© Fonds de dotation Villeglé ; Courtesy Galerie GP & N Vallois © The Saul Steinberg Foundation / Adagp, Paris, 2026 © Charlotte Gainsbourg
Paris, ville de l’amour certes, mais capitale culturelle surtout ! Les galeries d’arts, excellente alternative aux queues interminables des musées populaires, s’y comptent en nombre. Gratuites et souvent peu fréquentées, elles nous font découvrir des artistes underground pour faire le plein de culture G et frimer en société. On a repéré pour vous les expos gratuites et inspirantes à ne pas rater en ce moment. Au programme : Charlotte Gainsbourg expose ses clichés chez Saint Laurent Rive Droite, des collages super graphiques signé Villeglé à la galerie Vallois, le travail de Saul Steinberg à la galerie Claude Bernard, les œuvres abstraites de Monique Frydman chez Dutko et une collection d’amour sur les murs de la galerie Jeanne Bucher Jaeger.
La plus rockstar

Qui a dit que les boutiques de luxe n’étaient pas des lieux d’art ? Chez Saint Laurent Rive Droite, Charlotte Gainsbourg expose 5bis, une série de photographies sous le commissariat d’Anthony Vaccarello. Après sa présentation aux Rencontres d’Arles, quelques clichés se sont installés entre chaussures et manteaux YSL. Le sujet : la maison de son père, Serge Gainsbourg, au 5bis rue de Verneuil. Très chic, mais surtout très touchant, car qui n’a jamais ressenti ce pincement en retrouvant sa maison d’enfance ?
L’actrice et chanteuse a pris son Hasselblad pour photographier la demeure mythique juste avant qu’elle ne devienne un musée consacré à la vie et à l’œuvre de son père. Résultat : plus de vingt images intimes qui nous font parcourir la maison comme on revisite un lieu profondément familier, avec des flashs de passé qui surgissent dans le présent. Petit plus : un superbe livre en édition limitée, édité par Saint Laurent Éditions, rassemble la série (95 €). Chic !
5bis, Charlotte Gainsbourg. Saint Laurent Rive Droite. 213 rue Saint-Honoré, Paris 1er. Du 24 septembre au 2 décembre 2026. Ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h30 et le dimanche de 11h à 19h.
© Charlotte Gainsbourg
La plus romantique

Dans une cour tranquille rue de Saintonge, à l’abri des regards, se cache la galerie Jeanne Bucher Jaeger qui accueille Jardin d’amour, une exposition collective imaginée par le philosophe et historien de l’art Guillaume Logé. Des artistes de la galerie et des invités se côtoient autour d’un thème universel : l’amour et sa relation avec la nature. Photographies, dessins, peintures, sculptures, on déambule à travers ces œuvres variées qui nous racontent cette relation. Et si l’amour devait se réinventer en s’ouvrant à la nature ? L’exposition est bâtie autour de l’œuvre monumentale de Yang Jiechang, Tale of the Eleventh Day – Red Autumn : dix panneaux, près de 14 mètres de long et un paysage primordial peuplé d’animaux et d’humains, clin d’œil au Décaméron de Boccace, chef-d’œuvre littéraire de la Renaissance Italienne.
Autour, on croise Léger, Max Ernst, Dufy ou André Breton, mais aussi des arts africain, égyptien et indien. Des Arts Premiers à nos jours, c’est tout un monde qui se retrouve entre ces murs. Nos coups de cœur ? La photo de Bonnard, Marthe debout près d’une chaise, montrant un corps presque spectral qui jaillit d’une végétation nocturne, et les photos de Claude Mollard qui débusquent d’étranges présences dans les recoins les plus ordinaires de la nature. De quoi s’offrir un joli rencard avec soi-même.
Jardin d’amour. Galerie Jeanne Bucher Jaeger. 5 rue de Saintonge, Paris 3e. Du 3 octobre au 19 décembre 2026. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 19h et le samedi de 11h à 19h.
© Lin Zhipeng - Vue d'exposition "Jardin d'amour", 2026, Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris © Hervé Abbadie, Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris-Lisbonne © Yang Jiechang
La plus graphique

