© Fabrice Gaboriau pour le Palais Galliera - Martin Parr / Magnum Photos – Finnish National Gallery / Aleks Talve
Premier acte pour les grosses expos de l’année 2026 ! Et il faut l’avouer, cet hiver, nos musées préférés proposent, une fois de plus, de sublimes expositions que l’on meurt d’impatience de découvrir. Le plus difficile reste de choisir entre les sublimes clichés du rêve américain signé Dana Lixenberg, les somptueux tissus brodés exposés au Palais Galliera, les paysages enneigés de Finlande de Pekka Halonen, les photos iconiques du regretté Martin Parr ou encore les assemblages girl power de Mickalene Thomas. Et si on visitait les 5 ?
La plus enneigée

L’artiste Pekka Halonen, aka le poète de la neige, est mis à l’honneur par Le Petit Palais jusqu’au 22 février. Pour la toute première rétrospective française dédiée au peintre finlandais, plus de 130 œuvres sont réunies et invitent les visiteurs à un véritable voyage au cœur des paysages de la Finlande sauvage.
Véritable passionné par le cycle des saisons, l’as du pinceau restitue à la perfection la poésie des paysages de son pays, des couleurs chaudes de l’automne au froid polaire de l’hiver en passant par les bords du lac en été. Mais ce que le peintre maîtrise le plus reste de représenter la blancheur lumineuse des mois hivernaux. Nourri du japonisme au néo-impressionnisme, il s’impose comme le roi des paysages enneigés : aucun autre n’a su en représenter les innombrables nuances comme lui. On s’extasie devant chaque détail de la toile, dont les reflets et chatoiements de la glace donnent à chaque peinture une pureté incroyable. Le petit plus ? La visite est pensée comme une véritable expérience sensorielle : des bornes olfactives pour ressentir les bienfaits de la forêt finlandaise, une dernière salle entièrement en “blanc majeur” et même une visite contée pour les enfants.
Pekka Halonen - Un hymne à la Finlande, Petit Palais, Avenue Winston Churchill, Paris 8e. Jusqu’au 22 février, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h et jusqu’à 20h le vendredi et le samedi.
© Sonja Hyytiäinen - Petit Palais / Paris Musées / Pierre Antoine © Finnish National Gallery / Jenni Nurminen
La plus mode

Savez-vous ce qu’est un plumassier ou un parurier floral ? Avis aux adeptes de mode ! Depuis décembre, le Palais Galliera inaugure une série d’expositions 100 % consacrées aux savoir-faire des métiers de la mode. Tisser, Broder et Sublimer est la première d’entre elles à être présentée, dédiant les salles aux techniques de l’ornementation – tissage, impression, broderie, dentelle, fleurs artificielles – qui parent les vêtements depuis des siècles.
Afin de mettre en lumière ces différentes techniques, un motif incontournable de l’art textile sert de fil rouge à l’exposition : la fleur. Entre vêtements aux gros volumes et incroyables jeux de matières, accessoires, photographies ou encore outils servant à créer toutes ces pièces, plus de 350 œuvres occupent le musée pour une visite ultra-complète. Ici, la mode se déploie à 360°. Les créations haute couture dialoguent avec des pièces de jeunes créateurs… et même avec certaines réalisées spécialement pour l’exposition, redonnant sa place aux métiers méconnus du secteur. On s’extasie devant une sublime robe de mariée brodée Givenchy autant que devant un échantillon de textile observés à la loupe, pour repartir des fleurs et perles plein les yeux.
Tisser, broder, sublimer. Les savoir-faire de la mode au Palais Galliera, 10 avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e. Jusqu’au 18 octobre, ouvert du mardi à dimanche de 10h à 18h et jusqu’à 21h le vendredi.
© Paris Musées / Palais Galliera, musée de la Mode de Paris - Nicolas Borel
La plus engagée

Martin Parr, photographe incontournable de sa génération, est mis à l’honneur dès le 30 janvier au Jeu de Paume, à l’occasion d’une exposition sur la crise environnementale. Global Warning offre des images loin des clichés habituels et à travers l'œil iconique de l’artiste qui vient tout juste de nous quitter. Chaud devant !
Sur les murs du musée surplombant les Tuileries, une série d’images dont seul le regretté photographe britannique a le secret : colorées, ironiques, décalées. Cette exposition regroupe environ 180 œuvres réalisées depuis la fin des 70’s jusqu’à aujourd’hui afin de dépeindre le désordre de notre époque. Le résultat ? Un portrait saisissant de nos modes de vies complètement déséquilibrés. Des îles britanniques aux eaux turquoises d’Italie en passant par Tokyo, la caméra de Parr parvient à saisir avec ironie mais tendresse ces moments surprenants de tourisme de masse, d’indices du réchauffement de la planète et même de voitures polluantes à gogo. Ce qu’on aime par-dessus tout, c’est retrouver sa patte British que l’on adore : un humour incisif, une légère moquerie toujours douce-amère qui interroge avec sa caméra ce que nos yeux peinent à voir. Nos coups de cœur ? Le cliché de ces bâteaux entassés devant la grotte bleue de Capri qui détourne l’esthétique de la carte postale touristique avec humour, mais aussi l’iconique mamie de Bénidorm bronzant au soleil munie de ses lunettes à UV bleues.
Martin Parr - Global Warning au Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 8e. Du 30 janvier au 24 mai, ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h et jusqu’à 21h le mardi. Plein tarif : 14 €, tarif réduit : 9,50 € et gratuit pour les moins de 18 ans.
© Martin Parr / Magnum Photos
La plus brillante

