Les bons romans à dévorer au mois d'avril

Le retour d’Adeline Dieudonné et de sa plume cruelle, un joli roman historique sur un pan oublié de la guerre, le nouveau récit d’Anne Guglielmetti, une saga familiale au cœur des 70’s californienne ou encore la dernière enquête des héroïnes de Pulixi : on profite de l’arrivée du printemps pour se trouver une place au soleil et dévorer les quelques dernières nouveautés... Les coups de cœur littéraires du mois d’avril, c’est par ici que ça se passe !

 

Un joli roman historique 

Le bon bouquin : Donut Girl de Lauriane Bordenave

Le pitch. Nous sommes dans le Milwaukee en 1942, alors même que les Etats-Unis entrent en guerre. A tout juste 25 ans, Jane Pearson prend une décision qui bouleversera son existence : elle veut intégrer la Croix Rouge et offrir son aide. Elle quitte sa ville natale, sa famille et ses amies, pour Washington. La mission des engagées volontaires ? Remonter le moral des troupes avant le débarquement. Va mûrir une idée brillante et pourtant simple : offrir aux soldats des donuts et du café. 

Ainsi naissent les “Donut Dollies”. A bord de leur foodtruck, accompagnées de leurs rouleaux à pâtisserie, elles sillonnent les bases militaires pour offrir un bout des Etats-Unis à tous les nostalgiques. De Washington aux plages de Normandie, en passant par New York et un Londres ravagé par les bombardements, Jane ne se doute pas qu’elle est en train de rentrer dans l’histoire. 

Pourquoi vous allez adorer ? Lauriane Bordenave, auteure de Les cœurs pleins, récit intime d’une jeune femme en quête de vérité, livre ici un second roman audacieux. Avec Donut girl, elle brode un récit lumineux qui replace au cœur de l’histoire les “Donut Dollies”, ces femmes trop souvent oubliées, qui ont changé le cours de la Seconde Guerre mondiale. L’écrivaine rend à ces femmes, symboles d’espoir et de réconfort, un hommage amplement mérité. 

 

Une saga familiale dans les 70’s

Le bon bouquin : La famille Samuelson de Michelle Huneven

Le pitch. Nord de la Californie, milieu des années 70 dans la famille Samuelson. Sally n’a que huit ans lorsque son frère Ellis disparaît. Il refait surface quelques mois après son diplôme universitaire à  Bug Hollow, un des derniers havres bucoliques de la contre-culture. Leur destin est bouleversé à l’annonce de la mort tragique de leur fils bien-aimé. Le clan vacille définitivement le jour où Julia,son ex-petite amie, toque à leur porte, enceinte jusqu’aux dents. 

Dès lors, chacun tente de se reconstruire. Phil parcourt le monde pour son travail, mais reste un père compréhensif et décontracté, à l’inverse de sa femme, Sybil, enseignante antipathique, qui manque toujours plus de patience. Katie, la cadette brillante, revient sous le toit familial enterrer la hache de guerre avec sa mère. Et puis Sally est devenue la gardienne d'Eva, cette fille qu’Ellis n’a jamais connu. 

Pourquoi vous allez adorer ? Michelle Huneven, auteure à succès aux Etats-Unis, a le don pour capturer l’imprévu de nos vies. Avec La famille Samuelson, son premier roman traduit en français, elle dépeint le clan Samuelson avec une précision remarquable et la plus profonde empathie. La comédie domestique qui semble s’annoncer n’est rien, l’écrivaine traque avec talent le chagrin dans une famille endeuillée, donnant la parole à chacun. Si vous avez aimé La saga des Cazalet,  qui nous plongeait alors dans l’Angleterre des années 1930, vous prendrez plaisir à suivre les chemins de vie empruntés par les membres de cette famille américaine. 

 

Une plongée dans l’intimité d’un couple

Le bon bouquin : Dans la jungle d'Adeline Dieudonné

Le pitch. Arnaud a tué sa famille, sa femme et ses deux enfants, avant de retourner l’arme contre lui. Si vous souhaitez partir en quête du coupable, vous pouvez passer votre chemin. Par contre, si vous cherchez le mobile, vous êtes au bon endroit. Qu’est-ce qui mène un homme à commettre ce crime atroce ? 

On rembobine… Aurélie est issue d'une famille aisée sans histoire, notaire de métier, mariée à Arnaud, avec qui elle a construit une vie de rêve : deux enfants, une jolie villa, des vacances à la mer et à la montagne. Et puis derrière le rêve, un quotidien bourgeois un poil banal, la progressive installation de comportements malsains, l'emprise et la violence qui trouve ses racines encore plus loin. 

Pourquoi vous allez adorer ? Reste, La vraie vie, Kérosène…. Adeline Dieudonné a d’ores et déjà prouvé son talent pour les intrigues percutantes. Avec Dans la jungle, l’auteure tisse le récit d’un drame annoncé, sa plume crue et hypnotisante nous tient en apnée jusqu’aux tout derniers mots. Bien plus que la simple déchéance d’un couple, l’écrivaine analyse cette bourgeoisie, ce que cache ces jolies façades. Un texte juste, une plongée en enfer habillement menée. 

