Sex Education saison 2 : (ré)jouissif

Un an après la saison 1 de Sex Education, la série choc et pop de Netflix qui avait fait exploser notre vision étriquée du sexe, Gillian Anderson et Asa Butterfield reviennent avec un cours magistral, pour notre plus grand plaisir.

Previously dans la saison 1

Vous avez loupé la saison 1 ? Déjà, elle est toujours dispo sur Netflix. Mais si vous êtes allergique au #old au point de vouloir passer direct au frais, on assure l’update.

Otis Milburn est un ado en pleine découverte de sa sexualité naissante. Sa mère, Jean (Gillian Anderson, aka Dana Scully dans X-Files), est sexologue. Ça tombe bien ? Pas vraiment, parce que débriefer ses bouffées d’hormones avec sa maman ne l’enchante guère. Au lycée, il rencontre Maeve, une fille badass qui le pousse à lancer des consultations clandestines de thérapie sexuelle pour ses camarades assoiffés d’infos sur “la chose”. Otis, qui passe d’ado étrange à professionnel reconnu (tout en étant toujours puceau), est évidemment attiré par Maeve, mais tourne autour du pot, et finit par se mettre en couple avec Ola. Maeve, elle, est renvoyée du lycée à cause de son frère. Fin de la saison 1.

Saison 2 : Ce qu’on peut en dire sans trop en dire

Nous avons pu voir ces 8 nouveaux épisodes tant attendus, mais sous embargo. Alors, pour ne rien spoiler, nous n’entrerons pas dans les détails mais sachez que cette saison est aussi jouissive, si ce n’est plus, que le cru 2019. On s’est attaché aux personnages, et l’on nourrit alors un plaisir supplémentaire à suivre leurs affres sentimentales et familiales.

Gillian Anderson, révélation volcanique de 2019 en Jean Milburn, crève à nouveau l’écran en mère décomplexée qui prouve que la sexualité n’a pas d’âge. Maeve (Emma Mackey, l’actrice franco-britannique aux faux airs de Margot Robbie qu’on devrait voir beaucoup dans les années à venir) installe un personnage féminin ultra inspirant pour les filles Millennials accros à la série. Quant aux thèmes sociétaux abordés, entre décomplexion totale et puritanisme soft, ils sont toujours plus larges. Revenge porn, M.S.T., masturbation et surtout plaisir féminin, aucun tabou n’est contourné mais toujours traité avec délicatesse et humour malgré un décor de teen-movie qui laisserait craindre le pire. Bref, on n’hésite pas à plonger (aussi) dans cette saison-là.

Le portrait d’une génération

La gen X (les natifs des 70’s-80’s) n’avait ni infos, ni porno, ni Google pour poser les questions qui la hantaient (“La langue, dans quel sens ? C’est quoi au juste une bite ?”). Effrayés par les ados biberonnés au sexe all access, on aurait pu craindre que les lycéens de 2020 pètent carrément les plombs côté cul. Et pourtant, la série montre que, malgré la masse d’infos dont ils disposent, “les jeunes” du 21e siècle sont finalement aussi couillons que leurs darons (et c’est mignon). Si ce n’est que les filles et leur plaisir sont enfin pris en compte, ce qui est une bonne nouvelle (“C’est quoi au juste un clitoris ?”).

Un show feel good

Si la série est britannique (et l’accent de Gillian Anderson renversant de sexyness), le décor a des allures de high-school des années 80. Chemises bariolées à la Sauvés par le gong, casiers ricains, campus résolument US, les créateurs de la série ont délibérément mixé les univers et installé une esthétique régressive et feel good qui nous fait nous sentir bien, et nous rendre compte que les Walsh et Donna Martin, avec leurs petits problèmes de wasp hétéronormés, sont loin. Maeve, plus marginale que ses camarades, qui vit seule dans une caravane et fait tourner les têtes au lycée, ne serait-elle d’ailleurs pas un remake 2020 de Dylan McKay ? Les codes ont changé, et c’est cool.

Sex Education saison 2, sur Netflix à partir du 17 janvier.

 

Découvrez aussi Selfie, la comédie anti blue Monday et Une île, la meilleure série de l’année revisite le mythe de la sirène

Adèle Bréau

Autres suggestions

La semaine de Do It

Nos dernières nouveautés

Les + lus