© Lee Miller Archives England / Musée du Louvre / Centre Pompidou
Deuxième acte pour les grosses expos de l’année 2026 ! Et il faut dire que cette saison, nos musées préférés rivalisent une nouvelle fois d’expositions toutes plus attendues les unes que les autres. Dur, dur, de choisir entre les œuvres des plus grands comme Henri Matisse, Le Douanier Rousseau ou encore Rodin et Michel-Ange, une rétrospective sur les photographies de Lee Miller ou sur la vie de Segantini, une expo moderne à la fondation Louis Vuitton… Florilège des rendez-vous à noter absolument dans vos agendas.
La plus impressionniste

Pensée comme un dialogue avec le travail de Claude Monet, l’exposition Je veux voir mes montagnes fait honneur à la carrière du peintre italien Giovanni Segantini, souvent surnommé “Le Gauguin des Alpes”. De lui, vous connaissez sans doute Midi dans les Alpes ou Ave Maria à la traversée, aussi différentes qu’hypnotisantes, inscrites dans le courant du divisionnisme. Des autoportraits bruts aux figures maternelles vibrantes, on parcourt plus de 60 chefs-d'œuvre dans lesquels la couleur se déchaîne. L’exposition est pensée comme une ascension dans l'œuvre de l’auteur, jusqu’au sommet des Alpes et de sa carrière. Artiste jusqu’au bout, c’est sur son lit de mort qu’il prononcera “Voglio vedere le mie montagne” – “Je veux voir mes montagnes”.
Je veux voir mes montagnes, du 29 avril au 16 août au Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis Boilly, Paris 16e. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h.
© Ohara Museum of Art / © Stephan Schenk
La plus colorée

Découpages, formes abstraites et couleurs vibrantes : Henri Matisse prend ses quartiers au Grand Palais avec la participation du Centre Pompidou. L’exposition s’intéresse à la fin de sa vie durant laquelle il se réinvente en explorant une nouvelle manière de créer, compatible avec ses nouveaux problèmes de santé : peindre des aplats de couleur et les découper en formes abstraites. Le procédé du découpage, que l’on pourrait considérer enfantin, relève en réalité d’une maîtrise pointue du ciseau ! On peut s’asseoir devant une projection de l’artiste au travail, donnant vie en quelques secondes à ses œuvres les plus connues. Impossible de faire l’impasse sur la monumentale Tristesse du roi et ses (presque) 3 mètres de haut, ni sur la fabuleuse série des Nus bleus de 1952. Henri Matisse, même 70 ans plus tard, continue de fasciner grands et petits.
Matisse, 1941–1954 du 24 mars au 26 juillet au Grand Palais, 13 Avenue du Général Eisenhower, Paris 8e. Ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 à 20h, avec une nocturne le vendredi jusqu'à 22h30.Fermeture exceptionnelle le 1er mai et le 7 juillet.
© The Hammer Museum / Grand Palais / Courtesy Galerie de l'Institut
La plus poignante

Mannequin, modèle, égérie : Lee Miller a longtemps fait les couvertures des plus grands magazines avant de passer derrière l'objectif. La photographe s’invite au Musée d’Art Moderne de Paris, qui organise sa plus grande rétrospective depuis 20 ans. Miller voyage beaucoup, de Paris au Caire, emportant son appareil partout avec elle. Elle brise les codes et s’initie à l’art surréaliste, en utilisant des techniques comme la “solarisation” ou la surimpression et en jouant avec les angles de cadrage. En 1945, sa carrière prend un tournant majeur : elle est l'une des premières à entrer dans l'horreur de Dachau et Buchenwald. Ses clichés, publiés dans Vogue sous le titre choc "Believe it", giflent le monde entier en révélant l'innommable. Une œuvre-vie fulgurante qui, des pages glacées de la mode aux ruines de l'Histoire, nous force à voir pour enfin comprendre.
Lee Miller, du 10 avril au 02 août 2026 au Musée d’Art moderne de Paris, 11 Av. du Président Wilson, Paris 16e. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
© Lee Miller Archives England 2026
La plus vivante