Il aurait eu cent ans cette année. Pour fêter l’anniversaire de Jacques Villeglé, la galerie Vallois lui consacre une rétrospective, sa 15e exposition personnelle avec la galerie. Le projet de l’artiste : arracher des affiches sur les murs de Paris et les déplacer dans le champ de l’art. Le résultat donne des collages hyper graphiques, un peu rock, très Nouveau Réalisme. Un détail qu’on adore : le titre de chaque œuvre indique la rue et la date où l’affiche a été prélevée, et on se surprend à jouer les détectives en cherchant les adresses.
L’exposition, intitulée Jacques Villeglé, le flâneur, déroule toute la méthode du regard de l’artiste. Elle va de Pénélope (1950), son premier projet de film expérimental, aux autoportraits de l’Opération Quimpéroise (2006) en passant par les affiches lacérées, les Ardoises et les Placards de journaux, présentées pour la première fois à la galerie. Une mise en bouche pour l’exposition du musée Carnavalet, Paris à l’arraché, dédié à l'œuvre de Villeglé et qui ouvre le 14 octobre. Double programme culturel assuré !
Jacques Villeglé, le flâneur. Galerie Vallois. 33 & 36 rue de Seine, Paris 6e. Du 11 septembre au 31 octobre 2026. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h.
© Fonds de dotation Villeglé ; Courtesy Galerie GP & N Vallois
La plus dessinée

À deux pas de là, la galerie Claude Bernard réunit une vingtaine d’œuvres de Saul Steinberg réalisées entre 1951 et 1990. Né en Roumanie, cet architecte de formation a collaboré pendant près de 60 ans avec The New Yorker, dont il a signé environ 90 couvertures. Ses dessins, aux airs de BD, sont remplis d’humour, de personnages loufoques et de décors improbables. Mais ne vous y trompez pas : derrière ce trait faussement enfantin se cache une satire de la société américaine et de ses conventions.
Sur les murs, on découvre des dessins, des collages et des assemblages mêlant crayon gras, aquarelle, encre, crayons de couleur, gouache ou acrylique. Parmi les pièces à ne pas manquer : Times Square, The American Sphinx ou Lex Pax Lux, ainsi que des dessins publiés en couverture du magazine américain. Souvent décrit comme « un écrivain qui dessine », Steinberg mêle texte et image dans un langage qui n’appartient qu’à lui. À découvrir dans cette seconde expo que la galerie lui consacre, après une première en 2008.
Saul Steinberg. Galerie Claude Bernard. 7-9 rue des Beaux-Arts, Paris 6e. Du 17 septembre au 14 novembre 2026. Ouvert du mardi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h30 à 19h.
© The Saul Steinberg Foundation / Adagp, Paris, 2026
La plus colorée

On termine en douceur et en couleurs avec États d’Âme de Monique Frydman chez Dutko, quai Voltaire. Née en 1943, cette figure de l’abstraction française présente ici un ensemble inédit de toiles réalisées entre 2023 et 2026, pour son cinquième solo show avec la galerie. Des tableaux très colorés, abstraits, où la matière prend toute la place et qui se regardent, forcément, un peu avec les yeux de l’humeur du jour. D’ailleurs, c’est le propos : « L’état d’âme n’est-il pas le sujet même de la peinture ? », s’interroge l’artiste.
Pour obtenir ces effets de matière, Monique Frydman travaille depuis les années 1970 par imprégnation lente et minutieuse de pigments, de pastels et de liants sur lin, coton, papier japon ou tarlatane. Elle y ajoute la technique du frottage : des cordes ou des ficelles glissées sous la toile laissent leur empreinte et dessinent un réseau de lignes discret. Dans ses séries récentes, le pastel se dilue pour un rendu presque aquarellé, tantôt silencieux, tantôt éclatant. On s’arrête pour contempler ces couleurs et formes, en s’octroyant le moment de méditation de la journée !
États d’Âme, Monique Frydman. Galerie Dutko. 17 Quai Voltaire, Paris 7e. Du 1er octobre au 21 novembre 2026. Ouvert du lundi au samedi de 10h30 à 19h et le dimanche de 14h à 18h.
© Simon Jaton
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