OMY : l’histoire d’un coup de foudre professionnel

En 2012, Elvire Laurent et Marie-Cerise Lichtlé ont une idée de génie. Graphistes et illustratrices de formation, les deux amies imaginent des posters géants de villes illustrées à colorier en famille. C’est bête comme chou, mais personne n’y avait pensé avant elles. La success story d’OMY (prononcé Oh My) est lancée. Paris, New York, Tokyo, le cosmos, le monde des pirates ou des zombies… le concept est déclinable à l’infini. Loin de se limiter à l’univers de l’enfant, les créatrices développent d’autres produits comme les bracelets brodés et les perles en papier pour composer ses colliers. D’autres surprises arriveront à la rentrée.

Vos posters à colorier ont propulsé OMY. D’où est venue l’idée ?

Après 5 ans passés dans notre agence de graphisme à concrétiser les projets des autres, on commençait à s’embêter. Devenues jeunes mamans, on avait envie de faire des choses qui nous plaisaient et qui n’existaient pas encore, en l’occurence un espace de liberté et de création dans la maison où chacun pourrait s’exprimer, pas seulement les enfants.

A l’époque, le coloriage se cantonnait à des cahiers de coloriage A4 avec des Batman et des Spiderman ! On a imaginé une espèce de fresque géante à personnaliser à partir de nos graphismes.

omy-bracelet

Ok, mais comment avez-vous percé ?

On a eu la bonne idée au bon moment. Les éditeurs commençaient à dépoussiérer le coloriage avec les premiers cahiers de mandalas pour adultes, mais le graphisme n’était pas dingue. Ce qu’on proposait n’existait pas.

Notre réseau d’amis et de connaissances nous a bien aidé. On a rapidement participé à des événements trendy et tout s’est vraiment accéléré avec Maison & Objet, où l’acheteur de Merci nous a passé commande. Et quand on est vendu chez Merci, on est repéré par les acheteurs du monde entier.

Vous avez lancé votre première agence à la sortie de l’école, sans expérience. A refaire ?

On referait exactement pareil. On a commencé à créer des logos dans la chambre de bonne d’Elvire, sans expérience ni stage en entreprise. Dans le graphisme et l’illustration, c’est très courant de se lancer rapidement en indépendant. Par ailleurs, nos parents ont monté leurs boîtes, ils nous ont transmis le goût de l’entrepreneuriat.

Vous avez quand même dû commettre des erreurs au début...

Bien sûr. Par exemple, lors de notre premier Maison & Objet, on n’avait pas de bons de commande ! On a dû se mettre à Excel, définir une marge, établir des prix de vente. On a énormément appris sur le tas. C’est aussi ce qui nous plait au quotidien. De graphistes, on est devenues gérantes de société, commerciales, logisticiennes… On est passées par toutes les tâches de la boîte, ça nous a permis de savoir exactement en quoi consistent les missions des uns et des autres.

Avez-vous sollicité de l’aide ?

Au début, on se débrouillait seules en se renseignant sur internet, mais rapidement on a eu besoin de se faire aider parce qu’il y a plein de choses qu’on ne savait pas faire comme la compta ou le commercial.

Notre conseil ? Avant d’embaucher du personnel à temps plein qui pèse sur les charges d’une société, mieux vaut faire appel à des consultants bien capés, qui donnent des conseils adaptés et qui pratiquent des prix pour start up.

Qui fait quoi dans votre binôme ?

On est complémentaires, aussi bien sur le caractère, que sur la création. Elvire s’intéresse aux couleurs et au graphisme, je me focalise plus sur l’illustration. Après toutes ces années, on se connaît très bien l’une et l’autre, on a les mêmes goûts, ça facilite beaucoup les choses.

On décide tout à deux, ce qui peut être compliqué pour les gens qui sont en face. En revanche, pour la gestion de la société, on s’est entourées de personnes compétentes, ce n’est pas notre cœur de métier.

Vous êtes amies de longues dates et associées, n’est-ce pas trop envahissant au quotidien ?

Nos vies sont particulièrement synchronisées. Après notre rencontre sur les bancs des Arts Déco, on ne s’est plus jamais quittées. On a rencontré nos maris respectifs au même moment, il étaient copains aussi, on a eu nos enfants à la même période, ils vont dans la même école. On vit à une rue d’écart, on se voit le week-end et on part en vacances ensemble ! On finit toujours par parler boulot, mais ça ne dure jamais très longtemps.

Vous venez de lancer des stickers de peau. Expliquez-nous votre processus créatif

OMY-stickers

On fait les choses dont on a envie et besoin, c’est notre règle de base. Pour les stickers de peau, tout est parti de Mia, la fille d’Elvire, qui s’était recouverte de décalcomanies un week-end. Impossible de lui retirer sans lui irriter la peau. On voulait trouver un autre système, après quelques recherches on est tombées sur des gommettes pour le visage. On a adapté l’idée avec nos graphismes. Et comme on aime que les gens s’approprient nos créations, les stickers sont pensés pour être assemblés.

Le syndrome de la page blanche, vous connaissez ?

Quand on est préoccupées par des chiffres ou des problèmes de gestion de société, ça peut nous arriver. Dans ces cas, on prend un peu de recul.

Pour éviter d’en arriver là, on essaie de s’octroyer du temps en-dehors du bureau. Une balade, ne serait-ce que 20 minutes dans Paris, ça nous permet de nous inspirer, trouver de nouvelles idées.

Justement, comment arrivez-vous à tout concilier ?

Nos bureaux sont à 5 minutes de chez nous et de l’école, le périmètre est ultra serré, c’était un vrai choix. C’est du temps de gagné le matin avec les enfants et le soir au travail. Ça change tout.

Vos enfants doivent être vos premiers fans !

Ils adorent, surtout quand ils peuvent tester les produits avant tout le monde ! On attache beaucoup d'importance à la transmission. Petites, on allait voir nos parents entrepreneurs au travail. On est heureuses que ça se reproduise aujourd’hui. Nos enfants sont contents que leurs mamans travaillent.

OMY, Papier Tigre, Maison Kerzon, Macon & Lesquoy, serait-ce l’émergence d’une french touch du graphisme ?

C’est vrai que la création française s’exporte très bien à l’international, les étrangers nous observent beaucoup. Il y a une belle émulation entre nous. On se voit chaque année à Maison & Objet, on se connaît tous, ça donne même lieu à des collaborations.

Comment l’expliquer ? Il y a un terrain propice à la création de marque en ce moment en France. Paris est super inspirant, il y a beaucoup de restos aux influences variées, l’actualité culturelle est hyper dynamique.

Plus d’infos sur OMY.

omy-boutique

Retrouvez aussi le parcours de Shanty, la créatrice du petit biscuit et celui de Claire Chicoine, fondatrice de Seize Paris.

Julie Zwingelstein

Où le trouver ?

OMY

2 Rue Gabriel Laumain

75010 Paris

omy-maison.com

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