Après le Broad à Los Angeles, la Fondation Barnes à Philadelphie ou encore la Hayward Gallery à Londres, c’est au tour du mythique Grand Palais d’accueillir les œuvres de l’artiste américaine Mickalene Thomas dans la capitale. À travers la peinture, le collage, la photographie ou même des vidéos, All About Love – inspirée du texte de Bell Hooks, All About Love : New Visions – invite à explorer la représentation des femmes noires dans l’art, l’histoire et la culture populaire.
Sur les murs, des tableaux incrustés de strass font rayonner les femmes – parmi lesquelles des amies, amants, membres de la famille et icônes culturelles de l’artiste – tout en sensualité, en grâce et en puissance. Plus que de simples œuvres, chaque composition se teinte de politique invitant chacune à reprendre la place qui leur est due dans une société qui les a trop souvent exclues. Comme une trame sonore, la mélodie de la chanson Angelitos Negro et la voix jazzy d’Eartha Kitt résonne à travers les pièces et supplie les artistes de peindre des anges noirs dans leur tableaux religieux. On déambule donc en se dandinant et en gigotant de la tête, et c’est bien là tout le propos de cette rétrospective : célébrer le pouvoir de l’amour. Notre coup de cœur ? La salle remplie de fauteuils colorés, livres et lampes dans laquelle on se prélasse en regardant les quatres écrans diffusant la fameuse chanson qui guide la visite.
Mickalene Thomas, All About Love, Grand Palais, 17 avenue du Général Eisenhower, Paris 8e. Jusqu’au 5 avril, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 19h30, Nocturne le vendredi jusqu’à 22h. Fermeture exceptionnelle le 25 décembre et fermeture à 18h le 24 et le 31 décembre. Tarif plein à 15 €, tarif réduit à 12 € et gratuit pour les -18 ans.
© 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris - © Joshua Woods 2025
La plus American Dream

Le rêve américain s’installe bientôt à Paris ! L’exposition American Images, exposée à la Maison Européenne de la Photographie dès février, met en lumière le travail de la photographe Dana Lixenberg à travers de nombreux clichés pris sur plus d’une trentaine d’années.
Le résultat ? Un portrait pluriel de l’Amérique avec des célébrités telles que le rappeur américain Tupac, l’écrivaine et femme d’affaire Helen Gurley Brown ou encore Ivana Trump mais aussi des sujets moins connus abordés avec la même tendresse et considération que les stars du pays. L’artiste, originaire des Pays-Bas, observe les États-Unis avec une certaine distance donnant naissance à des clichés délicat et justes. Souvent très colorés et pop, les portraits de l’artiste capturent avec justesse les visages de ses sujets dans des univers tous très différents : sur un bateau en pleine mer pour l’ex-femme de POTUS, dans un restaurant typique, au beau milieu d’un salon au tapis léopard ou encore en pleine rue. Une visite comme un voyage de l’autre côté de l’Atlantique pour démystifier ce fameux American Dream…
Dana Lixenberg – American Images à la MEP, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e. Du 11 février au 24 mai, ouvert le mercredi et vendredi de 10h à 20h, le week-end à partir de 11h et le jeudi de 11h à 22h. Plein tarif : 14 €, tarif réduit : 9 €.
© DanaLixenberg
Et toujours...
La plus reposante

Le marchand de sable passera au splendide Musée Marmottan Monet cet automne, qui consacrera une expo dédiée au sommeil dans l’art ! Si cet état a nourri la création depuis l’Antiquité, ici, la sélection présente plutôt un focus sur sur le “long dix-neuvième siècle”, des Lumières à la Grande Guerre. À admirer : plus de 130 œuvres dépeignant le sommeil sous toutes ses formes : rêve, cauchemar, sommeil artificiel, sommeil dans la Bible ou sommeil à travers les yeux de l’amour… Au total, pas moins de huit sections thématiques traverseront à la fois l’esthétique autant que l’aspect savant des visages du sommeil et de ses troubles. Bon à savoir : une partie de la curation est dûe à Laura Bossi, neurologue et commissaire scientifique de cette fascinante rétrospective sur le somme. Parmi les artistes à retrouver dans cette sélection pointue : Ingres, Delacroix, Félix Vallotton ou encore Francisco Goya !
L'Empire du sommeil, du 9 octobre 2025 au 1er mars 2026 au Musée Marmottan Monet. 2 Rue Louis Boilly, Paris 16e.
© Musée de Grenoble - J.L Lacroix © Christian Baraja SLB © Gabinetto Fotografico delle Gallerie degli Uffizi
La plus Art déco

