5 bons romans en format poche à dévorer cet été

La team Do It a concocté une sélection de ses vrais coups de cœur en format poche à glisser dans sa valise sans hésitation. Notre reco : une seconde enquête livrée par le génie Chris Whitaker, le dernier roman de Paul Auster, une sombre peinture sociale par une auteure à suivre de très près, l’homme aux mots de Rachid Benzine… Suivez le guide !

 

Un hymne aux mots et leur pouvoir

Le bon roman : L’homme qui lisait des livres de Rachid Benzine

Le pitch. Un journaliste français se balade dans les rues de Gaza. Ce qu’il aime photographier, c’est ce qu’on ne voit pas à la télévision, ces morceaux de vie qui résistent, malgré les bombardements, afin de saisir une vérité plus profonde. Malgré les ruines, il connaît la ville par cœur. Et pourtant, c’est avec surprise qu’il découvre ce libraire solitaire, au hasard d’une rue. Assis sur les marches de sa boutique, entouré de piles de livres, il lit en sirotant du thé. Le reporter dégaine son appareil photo. “N’y a-t-il pas derrière tout regard, une histoire ? Celle d’une vie. Celle de tout un peuple parfois”, l’interpelle Nabil Al Jaber. 

Ainsi commence l’échange entre les deux hommes. Nous nous retrouvons au début des années 60. Cet homme, qui a choisi les livres comme refuge, se raconte : son enfance dans les camps de réfugiés, l’exil des siens, les attaques israéliennes, la misère, la peur, le deuil. Puis au cœur de cette souffrance son histoire d’amour, avec les livres d’abord, puis avec Hiam avec qui il monta sur les planches pour jouer Shakespeare, au milieu des ruines, de milliers de vies. À travers son histoire, Nabil Al Jaber nous montre la voie du pardon et de la bienveillance. 

Pourquoi vous allez adorer. Après Le silence des pères ou encore Voyage au bout de l’enfance, Rachid Benzine dévoile, une fois de plus, un texte bouleversant d’une force rare. D’une écriture sobre, il livre une fable contemporaine sur le pouvoir des mots et ces hommes-livres, ultimes résistants au naufrage du monde. Sans jugement, il nous ramène à l’essentiel : la littérature et les livres comme refuges de beauté. Un récit plein d’espoir qui laisse son empreinte longtemps après l’avoir refermé. 

 

Une enquête au cœur des Ozarks 

Le bon roman : Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker 

Le pitch. À Monta Clare, petite communauté tranquille des Ozarks, les enfants se baladent sans surveillance : chacun connaît son voisin, et la peur n’a aucune prise sur le quotidien. Jusqu’à ce jour de 1975… Le jeune Patch McCauley, 13 ans, borgne de naissance, disparaît, laissant pour seule preuve son T-shirt maculé de sang. Son amie de toujours, Saint, est bien décidée à le retrouver. Elle harcèle le shérif, mène sa propre enquête, réunit des preuves. Les mois passent, Saint s’obstine. 

307 jours plus tard, le jeune homme réapparaît à l’orée de la forêt. Que lui est-il arrivé ? Le seul souvenir qu’il lui reste est la voix douce et rassurante de Grace. Il faudra près de trois décennies pour que la lumière soit faite sur toutes les nuances de ces longues nuits passées loin de sa mère. Un bijou d’humanité ! 

Pourquoi vous allez adorer ? Après le génial Duchess, qui avait été encensé par la critique il y a quelques années, Chris Whitaker revient avec un thriller d’une grande richesse émotionnelle. Si l’intrigue semble assez classique, le récit, lui est bien plus vaste et les personnages mémorables, sans jamais tomber dans le cliché. L’auteur prouve une fois de plus son talent pour faire surgir de la tendresse au cœur même de la rudesse. Un thriller unique qui laisse sans voix. 

 

La noirceur de la campagne bretonne

Le bon roman : Les Saules de Mathilde Beaussault 

Le pitch. Années 80, un petit hameau au cœur de la Bretagne. Marguerite est la fille de fermiers qui consacrent leur vie à leurs terres. Enfant sauvage, jamais dorlotée, passant le plus clair de son temps seule, elle est mutique et ne gaspille sa salive qu’en de rares occasions. À tout juste 10 ans, elle est harcelée à l’école. Marie est la fille du pharmacien. Elle est la seule à prendre la défense de Marguerite. Ses parents, riches propriétaires terriens, ont laissé leur fille grandir dans une totale liberté. 

Alors, lorsque Marie est retrouvée morte sur les bords du fleuve, c’est tout le hameau qui s’affole. Les policiers interrogent, les cancans vont bon train et la seule à avoir aperçu quelque chose cette nuit-là est mutique. Une peinture sociale aussi envoûtante qu’oppressante ! 

Pourquoi vous allez adorer ? C’est dans son enfance, au cœur d’une famille d’agriculteurs, que Mathilde Beaussault puis son inspiration. Avec Les Saules, l’écrivaine nous livre un huis clos à ciel ouvert en territoire breton, roman noir rural faisant la part belle aux personnages. Le talent de l’écrivaine réside dans ce qu’elle peint de ce microcosme villageois : ses rancœurs, ses histoires familiales, ses secrets. Le rythme est lent, juste assez pour camper une atmosphère rude, tout en poésie. Une auteure à suivre de près.

 

L’amour d’après le génie de Paul Auster

Le bon bouquin : Baumgartner  de Paul Auster

Le pitch. Seymour Baumgartner a perdu goût à la vie après l’accident qui a coûté la vie à sa tendre épouse Anna Blume, neuf ans plus tôt. Le vieil homme a 70 ans lorsqu’il se décide à dérouler le fil de leur histoire, celle de leur rencontre, alors étudiants à New York, puis de leurs 40 années de passion amoureuse. Du meilleur comme du moins bon, des instants de tristesse comme des souvenirs de joie, pourquoi le cerveau ne se souvient que de certains moments ? 

Lorsque le grand Paul Auster se penche sur l’amour, en découle inévitablement une grande et belle histoire. Le lecteur est invité à suivre les digressions du narrateur, un véritable voyage intérieur, l’exploration qu’il fait de sa propre mémoire, l’un des thèmes de prédilection de l’écrivain américain. Le récit oscille à la frontière de l’autobiographie, mais l’auteur brouille les pistes et nous offre ainsi l’un des récits les plus poignants de sa carrière.

Pourquoi vous allez adorer ? 4321, Brooklyn Follies, Moon Palace... Paul Auster est réputé pour avoir capté comme personne l’énergie de New York. Il a également l’art et la manière d’explorer la mémoire, d’aborder ces souvenirs universels et pourtant inhérents à chaque être humain. Comme dans Tombouctou ou encore dans Seul dans le noir, il livre une étude sensible, profonde et ultra-fouillée sur l'attachement, les souvenirs, les méandres du deuil de l'être aimé et le syndrome des membres fantômes.

 

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