Cléopâtre était-elle une nympho ?

À quoi ressemblait la sexualité de nos ancêtres et des grands personnages de l’Histoire ? Quelle était la position préférée des hommes préhistoriques ? Cléopâtre était-elle une obsédée ? Dans leur livre hilarant et savamment documenté Raconte-moi l’histoire de la sexualité, Marine Gasc et Pauline Roland assouvissent notre curiosité à coups d’histoires sexuelles croustillantes.

Un tribunal pour les hommes impuissants

Incroyable mais vrai, entre 1550 et 1791, les hommes passaient devant monsieur le juge suite à une plainte déposée par leur femme pour... impuissance ! Les femmes avaient ainsi le pouvoir d’annuler un mariage avec dommages et intérêts si le membre de son mari n’était pas suffisamment vigoureux, expertise médicale à l’appui. En gros, la loi interdisait aux hommes de bander mou car la demi-molle était une offense à la procréation et donc à l'Église. Pour checker les dires de la femme, le couple devait faire l’amour devant un jury de quinze personnes ! De quoi mettre bien à l’aise le pauvre homme.

Un premier porno féministe au XVIIème siècle

Si quelques livres érotiques étaient déjà passés par là, L’école des filles (d’auteur inconnu, forcément) est le premier livre porno directement adressé aux femmes. Autour d’un trio amoureux entre Robinet, Fanchon et Suzanne, le livre interroge la transmission de la sexualité de mère en fille. Si les mères cachent les choses sexuelles à leurs filles, ces dernières souffrent d’une naïveté déconcertante à l’arrivée du grand moment. Les personnages échangent autour du plaisir masculin et féminin : comment faire bander un homme ? Quelles sont les positions les plus efficaces pour atteindre la jouissance ? Comment utiliser un godemiché ou tout simplement ses doigts pour se faire jouir ? Comment manier à merveille le dirty talk pour exciter son partenaire ? Comme tout bon livre féministe qui se respecte, l’auteur explique déjà (au XVIIème siècle!!), à travers la voix de Suzanne, que le monde serait meilleur si les femmes dirigeaient l’Église et la société.

La fessée thérapeutique

Depuis l’Antiquité, les médecins étaient persuadés qu’en plus d’une fonction érotique, la fessée avait des vertus curatives. Ainsi, les schizophrènes, les bipolaires ou tout simplement les fiévreux étaient fouettés pour guérir de leurs maux. Plus tard, au Moyen-Âge, la fessée était considérée comme un parfait remède contre la "mélancolie érotique". C’est à partir du XVIIIème siècle (Sade étant passé par là) que la flagellation érotique devient la pratique du siècle, pour les hommes comme pour les femmes.

La fellation : une pratique éternelle

Selon les recherches historiques, les premières preuves de fellations sont à trouver dans l’Égypte antique. Pour savoir à quoi les hommes devaient s’attendre, les prostituées pratiquant la fellation portaient du rouge à lèvres. Cléopâtre elle-même était une adepte de la pratique : surnommée Meriochane qui signifie "bouche ouverte", la légende dit qu’elle aurait pratiqué des fellations sur des centaines d’hommes de garde... En une nuit !

Si la fellation était une pratique courante et Grèce et en Rome antique, les Romains n’avaient le droit de se faire tailler une pipe que par leur femme, un esclave ou un enfant (oui, la pédophilie était parfaitement normalisée à cette époque). Les hommes "fellateurs" (ceux qui acceptaient de faire des fellations) étaient donc particulièrement méprisés voire humiliés par le reste du peuple. Les adeptes de la pratique n’étaient pas mieux traités au Moyen âge, puisqu’en Irlande, la fellation était sanctionnée de trois à quinze ans de pénitence, soit l’équivalent d’un homicide !

Le clitoris : grand oublié de l’histoire

À écouter les scientifiques, le clitoris ne serait pas si vieux. Pourtant, dès -300, Hippocrate et sa clique prenaient soin de cet organe qu’ils pensaient nécessaire à la procréation. Cette croyance aura la dent dure, et ce n’est qu’au milieu du XVIème siècle qu’il est pour la première fois nommé ! Mais même avec un petit nom, ce petit enchanteur de plaisir n’a pas eu une existence de tout repos : qualifié de malformation de la femme qu’il fallait enlever, les jeunes filles subissent des excisions à gogo (entraînant souvent la mort) jusqu’au début du XIXème siècle en Europe.

Vous connaissez la suite : Freud passant par là qualifiera en 1905 la sexualité clitoridienne d’infantile, la sexualité de "vraie femme" passant nécessairement par la pénétration (d’un homme, forcément). Une fois l’utilité du clitoris mise au clair par les scientifiques du XXème siècle (c’est-à-dire le plaisir pour seule fonction), il est bien entendu rangé au placard et même... retiré du dictionnaire ! Seules les femmes prétendument "hystériques" pouvaient bénéficier d’orgasmes médicalement assistés pour calmer leurs ardeurs...

Les hommes préhistoriques étaient déjà très hot

Masturbation, voyeurisme, homosexualité et levrettes à gogo... L’homme n’a pas attendu les romans érotiques ou les films porno pour comprendre comment marchait le plaisir. La femme non plus d’ailleurs, en témoignent les nombreux phallus de pierre et de bois aux allures de godemiché, ou cette statuette de Vénus d’Hagar Qim (3600-2500 av JC) avec une main coquine entre les jambes.

Les drôles d’erreurs d’interprétation du Moyen-Âge

À cette période où la femme n’est perçue que comme un simple détail de l’humanité, le sperme est considéré comme l’extrait le plus pur du sang, comme "la vie à l’état liquide" : il suffirait qu’un homme éjacule dans un vase à bonne température pour engendrer un enfant. Pas besoin de préciser que le clitoris n’apparaît dans aucun écrit de l’époque, les hommes étant persuadés que le plaisir de la femme se trouvait au niveau du... col de l’utérus ! La religion étant passée par là, le sexe à trop haute dose était perçu comme un terrible danger capable d’assécher le corps, de réduire le cerveau, de détruire les yeux ou même de rendre stupide.

Livre de Marine Gasc et Pauline Roland

Raconte-moi l’histoire de la sexualité de Marine Gasc et Pauline Roland

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Héloïse Rocca

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