3 bonnes raisons de procrastiner

Sous l’eau, débordée, sans cesse en mouvement, en surchauffe pour être toujours plus efficace, dans les temps, bonne élève, en avance… vous n’êtes pas épuisée par cette productivité industrielle que vous vous imposez ? Et si vous testiez la procrastination ? Longtemps décrié, cet art de vivre des ajourneurs assumés pourrait bien être la solution à l’hystérie ambiante. Pas si nocive et bien plus complexe, voire vertueuse qu’on ne veut bien le croire, la procrastination est étudiée à la loupe dans l’excellente web-série écrite par Guillaume Podrovnik pour Arte. Après ce voyage en sept épisodes en procrasti-nation, on vous a rapporté 3 super bonnes raisons de vous y mettre avec zéro culpabilité.

C’est meilleur pour la santé

Dans une société où l’on réclame toujours plus à chacun, où une to-do list n’est jamais achevée, mais sans cesse regavée de nouvelles tâches, faisant grimper notre niveau de stress toujours plus haut, il faudra bien trouver une solution à cet emballement convulsif général. Aujourd’hui, 2/3 de la population active emploie des psychotropes pour supporter la pression d’entreprises toujours plus exigeantes qui laissent leurs salariés exsangues le soir venu. Résultat, la tendance commence à s’inverser, et de plus en plus de boîtes décident au contraire de taper sur ceux qui travaillent trop en interdisant l’envoi de mails en dehors des heures ouvrées ou en dénonçant la culture du présentéisme. Contre le burn out, ce mal du siècle, on met la pédale douce, on se recentre sur l’essentiel et, surtout, on prend conscience qu’on ne peut pas tout faire, puisque “tout”, c’est toujours plus. C’est vrai, ça, pourquoi ne pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire… le lendemain ? À méditer...

Ça rend plus créatif

Souvenez-vous, à l’école, il y avait la fayote du premier rang qui avait toujours sa trousse pleine et ses devoirs bien propres. Mais il y avait aussi l’outsider un peu brouillon, ce mec du radiateur qui rendait parfois un devoir brillantissime que la prof lisait devant toute la classe, émue devant tant d’inventivité et de fulgurances. Qui préférez-vous être ? C’est bien connu, les gens curieux passent par des chemins de traverse. En prenant le temps d’écouter un peu de musique, d’aller respirer l’odeur des marrons qui crament sous les loupiotes de Noël ou de vous engouffrer dans une salle de cinéma, il est fort probable que les idées naîtront et finiront par s’organiser bien mieux qu’en fonçant le nez dans l’ordi, en surchauffe, dans votre open space impersonnel. À ajouter à votre to-do list : faire des pas de côté.

Ça démontre votre sang-froid

Le procrastineur n’est pas un glandeur assumé. Non, c’est un individu courageux qui ose flirter avec le danger, lui, madame. Pressurisé par son éditeur, son boss, la banque ou son conjoint, il fait face au monstre panique qui crie tout au fond de lui (“Faut s’y meeeeettre !”) et à ce monde extérieur hostile qui veut le faire rentrer dans des cases bien trop étroites pour lui. Résultat, en toute situation, on peut paradoxalement compter sur lui. Un imprévu ? Un accroc dans les rouages bien huilés du service ? Qui est-ce qui va pouvoir régler illico le problème, grâce à sa connaissance empirique de ces situations de crise ? La fayote du premier rang, peut-être ? Eh non, c’est lui.

Allez, prenez quelques minutes de votre temps précieux et partez en excursion dans les 7 épisodes lol et passionnants de cette série “conçue pour les branleuses et les branleurs, par un branleur”.

On verra demain : excursion en Procrasti-Nation, une websérie documentaire de Guillaume Podrovnik. Coproduction : ARTE France, Imagissime (France, 2019, 7 x 9′)

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Adèle Bréau

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