5 expos gratuites à découvrir en ce moment

© Daniel Greer / Sam Shaw / Christopher Barraja

Pas besoin de faire la queue des heures devant les musées les plus courus de la capitale pour s’offrir un shot de culture. Ça bourdonne du côté des galeries d’art qui présentent en ce moment de nombreuses expos gratuites et inspirantes à découvrir sans faire la queue, ni débourser un centime. Entre photos, installations, peintures et même sculptures, il y a de quoi trouver son bonheur ! Au programme : les toiles vibrantes de Khalif Tahir Thompson, les photographies sensibles de Christopher Barraja chez Saint Laurent, des portraits iconiques de Marilyn Monroe, un dialogue contemporain autour de Monet et une célébration de trente ans de création contemporaine aux Filles du Calvaire. On note les cinq dans sa to-do list !

 

La plus colorée

Vermillon, cyan, ocre et magenta : l’artiste américain Khalif Tahir Thompson investit la galerie Zidoun-Bossuyt pour y présenter sa dernière exposition personnelle, Beautiful Land. Né en 1995 au États-Unis, il revient pour la deuxième fois à Paris, exposant jusqu’au 18 juillet ses toiles, véritables fragments de sa vie quotidienne tous plus vibrants les uns que les autres. Portraits, natures mortes et paysages new-yorkais : on est transportés dans son univers unique, brillant par sa modernité et fascinant par son inspiration ancrée dans les codes du fauvisme, ce mouvement artistique du XXe siècle qui prône la couleur au profit du dessin. 

Les plus connaisseurs reconnaîtront sans aucun doute les influences de Beauford Delaney et de ses scènes de rues, ou encore des tableaux colorés du peintre français André Derain. Chez Thompson, il y a de la couleur, certes, mais pas que ! L'artiste s’amuse la matérialité et joue avec de multiples techniques : peinture, gravure, collage et même fabrication artisanale du papier, explorant des thèmes comme l’identité, la mémoire et l’héritage, surtout en tant qu’artiste afro-américain. Ses œuvres sculptent l’intime, marquent par leur intensité rare et fascinent autant qu’elles bousculent. 

Beautiful Land jusqu’au 18 juillet à la Galerie Zidoun-Bossuyt, au 51 rue de Seine, Paris 6e. Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h.  

 

La plus intime

Rue de Grenelle, dans l’atmosphère pointue de l’espace Saint Laurent Babylone, s’exposent en ce moment les clichés sensuels du photographe français Christopher Barraja. Après avoir bossé son œil aux Arts Déco et raflé un prix Picto puis en 2022 une position de finaliste à la 37ᵉ édition du Festival de Hyères, le Niçois se fait repérer par Anthony Vaccarello qui lui propose d’installer son exposition Daydreaming of Him dans son Q.G. de la rive gauche. Accrochés aux murs de la librairie la plus glam’ de Paris, ses douze clichés rendent hommage à la beauté des hommes de sa vie. Amis, amants, amoureux sont passés devant son objectif, laissant supposer tour à tour leurs muscles, leurs poils, leur odeur et la douceur de leur peau dans l’idée d’une épopée sensuelle qui sent bon les flirts d’été. La préférée de l’artiste ? “Celle prise à l’improviste au-dessus d’un ami avec qui l’on se chamaillait dans l’herbe, et dont on voit tout de suite la spontanéité.

Si ses œuvres sont toutes proposées à la vente – comptez 1 200 €, un bon investissement au vu de la côte de Christopher Barraja qui commence à grimper – il est également possible d’acheter un fanzine spécialement imprimé pour l’occasion en édition limitée, dédicacé par l’artiste et renfermant un joli tirage unique à encadrer (55 €). Diablement chic !

Exposition photo Daydreaming of Him de Christopher Barraja sous la curation d'Anthony Vaccarello, Saint Laurent Babylone, 9 rue de Grenelle Paris 7e. Du 3 juin au 13 septembre, entrée gratuite. Ouvert du mercredi au samedi 11h-19h, le dimanche dès 13h. 

© Christopher Barraja

 

La plus authentique

Je dirais que tu es une enfant radieuse”, écrivait Truman Capote. Une formule qui colle à Marilyn Monroe comme aucune autre. Que reste-t-il à raconter de la femme la plus photographiée du XXe siècle ? De ses robes iconiques, de sa chevelure platine, de ses amours, de ses drames ? Tout semble avoir été dit. Et pourtant, à la Galerie de l’Instant, les clichés de Sam Shaw réalisés entre 1954 et 1958 dévoilent une Marilyn loin de l’imagerie saturée qui l’a transformée en mythe. 

Derrière le sex-symbol planétaire apparaît une jeune femme vibrante, lumineuse, parfois fragile. Sous l’objectif du photographe new-yorkais, le regard devient tactile. Ici, pas de pose figée ni de glamour forcé : Shaw capture une vérité plus rare et spontanée. De l’ouvrière devenue star mondiale à l’icône éternelle, cette exposition retrace un destin hors norme, une plongée délicate dans l’intimité d’une légende, où l’on découvre surtout une âme lumineuse derrière le fantasme.

Marilyn Monroe, portrait d’une enfant radieuse à La Galerie de l’instant, 46 rue de Poitou, Paris 3e. Jusqu’au 15 septembre, ouvert le lundi de 14h à 19h, du mardi au samedi de 11h à 19h puis le dimanche de 14h à 18h30. 

