Théâtre : zoom sur les 3 spectacles du moment

© Anne Colliard - Simon Gosselin 

Les amateurs de théâtre sont au taquet pour cette nouvelle saison fraîchement démarrée. Histoire d’y voir plus clair parmi les nombreux spectacles qui s’installent sur les scènes parisiennes, la Do It Team en a identifié trois qui vous mettront des étoiles dans les yeux à coup sûr. Entre une pièce philosophique starring les plus grandes actrices françaises, l’adaptation sur les planches de notre film chouchou En Attendant Bojangles, sans oublier Amadeus, l’histoire ahurissante qui a causé la perte de Mozart dans une mise en scène grandiose : pépites en vue ! Reste à réserver fissa les meilleures places avant le sold out…

 

Amadeus

Pour qui ? Les fans du film culte éponyme, lauréat de 8 Oscars.

Le spectacle : ambitieuse, cette nouvelle adaptation s’appuie sur le texte brillantissime de Peter Shaffer, qui aura donné lieu au chef-d’œuvre de Miloš Forman. Nous sommes à Vienne, en 1823. Antonio Salieri, musicien de renom devenu le compositeur officiel de l’Empereur, se dévoile face au public. Fatigué et rongé par la culpabilité, il avoue avoir usé de son pouvoir et de sa ruse pour saboter la carrière du brillant Wolfgang Amadeus Mozart… jusqu’à causer sa mort. D’abord curieux de rencontrer l’enfant prodige, Salieri l’envisage rapidement comme une menace : mille fois plus talentueux que lui, plus séduisant et plus joyeux aussi, Mozart semble savourer la vie avec force, tandis que ses compositions géniales lui viennent sans effort. Mais comment faire taire discrètement cet adversaire virtuose dont le rire, aussi entêtant que les mélodies, séduit de plus en plus à la Cour ?

Pourquoi vous allez adorer ? Nul besoin de s’y connaître en musique classique, ni même de s’y intéresser, pour savourer cette histoire aussi dramatique que rocambolesque. Contre toute attente, le texte de Shaffer, servi par la mise en scène grandiose d’Olivier Solivérès – lauréat d’un Molière pour Le Cercle des Poètes disparus – raconte ces deux destins tragiques avec beaucoup de fantaisie et des dialogues savoureux. Pour les servir, deux grands comédiens. Dans le rôle-titre : Thomas Solivérès, habitué à camper des personnages historiques après ses compositions dans Edmond et Les aventures du jeune Voltaire. Tout en bouclettes et sautillant, il incarne un jeune Mozart mé(ga)lomane et engagé, avant de sombrer tout à fait dans le pitoyable à la fin de sa vie. Jérôme Kircher incarne quant à lui l’autoproclamé “saint patron des médiocres”, que les apartés rendent bien sûr abominable et bizarrement attachant, déroulant des monologues ahurissants qui vous scotchent au fauteuil. Tour à tour, ces deux-là vous tireront forcément quelques larmes, entourés d’une troupe de douze autres artistes dont la chanteuse lyrique Flore Philis qui interprète d’incroyables partitions, sur La flûte enchantée notamment. 

Amadeus au Théâtre Marigny, Carré Marigny, Paris 8e. Jusqu’au 5 avril, du mardi au jeudi à 20h, vendredi et samedi à 21h, samedi à 15h (option), dimanche à 15h. 

© David Delplace

 

La fin du courage

Pour qui ? Les amateurs de philo funky.

Le spectacle : vous n’aurez jamais autant entendu ce mot. La Fin du Courage met en scène cinq duos d’exception qui se relaient pour donner vie aux deux personnages principaux : l’animatrice d’une émission TV et une auteure, deux femmes en apparence opposées mais qui finissent par se rapprocher au fil des discussions. Pour les incarner, des actrices prestigieuses telles que Laure Calamy (Dix pour cent), Isabelle Adjani, Emmanuelle Béart, Sophie Guillemin (L'Ennui, Harry, un ami qui vous veut du bien), Isabelle Carré, Lubna Azabal et Rosa Bursztein. À travers quatre actes et autant de situations, chaque femme du duo se retrouve, discute et se jauge pour confronter leurs idées. La pièce, présentée sous forme de lecture, brouille les frontières entre méditation morale et théâtre afin d’interroger la place du courage dans nos sociétés. 

Pourquoi vous allez adorer ? La Fin du Courage est un spectacle qui pousse à la réflexion sans jamais s’ennuyer. À la croisée des genres – entre théâtre, philosophie et questions morales – la pièce n’a rien d’un cours de philo barbant. Ici, la mise en scène est vivante, stimulante, profonde et pleine d'humour. Gros coup de cœur pour cette fin en apothéose et en haut d’une montagne, pleine d’autodérision. Le petit plus ? Voir ces actrices de talent jouer devant nos yeux reste un moment hors du commun dont on ressort émerveillé, avec une envie de revenir pour re-découvrir la pièce porté par son prochain duo.

La Fin du Courage au Théâtre de l'Atelier, 1 place Charles Dullin, Paris 18e. Jusqu’au 8 mars. 5 duos répartis sur plusieurs dates. Du 17 au 25 janvier : Isabelle Adjani & Laure Calamy, du 28 janvier au 8 février : Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin, Isabelle Carré & Sophie Guillemin, Lubna Azabal & Sophie Guillemin, Lubna Azabal & Rosa Bursztein. 

© Simon Gosselin 

 

En attendant Bojangles

Pour qui ? Les éternelles fleurs bleues qui raffolent de fins tragiques.

Le spectacle : après une adaptation au cinéma portée par un duo d’exception – Romain Duris & Virginie Efira, rien que ça ! – le roman de Olivier Bourdeaut En Attendant Bojangles débarque enfin sur les planches. Sur scène, on retrouve la famille fantasque et leur quotidien de fête perpétuelle, rythmé par les notes de la chanson de Nina Simone, Mr Bojangles. Uni par un amour à la fois magique et vertigineux, les deux parents élèvent leur enfant comme ils le souhaitent : imbibé de plaisir, de fantaisie et de folie. La mère mène le bal avec son caractère extravagant et imprévisible, jusqu’au jour où la folie prend le dessus et l'inéluctable se rapproche à grand pas. Père et fils vont alors tout faire pour que la danse continue… à n’importe quel prix.

Pourquoi vous allez adorer ? L’adaptation au théâtre s’avère aussi déconcertante et poétique que le livre ou le film… et ce n’était pas chose aisée. Au-delà d’un spectacle, c’est une véritable ôde à l’amour fou, celui qui fait rire autant qu’il fait pleurer. Quel plaisir de retrouver cette famille un peu spéciale et leur oiseau Mademoiselle Superfétatoire dans ce quotidien rocambolesque ! Sur scène, Charlie Dupont et Tania Garbarski jouent à la perfection ce couple uni par une folie contagieuse. Gros coup de cœur pour la scène de la rencontre entre les parents, que l’on avait tant adorée dans le film de Régis Roinsard et dont l’adaptation sur les planches est tout aussi décadente. À la fois drôle et émouvante, la pièce est à l’instar du film et du livre : un de ces moments que l’on n’oublie pas. On rit tout en retenant ses larmes et on repart avec Nina Simone dans les écouteurs pour faire durer encore un peu le plaisir.

En attendant Bojangles au Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy, Paris 9e. Jusqu’au 7 mars, du jeudi au samedi à 19h, dates supplémentaires les dimanches 22 février, le 1er et le 8 mars à 18h. 

© Anne Colliard

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