MakeMyBeauty : les gourous beauté que les marques s’arrachent

Aussi douées pour manier les pinceaux que pour décrypter les tendances du marché, Alexandra Bonelli et Nelly Chatagnon ont lancé le blog MakeMyBeauty en 2010. Une plateforme communautaire à travers laquelle, les deux make-up artists distillent leur approche très terre à terre et infiniment bienveillante de la beauté. Rencontre avec ces maquilleuses-entrepreneuses qui proposent des séances de coaching personnalisé, collaborent avec des marques prestigieuses et lancent leur e-shop à la rentrée.

A quel moment avez-vous décidé que la beauté deviendrait votre métier ?

Nelly : petite, je voulais être trapéziste, mais j’avais déjà un certain goût pour les produits de beauté. C’est venu à l’adolescence : j’ai commencé par un BTS de cosméto, une formation destinée aux personnes qui fabriquent les crèmes en labo, ça m’aide encore beaucoup aujourd’hui. J’ai poursuivi par une école de maquillage. Et j’ai eu la chance de rencontrer le make up artist Fred Farrugia avec qui j’ai collaboré en parallèle de mes études.

 

Alexandra : vers 14/15 ans, je savais déjà que je voulais devenir maquilleuse. J’ai arrêté le lycée en terminale pour suivre une formation dans une école d’esthétique, je n’ai jamais regretté de ne pas avoir passé mon Bac. A 18 ans, j’ai intégré une école de maquillage à Paris. Après avoir travaillé quelques mois pour Lancôme, j’ai rencontré Linda Cantello, une grande maquilleuse que j’ai suivie dans le monde entier pendant deux ans.

Les rencontres semblent capitales dans ce milieu...

Nelly : être un bon maquilleur, avoir du talent, c’est bien, mais ça ne suffit pas. C’est un métier de rencontres, il faut saisir les opportunités qui se présentent, être capable d’aller vers les autres, savoir se vendre. Ce ne sont pas forcément les meilleurs techniciens qui réussissent le mieux.

En parlant de rencontres, comment s’est passée la vôtre ?

Nelly : à l’époque, on travaillait toutes les deux pour Nars, on s’est rencontré lors d’un événement de la marque. On s’appréciait, il nous arrivait de nous voir en dehors du boulot, mais on ne pensait pas encore à s’associer.

Alexandra : l’idée est venue d’une copine ! Elle savait que je pensais à lancer un blog, mais je ne voulais pas le faire seule. De son côté, Nelly rêvait de monter un site, mais ne savait pas comment s’y prendre. C’est là que notre amie nous a suggéré de lancer MakeMyBeauty ensemble.

Quel était l’objectif de MakeMyBeauty ?

Alexandra : Le blog était un super format pour faire parler de nous, communiquer sur notre métier et donner envie aux femmes de nous rencontrer. A l’époque, on proposait déjà des cours de maquillage à domicile, on aimait beaucoup cette relation directe avec Madame Tout-le-Monde, mais pour ça, on avait besoin de se faire connaître. MakeMyBeauty a été lancé en 2010 avec la volonté de partager notre vision de la beauté.

 

La beauty sphère a explosé ces dernières années, quelles relations entretenez-vous avec les blogueuses et YouTubeuses beauté.

 

Nelly : Globalement, on ne traîne pas avec la blogosphère. Mises à part certaines filles comme Alina alias Kleo Beauté, Mon blog de fille, Mathilde Lacombe, Lili Barbery, Nikki DeRoest, ou les soeurs de Pixiwoo que l’on suit et que l’on apprécie, la plupart des YouTubeuses ont une vision de la beauté trop éloignée de la nôtre. Je les égratigne souvent dans mes articles, mais c’est un phénomène que l’on ne peut pas ignorer.

Et, là où elles m’intéressent vraiment, c’est sur le plan sociologique : pourquoi se maquillent-elles autant ? Comment ont-elles standardisé le maquillage ?

