Cap sur le musée Marmottan Monet pour s’immiscer dans l’univers à couper le souffle de Je veux voir mes montagnes, la rétrospective événement consacrée à Giovanni Segantini. Surnommé “le Gauguin des Alpes”, ce maître du divisionnisme et de la couleur est ici mis à l’honneur à travers 60 chefs-d’œuvre d'une pureté cristalline. Des autoportraits bruts aux portraits maternels fusionnant avec la nature sauvage, cette exposition retrace le destin romanesque d’un artiste autodidacte qui a représenté les plus beaux sommets des Alpes jusqu'à son dernier souffle en 1899. Visite.
Une ascension artistique

© Retour de la forêt - Rododendro - Pâturages Alpins
Pensée comme un dialogue avec le travail de Claude Monet, l’exposition Je veux voir mes montagnes fait honneur à la carrière du peintre italien Giovanni Segantini. Des autoportraits bruts aux figures maternelles vibrantes, elle est pensée comme une ascension dans l'œuvre de l’artiste autodidacte, jusqu’au sommet des Alpes et de sa carrière. Le parcours prend ainsi des airs de véritable procession physique : plus on avance parmi les 60 chefs-d’œuvre (dont des autoportraits bruts et des pastels d’une finesse folle), plus on prend de la hauteur. On y admire des œuvres comme Retour de la forêt ou Pâturages Alpins, qui illustrent ce passage de l'ombre à la lumière, où la figure humaine semble faire corps avec une nature sauvage et majestueuse.
C’est à 2 837 mètres d’altitude, sur le mont Schafberg, que Segantini s’éteint, le pinceau à la main, alors qu'il préparait son grand triptyque pour l'Exposition Universelle de Paris. Un destin tragique et romanesque pour celui dont les derniers mots furent un cri du cœur : “Je veux voir mes montagnes” (“Voglio vedere le mie montagne” en V.O.).
Le maître du divisionnisme

© Vacca brune à l’auge / Le fruit de l’amour / Les deux mères
Segantini ne peignait pas, il tissait la lumière. Véritable alchimiste de la couleur, l’artiste révolutionne le genre avec la technique du divisionnisme, en choisissant toujours avec grand soin les pigments les plus luxueux. C’est le cas par exemple de l’ocre d’or que l’on voit briller sur la chevelure de la femme représentée dans Le fruit de l’amour. Ici, pas de mélanges sur la palette, mais des milliers de touches de couleurs pures juxtaposées qui vibrent et jouent ensemble. Le résultat ? Une netteté cristalline et une atmosphère presque mystique qui sublime ses sujets fétiches, comme ses nombreuses représentations de la maternité, où femmes et animaux partagent une tendresse universelle au pied de montagnes ensoleillées. Segantini capture l'âme des Alpes avec une précision chirurgicale et une poésie qui rendrait presque jaloux Claude Monet.
Je veux voir mes montagnes, du 29 avril au 16 août. Musée Marmottan Monet ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h.
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