Giverny : virée bucolique dans le village des impressionnistes

Paysage impressionniste de Giverny, maison de Monet et plat gastronomique inspiré de la nature

 © Maison et Jardins Claude Monet Giverny - droits réservés / C. David / Aurelio Rodriguez

Il y a des noms de villages qui renvoient à tout un imaginaire. Giverny n'est pas une exception. Indissociable de Claude Monet, ce petit paradis bucolique doit évidemment sa notoriété au peintre impressionniste, qui en a fait sa terre d’inspiration. À l’occasion du centenaire de sa disparition, le village s’anime pour faire vivre à ses visiteurs une escapade artistique dans le monde coloré de Monet, offrant une plongée dans ses peintures à la découverte d'un village typique de Normandie et de son terroir à seulement une heure de train de Paris. Le lieu idéal pour fuir la ville le temps d’une journée… et pourquoi pas quelques nuits ?

 

L’expo à visiter 

Claude Monet à Giverny avec ses jardins et une peinture impressionniste inspirée de la nature

Pour la première fois, ce sont les premières années de Monet à Giverny qui sont mises à l’honneur avec l’expo du moment : Avant les nymphéas, Monet découvre Giverny. Entre amour du village et mal du pays, on suit le parcours du peintre et les premières versions des grandes séries qu’on lui attribue aujourd’hui : les Peupliers, les Meules de foin ou les célèbres Nymphéas évidemment. 

Mais ce qui fait véritablement la magie de cette expo, c’est la possibilité de voir tous ces paysages sur toile prendre vie lorsque l’on sort du musée : les champs qui bordent la route, la collégiale de Vernon ou encore les ripisylves de l’Epte (la végétation caractéristique présente le long des cours d’eau, ndlr). On ne passe surtout pas à côté de son Autoportrait coiffé d’un béret daté de 1886, l’un des rares qu’il ait peint parmi les quelque 2 000 tableaux recensés aujourd’hui.

Avant les nymphéas. Monet découvre Giverny au Musée des Impressionnismes, 99 Rue Claude Monet, Giverny, du 27 mars au 5 juillet. Tous les jours de 10h à 18h, réservation en ligne. 

© Tous droits réservés - Roy fox Fine Art Photography / François Guillemin / Grand Palais Rmn (musée d’Orsay)

 

Le bistrot chic à squatter au déjeuner

Restaurant à Giverny avec terrasse ensoleillée et plats de cuisine française dont poisson et spécialités

Mais l’art, ça creuse ! Après (ou avant) la visite du Musée des Impressionnismes, on découvre Oscar, la table du chef David Gallienne qui trône au sein-même du musée. Celui qui a remporté Top Chef en 2020 s’y inspire de la cuisine de sa grand-mère, proposant une carte abordable qui rend hommage au terroir normand. Premier point fort ? Sa divine terrasse installée sous une pergola où l’on s’offre une pause champêtre et gourmande digne d’un tableau impressionniste. 

Pour un déjeuner printannier, on opte pour le Menu du Marché (entrée, plat, dessert à 25 €) avec son délicieux velouté de petit pois accompagné d’une huile de crustacés à tomber par terre, puis on enchaîne avec une copieuse quenelle de brochet gratinée à la bisque de langoustines sur une fondue de poireaux complètement folle. Pour le dessert, reste à craquer pour la crème renversée nappée de caramel et décorée d’une généreuse cuillère de crème fouettée 100 % normande, tout droit venue d’Isigny (vous avez dit #Foodporn ?). 

Restaurant Oscar, 1 rue du Milieu, Giverny. Tous les jours  de 7h à 14h puis de 18h à 23h. 

 © Aurelio Rodriguez

 

La maison et les jardins de Monet

Maison et jardins de Claude Monet à Giverny avec cuisine bleue et pont japonais sur les nymphéas

Le passage obligé de Giverny reste évidemment la maison rose aux volets verts et les jardins de Claude Monet, surnommée “Le Pressoir”, où l’artiste s’est installé avec sa famille en 1883 pour pouvoir peindre en plein air. On retrouve sa patte d’artiste dans la cuisine bleue, la salle à manger jaune et les pièces remplies d’estampes japonaises, ainsi que dans sa propre chambre offrant une vue imprenable sur les jardins depuis les fenêtres et mettant en scène les peintures de ses grands amis.