Alexandra : c’est vrai que la tendance est au grimage extrême, la rentrée va être over pailletée ! Mais si l’on regarde bien, par le passé, il y a eu d’autres standards, dans les années 60 c’était l’eye liner, dans les années 70 le sourcil épilé…

 

MakeMyBeauty est devenue une entreprise, comment les choses ont-elles évolué ?

Nelly : Aujourd’hui, on a toujours le blog que l’on alimente deux fois par semaine et les ateliers destinés aux particuliers, mais on fait surtout du B to B. On ne l’avait pas anticipé, mais petit à petit, les marques nous ont sollicitées en tant que beauty gourous (sans prétention!) pour répondre à leurs problématiques. Exemples ? Les Aéroports de Paris, à qui l’on a proposé une expérience shopping avec des animations make up, Yves Rocher, dont on est porte-parole lors de lancements de produits.

Alexandra : notre proximité avec les consommatrices nous permet d’apporter des réponses concrètes. Un rouge à lèvres bleu ? Chez nous, aucune fille n’en porterait.

La demande des marques est telle que l’on prépare l’ouverture de notre école de formation pour 2019.

Y a t-il des erreurs que vous auriez préféré éviter dans votre parcours d'entrepreneuses ?

Nelly : notre plus grosse connerie ? Avoir pris un bureau de presse, qui n’a pas fait son travail. C’était un gros budget pour nous, on s’est bien fait avoir.

Alexandra : heureusement, mon mari nous accompagne sur le plan commercial. Il négocie les contrats pour nous, ça nous aide beaucoup.

Alexandra, vous vivez près de Fontainebleau et vous travaillez à Paris. Pourquoi se compliquer la vie ?

Alexandra : je dis souvent que l’on choisit ses contraintes ! Je passe du temps dans les transports, mais je vis dans une maison de 150 m2 avec jardin, et mes enfants font du poney et du kayak le week-end. Pour que ça fonctionne, il faut être organisé. Le lundi, je travaille de la maison et le mercredi, je reste avec les enfants.

Nelly : moi j’ai choisi un autre mode de vie. Je vis dans le quartier, mon appartement est plus petit. Mon fils ne fait pas de poney, mais il va au musée !

Un conseil de maman entrepreneuse ?

Alexandra : j’ai appris à dire non, parce que si on dit oui à tout le monde, on n’a plus de vie. Et le mercredi quand je suis avec mes enfants, je ne réponds ni aux mails ni au téléphone. Dans la grande majorité des cas, ça peut attendre le lendemain.

Nelly : je ne suis pas encore déconnectée à ce point, mais j’essaie. Et on n’est pas psycho rigide non plus, si une super opportunité tombe un mercredi, on met nos enfants chez la nounou.

L’astuce beauté qui a changé votre vie

Alexandra : je n’utilise plus que des produits green et bio dans ma routine de soin. Ma peau a changé, elle est moins sensible qu’avant, je pense que c’est lié. Sur l’e-shop que l’on lance à la rentrée, il n’y a que des marques clean : Max and me, un label autrichien qui cultive les plantes en chantant des mantras, Lodesse, une gamme d’essentiels fabriquée dans les règles de l’art...

 

Nelly : être cool avec soi-même ! Dans notre métier, on maquille des filles sublimes, on a intérêt à être en paix avec son image. Ce n’est pas toujours facile, surtout en vieillissant, il faut faire un vrai travail sur soi, le yoga m’aide beaucoup pour ça. Notre amie et coach Valentina de Pietri vient nous donner des cours à l’atelier.

Plus d’infos sur MakeMyBeauty. www.makemybeauty.com

MakeMyBeauty 119 Rue Vieille du Temple, 75003 Paris 06 80 72 99 99, sur rendez-vous.

Retrouvez aussi l’interview de Mathilde Lacombe et de la gourou végane Rebecca Leffler.

Julie Zwingelstein

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