Oubliez le marbre froid et la pierre inerte : l'exposition “Michel-Ange / Rodin. Corps vivants” au Louvre symbolise un corps-à-corps brûlant qui traverse les âges. Imaginez la rencontre électrique entre la terribilità de la Renaissance et la sensualité fiévreuse du XIXe. On découvre toutes les facettes de cet art unique, l’étude millimétrée de l’anatomie humaine, l’inspiration antique et la volonté de dépasser le réel (la théorie platonicienne du phantastiké, ndlr). Une exposition qui fait résonner l’art des plus grands maîtres sculpteurs à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui, expérience rare qui donne vie aux œuvres figées.
Michel-Ange / Rodin. Corps vivants, du 15 avril au 20 juillet au Louvre, 8 rue Sainte-Anne, Paris 1er. Ouvert de 9h à 18h le lundi, jeudi, samedi et dimanche, et de 9h à 21h le vendredi. Fermé le mardi.
© Musée du Louvre
La plus précieuse

Le meilleur moyen d’être une femme indépendante au XVIIe ? Le veuvage. Femme de lettres particulièrement cultivée, veuve à 25 ans, Madame de Sévigné, née Marie de Rabutin-Chantal, fréquente les cercles littéraires les plus raffinés de la capitale aux côtés de de la marquise de Rambouillet et de Mademoiselle de Scudéry, trois amies que l’on surnommera “Les Précieuses”. Le musée Carnavalet, dans lequel Sévigné a habité pendant 20 ans, met en lumière la relation profonde qui la lie à Paris, et plus particulièrement le Marais, son quartier préféré (et le nôtre, obviously). Portraits XXL signés Claude Lefèbvre et jean Nocret, effectifs personnels et lettres rares de ses correspondances avec sa fille : on est invités à redécouvrir la vie de cette figure féminine de la littérature française, jamais publiée de son vivant.
Madame de Sévigné, lettres parisiennes du 15 avril au 20 août au Musée Carnavalet, 23 Rue de Sévigné, Paris 3e. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
© Musée Carnavalet / Vitré, château des Rochers-Sévigné / Bibliothèque nationale de France
La plus vibrante

L’art naïf, ça vous parle ? On file au Musée de l’Orangerie admirer les splendides toiles de Henri Rousseau, surnommé Le Douanier Rousseau. L’exposition soulève sa légende et étudie en profondeur son parcours artistique, son processus créatif et la matérialité de ses œuvres. Entre ses jungles luxuriantes et ses visions oniriques, l'expo décortique le génie d'un autodidacte qui a cassé tous les codes. Reconnaissables entre mille, on s’arrête devant ses toiles incontournables : La Bohémienne endormie, La Guerre ou encore son autoportrait Moi-Même, de véritables voyages en 2D !
Henri Rousseau, l’ambition de la peinture du 25 mars au 20 juillet au Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Paris 1er. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h.
© National Gallery Prague / Traktorminze / Art Institute of Chicago
La plus légère

Pour fêter le centenaire de l’arrivée du plus Parisien des sculpteurs américains, la Fondation Louis Vuitton sort le grand jeu. Jusqu’au 16 août, on file s'offrir une cure de légèreté avec “Calder. Rêver en équilibre”. Fini la sculpture immobile : ici, on parle de poésie en mouvement, de fils de fer qui dessinent dans le vide et de chefs-d’œuvre qui dansent au moindre courant d'air. On commence par s’émerveiller devant le mythique Cirque Calder avant de se perdre parmi 300 pièces iconiques : mobiles iconiques, stabiles XXL et même des bijoux graphiques qu’on piquerait bien pour booster un look de soirée. C’est aérien, c'est chic, et c'est le spot parfait pour un shoot de culture ultra-inspirant.
Calder. Rêver en équilibre, du 15 avril au 16 août à la Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, Paris 16e. Ouvert du mardi au jeudi de 10h à 20h.
© Ugo Mulas-Calder Foundation / Fondation Louis - Vuitton David Bordes / Fondation Louis Vuitton - Marc Domage
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