On enfile son jean ou son pantalon chaque matin, on chausse les mêmes sneakers que son mec et on s’habille parfois au rayon homme avec tout le naturel du monde. Pourtant, ces gestes portent en eux une histoire de lutte féministe et queer. Jusqu'au 14 février 2027, le Palais Galliera présente son exposition Un vestiaire à soi : Féminités dissidentes au XIXe siècle, référence au chef-d'œuvre de littérature Une chambre à soi de Virginia Woolf, racontant l’importance pour les femmes de disposer d’un espace rien qu’à elles, hors des considérations d’épouse ou de mère – un ouvrage révolutionnaire ! Ainsi, cette exposition fascinante présente le vestiaire comme vecteur d’émancipation et met en lumière l’appropriation, par les femmes, des codes vestimentaires masculins.
La fin du monde

Aujourd’hui comme hier, lorsque l’on brouille les normes de genre, la société s’affole : ne plus pouvoir différencier la femme de l’homme par le vêtement, c’est la fin du monde ! Si la remise en cause de la construction du genre a déjà lieu au XIXe siècle, les remparts patriarcaux se lèvent tout aussi farouchement qu’aujourd’hui. Avec près de 500 œuvres, l’exposition présente de nombreuses pièces de mode et des accessoires emblématiques : costumes d’amazone, pantalons, costumes tailleurs, cravates, nœuds, hauts-de-forme… Toutes ces pièces renouvellent notre regard sur l’évolution de la mode féminine. Loin des jolies robes de grands couturiers que l’on a l’habitude d’observer dans les musées, on découvre au Palais Galliera un pan méconnu de l’histoire de la mode, des femmes en costume masculin aux modes du Paris artistique et lesbien de 1900 en passant par le tailleur et les bottines des femmes actives.
Femmes fascinantes

Rosa Bonheur, Sarah Bernhardt, Natalie Clifford Barney, George Sand ou encore Marie-Antoinette : les transgressions des normes de genre par le vêtement sont conduites par des personnages fascinants, mis en avant dans l’expo. La garde-robe de Rosa Bonheur notamment, dévoilée dans son intégralité et jamais exposée jusqu’ici, présente des pièces absolument incroyables vieilles de deux siècles, témoignant de l’esprit rebelle de la grande peintre animalière. Dans sa peinture comme dans sa vie, pas question de rester sagement à sa place !
Au fil de 150 photographies inédites, rassemblées pour l’occasion, une foule de femmes anonymes défile sous nos yeux, décidant toutes de bousculer les codes du genre. Très poétiques, ces clichés invitent à s’identifier et à s’approprier cet héritage. Un parcours chronologique riche qui nous raconte une quête de liberté, toujours d’actualité : à voir !
Un vestiaire à soi : Féminités dissidentes au XIXe siècle. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, avec une nocturne jusqu’à 21h le vendredi. Billets en ligne.
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