Il y a cent ans, l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 propulsait l’Art déco sur le devant de la scène mondiale. Aujourd’hui, et pour fêter ce centenaire, le Musée des Arts Décoratifs propose dès le 22 octobre un voyage au cœur des années folles et de ses plus belles créations. Entre mobiliers élégants aux courbes géométriques et intemporelles, dessins, affiches et pièces de modes fantasques, plus de 1 000 œuvres racontent ce style qui continue de fasciner à travers les époques. Un parcours et une scénographie vivante avec entre autres une cabine de l’ancien train Étoile du Nord ainsi que trois maquettes du futur Orient Express, réinventé par Maxime d’Angeac, qui vont investir la nef du musée !
1925-2025. Cent ans d’Art déco du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026. Musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Paris 1er.
La plus musicale

La musique fut au temps des avant-gardistes de l’art moderne une source d’inspiration et même un modèle à penser pour beaucoup d’artistes. Mais c’est sûrement chez Kandinsky que l’impact de la musique dans le monde de l’art est le plus équivoque. Il était donc évident que la Philharmonie de Paris et Le Centre Pompidou s’allient pour signer cette exposition haute en couleurs, où l’on ressent profondément la spiritualité dans l’art du pionnier de l’abstraction. Une expo attendue autant par les fans d’art pictural que par les fans de musique, le premier grand événement de la période de métamorphose du Centre Pompidou, et qui offre notamment l’opportunité rare d’admirer les trois dernières Compositions (VIII, IX et X) réunies, toiles majeures de Kandinsky qui, sur le modèle de la musique, achèvent sa quête d’un art spirituel, affranchi de l’imitation du réel.
Kandinsky , la musique des couleurs, du mercredi 15 octobre 2025 au dimanche 1 février 2026 à la Philharmonie de Paris. 221 avenue Jean Jaurès, Paris 19e.
© Städtische Galerie im Lenbachhaus und Kunstbau München, Gabriele Münter Stiftung 1957 © Centre Pompidou, MNAM-CCI_Adam Rzepka_Dist. GrandPalaisRmn Centre Pompidou, MNAM-CCI_Service de la documentation photographique du MNAM_Dist. GrandPalaisRmn
La plus polymorphe

La nouvelle exposition monographique de la Fondation Louis Vuitton débarque cet automne, et pour cette saison, c’est le contemporain Gerhard Richter qui est convié ! Parmi les artistes les plus importants et influents encore vivants, il est honoré en 1997 d’un Lion d’or lors de la Biennale de Venise et réalise en 2007 un grand vitrail pour la cathédrale de Cologne. Pour lui, l’art est un champ d’expérimentation : il en repousse les limites, et échappe à toutes catégorisations, tout en squattant les collections des plus belles galeries et des musées les plus pointus à l’instar du Centre Pompidou ou du Musée d’Art Moderne de Paris. Pour cette rétrospective chronologique et XXL de son parcours, quelque 270 œuvres de 1962 à 2024 sont réunies. S’il est reconnu particulièrement pour ses photos-tableaux, cette expo s’avère l’occasion idéale de découvrir en profondeur la carrière de cet illustre artiste qui vogue entre abstraction et figuratif.
Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton, du 17 octobre jusqu’au 2 mars à La Fondation Louis Vuitton. 8 avenue du Mahatma Gandhi, Paris 16e.
© Gerhard Richter 2025
La plus satirique

Condisciple moins famous mais pas moins talentueux de Jackson Pollock, Philip Guston s’avère la figure majeure la plus désinvolte de l'école de New York. Encensé durant sa période d’avant-garde abstraite américaine, il fait ensuite scandale en revenant à une figuration cartoonesque tout droit inspirée du monde de la bande-dessinée. Humour noir, engagement social, messages politiques : ses toiles s’imposent comme de véritables armes contre les figures d’autorité. Et ce n’est pas pour rien que ses œuvres ont trouvé refuge au Musée Picasso : si ces peintures nous rappellent en partie des dessins satiriques et grotesques de l’artiste espagnol, il signe en 1969 avec l’écrivain Philip Roth Our Gang, un ouvrage satirique qui met en scène le Président Nixon et son entourage. Son inspiration ? Des planches des Songes et mensonges de Franco réalisés par Picasso en 1937. Une expo entre art et politique aux œuvres inédites et burlesques, à découvrir à tout prix.
Philip Guston, L’ironie de l’histoire, du 14 octobre au 1er mars 2026 au rez-de-chaussée et au sous-sol de l’hôtel salé, au Musée Picasso. 5 Rue de Thorigny, Paris 3e.
© The Estate of Philip Guston, photo by Genevieve Hanson, courtesy of Hauser & Wirth © The Estate of Philip Guston, digital image © The Guston Foundation
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