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6 seuls en scène à réserver au plus vite

Spectacles Humoristes

Dans la myriade d’étoiles qui ont mangé du clown, il est parfois difficile de faire son choix. Six d’entre elles nous ont fait hurler de rire. Notre short list des meilleurs spectacles d’humour à booker avant le sold out !

 

Laura Felpin

Son show : Ça passe

Son CV : Fille de l’Est, Laura Felpin grandit du côté de Kingersheim, en Alsace. Enfant, complexée par son strabisme, elle s’impose comme la petite rigolote de service. Et en même temps, chez les Felpin, être drôle c’est une affaire de famille : sa mère et son beau-père sont clowns ! “J’ai appris très tôt à travailler mon intuition et ma curiosité en observant tout ce petit monde.” C’est décidé, quand elle sera grande, elle jouera la comédie comme Florence Foresti, son modèle ! Après deux années à étudier à la faculté des arts du spectacle de Strasbourg, elle monte à la capitale pour y suivre une formation de comédienne à l’atelier international Blanche Salant et Paul Weaver. En 2019, grâce à ses pastilles Instagram, elle est recrutée par Yann Barthès. Le début d’une irrésistible ascension…

Sur scène : En 2022, Laura Felpin fait enfin son baptême des planches avec un premier spectacle qui joue à guichets fermés à Paris entre février et avril. L’ex-chroniqueuse de Quotidien, révélée sur Instagram grâce à ses vidéos humoristiques, nous séduit dans son premier (presque) seule en scène… Accompagnée de temps à autre par son coauteur Cédric Salaün, cette observatrice hors pair jongle entre les âges, les sexes, les accents, les tempéraments pour déployer toute une galerie d’hommes et de femmes inspirés de sa vie et de notre quotidien. On y retrouve entre autres Vanessa Poteau, la vendeuse de cosmétique ou Laetitia Goulard, l’influenceuse en devenir. Entre deux sketches, elle se livre aussi sur ses propres bizarreries et sort même son journal intime Diddl ! Un talent qui n’a pas échappé à Jonathan Cohen qui lui a confié le rôle d’Annick la circassienne baba-cool dans La Flamme.

Jusqu’au 17 décembre au Théâtre des Mathurins, 8e.

© Sasha Marro

 

Baptiste Lecaplain

Son show : Voir les gens.

Son CV : Cet enfant des années 1980 passe sa jeunesse dans la Manche du côté de Mortain. Ça ne vous dit rien ? Normal, il ne s’y passe pas grand chose… Loin d’être un enfant de la balle, sa mère est coiffeuse, son père agent d’entretien et l’ambiance n’était pas fofolle à la maison. Aimant jouer les animateurs de colo, sa vie prend un nouveau tournant quand il rencontre Aslem Smida dans un club de vacances à Marrakech. Celui qui deviendra son metteur en scène l’incite à monter sur scène. En 2008, il se lance dans le stand-up avec Baptiste se tape l’affiche. Kyan Khojandi le repère et lui propose d’être son coloc super flippant dans Bref. Depuis, le cinéma lui a fait les yeux doux tandis que ses spectacles cartonnent.

Sur scène : C'est la voix de sa fille aînée qui l’introduit sur scène, et non plus une musique endiablée comme ce fut le cas par le passé. Les temps changent… mais ce n’est pas pour autant que le beau gosse normand s’est assagi. Il a même toujours le diable au corps, la blague affûtée et un don pour les imitations d’animaux…. et de Fanny Ardant (à se gondoler de rire) ! Avec un sens de l’absurde et une énergie à toute épreuve, il égrène ses tracas de père, d’amant, de compagnon, ses tics de “vieux” ou sa phobie des guêpes. On assiste à une véritable performance qui place d’emblée le comédien dans une catégorie à part dans l’univers des spectacles d’humour. Ses dates parisiennes s’achèvent très, très bientôt. Mais il sera tout en haut de l’affiche du 11 au 15 avril 2023 à l’Olympia. Réservez vite vos places !

Jusqu’au 26 novembre au Théâtre de la Renaissance, 10e. Puis du 11 au 15 avril 2023 à l’Olympia.

© Lenaig Chatel

 

Tania Dutel

Son show : Les Autres

Son CV : Tania éclot il y a trente-deux ans à Villefranche-sur-Saône dans une famille nombreuse pas forcément très portée sur les blagues et auprès d’une mère qui pratique la fantaisie lexicale (chez elle le tiramisu se prononce tsunami…). Elle commence le stand-up à 19 ans et écume toutes les scènes ouvertes. Cette snipeuse qui n’épargne personne, même pas elle, tape dans l'œil de Vérino ou de Mathieu Madenian dont elle assure les premières parties. Puis, viennent les premiers succès en solo, au Point-Virgule, à la Nouvelle Seine et à l’Européen. Elle est même choisie par Netflix, avec Shirley Souagnon, Donel Jack’sman et Jason Brokers, pour représenter le stand-up français dans la sélection d'humoristes du monde.

