvé, Quentin Delcourt féminise un terme jusqu’alors exclusivement masculin. Pygmalionnes suit les parcours et les témoignages poignants de onze superbes femmes, engagées et talentueuses, nommées Hafsia Herzi, Aïssa Maïga, Stéfi Celma, Naidra Ayadi, Élisabeth Tanner, Anne Richard, Isabelle Gibbal-Hardy, Alix Bénézech, Céline Bozon, Nathalie Marchak et Laurence Meunier.

Qu’importe l’origine, qu’importe l’âge. Toutes ont réussi à s’imposer malgré les faits alarmants : une cheffe-op’ n’a presque jamais de grosse prod’, une femme sur deux ne réalisera pas de second film...

Et le réalisateur a vu juste, le sujet fait mouche. Il ne pouvait pas rêver mieux : le film a été diffusé en avant-première à l’Assemblée Nationale, quelques jours avant que la loi sur l’audiovisuel et la parité hommes / femmes ne soit réformée. Malin.

Une réalisation simple et efficace

Bande Annonce du documentaire Pygmalionnes avec Hafsia Herzi, Aïssa Maïga, Stéfi Celma, Naidra Ayadi, Élisabeth Tanner, Anne Richard, Isabelle Gibbal-Hardy, Alix Bénézech, Céline Bozon, Nathalie Marchak et Laurence Meunier

À travers ce documentaire passionné et passionnant, Quentin Delcourt place un regard curieux et extrêmement bienveillant sur ces pygmalionnes du cinéma pour que la parole soit libérée. Le secret ? L’enregistrement en une prise. Pas de seconde chance pour les ratés qui se sont retrouvés coupés au montage, mais un rendu hyper spontané, avec une pointe d’humour, de cynisme et beaucoup d’émotion.

La beauté du film réside aussi dans son process’ un peu à part : aucune des femmes interviewées ici ne soupçonnait sa projection au cinéma. Verdict : un rythme bien mené entre la sincérité du propos, la sobriété du décor et la pertinence des extraits de films en transition, pour pointer du doigt un sujet universel.
Et quand c’est signé par un mec, jeune réal’, on se dit que la nouvelle génération est bien déterminée à faire bouger les choses. Et tant mieux.

En salle le mercredi 22 janvier.


Découvrez aussi le roman féministe dont tout le monde parle et la saison 2 de Sex Education.

Sarah Temime

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