Direction ensuite le fameux Bassin aux Nymphéas, que Monet a créé tel un véritable artiste-paysagiste. Aujourd’hui, les 12 jardiniers continuent de prendre soin de ce havre de paix tel qu’il était au temps de l'artiste. On s’y délecte du parfum des tulipes, narcisses et pivoines qui recouvrent le sol par milliers, organisées en parterres de couleurs comme une palette du peintre, avant de se rafraîchir auprès des bassins où l’on pourra cet été admirer les nymphéas depuis le mythique pont japonais. Les jardins de Monet, qui recouvrent plus de deux hectares, étaient aussi son chef-d’œuvre, le travail d’une vie entière à contempler le temps d’une après-midi. 

Maison et jardins Claude Monet, 84 rue Claude Monet. Ouvert du 1er avril au 1er novembre de 10h à 18h. Réservation en ligne conseillée.

 © Maison et Jardins Claude Monet Giverny - droits réservés

 

La table gastronomique

Restaurant Le Jardin des Plumes à Giverny avec salle élégante, extérieur et plat gastronomique

Pour une soirée tout en volupté, on s’octroie un dîner au Jardin des Plumes, la table étoilée de David Gallienne, qui s’impose définitivement comme le maître culinaire de Giverny. Dans une salle aux lumières tamisées avec vue sur la chorégraphie des cuisiniers, le chef nous propose un menu qui résonne avec l’histoire du village et de Claude Monet. Les plats sont tous élaborés à partir de mets frais et locaux, des produits marins jusqu’au verre de vin issu des vignes d’un jeune producteur local, Camille Ravinet. À table, on opte pour le menu Le jardin de l’artiste : une dégustation en cinq “tableaux” illustrant son crédo : “Sincère, Terroir, Voyage”. 

On commence le repas avec une bouchée de boudin noir accompagné de champignons, puis le marathon gastronomique débute avec l’assiette terre-mer : sardine à l’oseille et aux poireaux façon terrine, suivi du plat signature aussi savoureux et gourmand que celui qui l’a imaginé : l’aiglefin fumé sur son gateau de pomme de terre amandines, accompagné d’une sauce onctueuse à base de beurre et de cresson (un vrai banger). Tradition oblige, on s’offre une petite pause revigorante avec le trou Normand revisité du chef : un granité pomme avec, au choix, une infusion sans alcool ou une (bonne) cuillère de Calvados. On poursuit avec notre gros coup de cœur : la blanquette de veau revisitée, nichée sous une polenta au comté et des asperges croquantes, le tout arrosé d’une sauce au vin jaune à se damner. 

Pour la touche sucrée, les 9 agrumes dans leur coque meringuée s’avèrent particulièrement rafraîchissants. Il vous reste de la place ? La poire Belle-Hélène, montée comme un nénuphar – subtile référence artistique – aux notes de cardamome clôture le tout : un dessert aux arômes de nostalgie, véritable madeleine de Proust du chef. En bref, un menu mémorable, chorégraphié au millimètre, qui nous fait découvrir toutes les saveurs inattendues du terroir normand, dont chaque assiette s’imprègne de l’histoire de Giverny.

Jardin des Plumes, 1 rue du Milieu, Giverny. Du mercredi au dimanche de 12h15 à 13h30 et de 19h30 à 21h30.

© Aurelio Rodriguez

 

La chambre d’hôte où poser ses valises 

Maison d’hôtes Ô Plum’art, à Giverny avec intérieur cosy, façade normande et petit déjeuner gourmand

Pour terminer cette escapade en beauté, direction Ô Plum’art, la maison d’hôtes de David Gallienne – encore lui ! –  à un quart d’heure de sa table étoilée. Ses six chambres douillettes invitent à se lover dans un cocon de douceur, à la fois élégant et chaleureux. Ancienne maison de laitier datée de 1906, elle se réinvente aujourd’hui en écrin ultra-désirable, presque entièrement immaculé en référence au passé du lieu. 

Doté d’un sublime jardin, c’est le lieu idéal pour poser ses valises, ralentir, respirer… et dormir comme un loir ! Le lendemain matin, on s’offre un (pas si) petit déjeuner garni de produits locaux et faits maison : croissants beurrés, café du chef et un œuf à la coque pour la dose de protéines. On revient quand ?

Ô Plum’art, 12 rue Claude Monet, Giverny. 02 32 54 26 35. Chambre à partir de 170 €.

 © Yvan Moreau / Aurelio Rodriguez

 

Comment y aller ?

Comme au temps des impressionnistes, on attrape un train à la gare Saint-Lazare. En 1h, on se retrouve à la gare de Vernon-Giverny où l’on peut prendre un taxi (15 - 20 €) ou un bus (environ toutes les 2h. 5 € aller simple). Attention aux heures de pointe pour rejoindre le centre de Giverny ! Les marcheurs apprécieront la magnifique balade d’une heure pour rejoindre la maison de Monet depuis la gare.

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