Sur scène : Quoi ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle à ma gueule ? Pourquoi s'épile-t-on, passe-t-on sous le bistouri, faisons-nous des régimes ? Pourquoi se plie-t-on aux règles du jeu des relations sociales et des bienséances ? Tania Dutel ne lésine pas quand il s’agit de tordre le cou à tous ces diktats dévastateurs et évoque sans vernis la taille de ses mollets ou celles des pénis qu’elle a pu croiser. Bref, “l’enfer, c’est les autres.” Cette phrase de Jean-Paul Sartre doit avoir une saveur toute particulière pour elle. En effet, l’humoriste au regard noir, a eu du mal à s’en défaire et d’ailleurs s’en est-elle détachée totalement ? En tout cas, Tania se met à nu dans son nouveau stand-up et nous plonge avec ironie dans tous ces jugements intempestifs qui nous pourrissent littéralement la vie. Chirurgie esthétique, boulimie, orientation sexuelle, pertes blanches, parentalité, éducation… Dans le sillage de Blanche Gardin, avec son franc-parler, elle lève le voile sur son intimité pour mieux en rire et c’est diablement efficace.

Jusqu'au 23 décembre à la Nouvelle Eve, 9e.

© Patrick Fouque

 

Morgane Cadignan

Son CV : Nouvelle venue dans la galaxie des stand-uppeuses, Morgane Cadignan squatte l’antenne de France Inter depuis 2020 où elle tient une chronique rageusement drôle dans l’émission de Nagui. La brunette survoltée a vécu une autre vie avant de finalement s'épanouir dans l'humour. Ancienne pubeuse, elle troque l’open space pour la scène où elle se fait rapidement remarquer et remporte en 2019, le prix d'écriture SACD lors du Festival d'Humour de Paris.

Sur scène : Trentenaire en guerre contre la dictature du bien-être, l’injonction au bonheur, à la joie de vivre, les pressions sociales de toutes sortes, Morgane Cadignan livre une analyse pointue et malicieuse sur des sujets pourtant déjà éculés. Elle chope son audience entre deux uppercuts et/ou observations grâce à son écriture ultra-travaillée et une aisance scénique qui lui donne d’emblée un fort capital de sympathie, même si elle balance des piques urticantes. Sans filtre - c’est le genre de nana à qui il ne faut pas demander “ça va ?” sous peine d’être changé en pierre - elle navigue entre le stand up et le one-woman show. C’est d’ailleurs lorsqu’elle se met à incarner des personnages qu’elle révèle l'étendue de son potentiel. Très prometteur !

Les mer. jusqu’au 28 décembre à l’Européen, 17e.

© Stéphane Kerrad

et aussi

 

Alex Vizorek

Son show : Ad Vitam

Entre deux chroniques sur France Inter, le plus Parisien des humoristes belges joue au théâtre Edouard VII son second seul en scène, nommé aux Molières 2022. Après nous avoir étonné, instruit et amusé avec l’art, son nouveau thème de prédilection est… la mort. Il fallait oser, mais sans défi, la vie serait bien morne. Verdict ? C’est une nouvelle pépite, sans surprise, oserait-on dire ! On retrouve ce qui fait le sel du style Vizorek, mêler des sujets sérieux et absurdes, avec une mauvaise foi réjouissante et une certaine candeur. L’humoriste qui rend moins con, ou plus intelligent, débute son spectacle avec les mots de Sacha Guitry, Siné, Cynthia Fleury ou Stendhal qui ne craignent pas d’évoquer la Grande Faucheuse avec une bonne dose d’insolence. Suivront des références à Baudelaire, Heidegger ou Epicure et l’on se prend à imaginer qu’on aurait adoré l’avoir en prof de philo ! La mort lui va si bien qu’on a jamais autant ri de ce funeste sujet.

Jusqu’au 31 décembre les ven., sam. et dim. au Théâtre Edouard VII, 9e.

© Laura Gilli

 

Fabrice Eboué

Son show : Adieu hier

Sous ses airs bourrus, Fabrice Eboué cache une grande sensibilité et émeut autant qu’il fait rire dans son nouveau seul en scène percutant. S’il est nostalgique de l’époque sans Covid et se sent dépassé par les codes des nouvelles générations, il est loin d’être devenu un réactionnaire grincheux ! Avec son sens de la répartie et son écriture ciselée, il embarque son public sur les chemins de sa propre réflexion évoquant la culture de l’effacement, le féminisme, les droits LGBT, Black Lives Matters ou Emmanuel Macron avec qui il partage quelques points communs… Son insolence décontractée fait mouche, alors on profite de ses dernières parisiennes pour aller l’applaudir aux Folies Bergère.

Du 29 décembre au 7 janvier aux Folies Bergères, 9e.


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