© Sam Shaw

 

La plus impressionniste 

Direction le 6e arrondissement pour découvrir la toute nouvelle exposition Dialogues avec Monet à la galerie Larock-Granoff, un hommage visuel réunissant une dizaine de toiles d'artistes contemporains, tous parti d’un même point d’ancrage : Leicester Square, la nuit, une toile réalisée par Monet entre 1900 et 1901. À l’occasion du centenaire de la disparition du maître impressionniste s’invente un véritable jeu de correspondances entre ces artistes contemporains qui se sont prêtés à l’exercice en réalisant des œuvres inédites, toutes au même format que celle de Monet. 

Résultat ? Des variations libres, sensibles ou audacieuses autour d’un même paysage nocturne. Chacun y projette son univers, ses obsessions, sa palette et son époque, révélant à quel point une œuvre peut continuer de résonner plus d'un siècle après sa création. En mettant en regard ce chef-d’œuvre historique et ces relectures contemporaines, la galerie signe une démonstration éclatante : l’histoire de l’art n’a rien d’un musée figé. Elle se réinvente sans cesse, au fil des regards qui la traversent.

Dialogues avec Monet, du 12 juin au 1er août à la galerie Larock-Granoff, 13 Quai de Conti Paris 6e. Ouvert du mercredi au samedi de 10h30 à 19h30. 

© Isabel Michel / Tess Dumon / Olivier Masmonteil

 

La plus festive

Fondée en 1996 par Stéphane Magnan, la galerie d’art des Filles du Calvaire fête cette année son trentième anniversaire et nous dévoile en cette occasion une sublime exposition intitulée 30 ans et plus, une célébration de “trente années d’engagement au service de la création contemporaine”. Au programme : photographies, peinture, sculpture, installations XXL… Tous les médiums se côtoient dans un parcours qui reflète la diversité des pratiques artistiques défendues par la galerie. Une pluralité qui fait écho à son engagement constant en faveur de la scène contemporaine, et plus particulièrement des artistes français qu’elle contribue à faire rayonner bien au-delà des frontières. 

Ici, il n’est pas question de célébrer un parcours achevé ni de regarder dans le rétroviseur avec un pincement au cœur. 30 ans et plus revendique au contraire une dynamique toujours en mouvement, fidèle à la mission que s’est donnée la galerie depuis ses débuts : défendre la création contemporaine sous toutes ses formes.

30 ans et plus jusqu’au 20 juin puis du 3 au 25 juillet à la galerie des Filles du Calvaire, 21 rue Chapon Paris 3e. Ouvert le mardi de 14h à 18h30 et du mercredi au samedi de 11h à 18h30.

© Kourtey Roy  / Todd Hiddo / Frances Goodman 

et toujours...

 

La plus engagée 

Direction le Maïf Social Club dans le Marais pour découvrir une expo im-mer-sive et engagée : Voir la mer, reflets d’un océan chaviré. L’objectif ? Dévoiler la beauté fragile des océans à travers des sculptures, tableaux et installations vidéo qui font bien cogiter. 

On navigue entre une sculpture de sel immaculée, des coraux colorés (presque) plus vrais que nature, des photographies bleu marine et autres projections maritimes dans une ambiance tamisée. Le land art, ça vous parle ? Ici, l’artiste Duke Riley revisite cette technique artistique en récoltant briquets usagés, bouchons de plastiques, bigorneaux et coquillages pour en faire l’impressionnant tableau d’un paysage côtier. Il faut s’approcher pour le remarquer ! Enfin, comme un écho au mythe de la femme de Loth, une splendide statue de sel intitulée Littéral trône au centre de la salle. Cette création, imaginée par Mathieu Lorry Dupuy, reflète nos modes de vie et nos désirs d’évasions éphémères. Le choix du matériau n’est pas laissé au hasard : le sel est une matière paradoxale qui semble solide mais reste pourtant soluble et instable… En bref, l’expo parfaite pour sensibiliser sur l’environnement et la fragilité des océans à travers des œuvres originales, profondes et marquantes.

Voir la mer, reflets d’un océan chaviré, 37 rue de Turenne, Paris 3e. Jusqu’au 25 juillet. Ouvert le lundi et le samedi de 10h à 19h, puis du mardi au vendredi de 10h à 20h30. 

© Jean-Louis Carli / MAIF

 

La plus abstraite

Formes Ouvertes, c’est un concept désignant un système d’angles qui se refuse tout fond et tout motif géométrique clos. Vous n’avez pas tout compris ? Direction Le Marais et l'Institut Suédois, qui dévoile une nouvelle exposition du même nom, offrant une véritable plongée dans l’art abstrait et les formes ouvertes à travers une expo hyper colorée. Sur les murs, près de trente années de création d’Olle Bærtling, peintre et sculpteur phare de l’abstraction, qui entrent en dialogue avec les œuvres de sept autres artistes du monde entier. Le résultat ? Des formes qui s'élancent hors des cadres, des peintures qui semblent envahir l’espace au-delà de la toile, des triangles jamais finis et des teintes vibrantes. On se balade donc entre ces peintures qui semblent se répondre et interrogent l’idée d’un langage universel abstrait. 

Le petit plus ? L’Institut suédois expose Cecilia Edefalk, une figure majeure de la scène artistique suédoise. Elle déploie depuis les années 80 une œuvre instinctive, où les images héritées glissent peu à peu vers une abstraction habitée. Entre mémoire, nature et visions, son art convoque même les voix d’artistes disparus.

Formes Ouvertes à l’Institut Suédois, 11 rue Payenne, Paris 3e. Jusqu’au 19 juillet, du mardi au dimanche de 12h à 19h et le jeudi jusqu’à 21h.

© Vinciane Lebrun

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