 

Le grand retour du duo italien Eva et Mara

Le bon bouquin : La mariée silencieuse de Piergiorgio Pulixi

Le pitch. Milan est le théâtre d’une vague de féminicides. Les inégalités sociales et économiques ont transformé la ville en une vaste zone d'insécurité. Lorsque Maria Donata est retrouvée morte, vêtue d’une robe de mariée qui ne lui appartient pas, son père Italo est déterminé à ne pas laisser l’affaire tomber dans l’oubli. Sous la pression du vieux paysan, Vito Strega reprend l’affaire, enlisée depuis de nombreux mois.

Le vice-questeur ne tarde pas à faire le lien avec la vague de violences qui déferle sur Milan. L’équipe plonge alors dans les méandres de la haine et de l’obsession, de Milan à la Sardaigne, fouillant dans le passé de Maria Donata. Mais une femme, tapie dans l’ombre, les observe, risquant de tout faire basculer.

Pourquoi vous allez adorer ? On ne présente plus Piergiorgio Pulixi, auteur majeur de la littérature noire et policière contemporaine. Après Le Chant des innocents, L’île des âmes, L’Illusion du mal, La Septième Lune et Stella, l’auteur italien signe, avec La mariée silencieuse, le grand retour d’Eva et de Mara. Le duo d’enquêtrices, alliées de Vito Strego,  continuent d’explorer l’Italie, de la Sardaigne à Milan, et nous fait voyager avec elles. L’écrivain tisse ici un lien fort avec l’actualité criminelle et dénonce les appels à la violence d’extrémistes anti-féministes, qui pullulent sur les réseaux sociaux. 

 

Le théâtre intime de trois solitudes

Le bon bouquin : Les chemins de Joseph de Anne Guglielmetti

Le pitch.L'espoir est un état d'esprit, et non un état du monde.” Le rideau se lève alors que le petit village normand baigne dans une lueur matinale. Wassim, le médecin du coin, est tiré de son sommeil par le petit Joseph, six ans, venu toquer à sa porte pour le guider jusqu’à la ferme. Sa sœur Constance a perdu beaucoup de sang après un avortement sauvage. Ainsi débute leur histoire commune, un périple qu’ils entament à travers les chemins normands. Trois solitudes, trois âmes en quête de soi et une place qu’ils trouvent dans cette nature : Wassim qui a fui la Turquie et vit le deuil d’une partie de son existence, le solitaire Joseph, enfant des chemins, qui a pour refuge la nature et Constance, qui revient dans sa campagne natale pour se reconstruire. Un récit d’une grande force poétique.

Pourquoi vous allez adorer ? Anne Guglielmetti a l’art et la manière de faire des petits riens des grandes merveilleuses, et ça commence toujours par un lieu. Dans Deux femmes et un jardin, le récit débutait dans un jardin livré aux mauvaises herbes, dans Les pierres vives, c’était au cœur d’une abbaye bénédictine normande, avec Les Chemins de Joseph, tout commence dans un village de l’Orne. Sa très belle écriture, sensible et évocatrice, sert le vaste théâtre d’une vie, dans lequel chacun est confronté à ce qui le dépasse.

 

Un joli roman qui explore la finitude 

Le bon bouquin : Ce qui reste de Bernhard Schlink

Le pitch. Martin a 76 ans lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas. Le diagnostic le laisse sans voix : il ne lui reste que quelques mois à vivre. Père d’un petit garçon qu’il mène chaque jour au jardin d’enfants, et époux d’une femme merveilleuse, il s’interroge sur ce qu’il va laisser derrière lui.

L’heure de choisir son héritage a sonné, de sélectionner avec soin les souvenirs qu’il souhaite préserver avec une question en tête : que reste-t-il de nos vies sinon l’amour qu’on a su donner ? Martin s’attèle alors à un long travail de transmission : il écrit de courtes lettres qu’il destine à son fils du futur, les mots pour transmettre, ou comment rendre l'ordinaire un peu plus précieux. 

Pourquoi vous allez adorer ? Bernhard Schlink avait fait grand bruit lors de la parution de son roman La Petite-Fille, l’histoire de Kaspar, libraire berlinois qui part à la recherche de la fille inconnue de sa femme, la découvrant mariée à un néonazi. Avec Ce qui reste, l’auteur allemand continue d’interroger la mémoire familiale et la transmission, où ce qu’il reste de nos vies lorsque tout s’arrête. D’une apparente simplicité, le récit se révèle d’une justesse rare Un roman plein de délicatesse, tout à la fois triste et lumineux. 

 

Une dystopie fascinante

Le bon bouquin : Le livre de la culpabilité de Catherine Chidgey

Le pitch. Nous sommes en 1979 en Angleterre, dans un monde où personne n’a gagné la Seconde Guerre mondiale. Vincent, Lawrence et William sont les derniers résidents d'une maison isolée de New Forest. Cette dernière fait partie du système Sycamore du gouvernement, sur lequel plane l’ombre des atroces expériences réalisées dans les camps de la mort. 

Les garçons le savent, ils sont différents. Chaque jour, les triplés font leurs tâches, jouent à leurs jeux et prennent leurs médicaments, sous les yeux vigilants de leurs trois mères. Lorsque leur chemin croise celui de Nancy, treize ans, qui mène une vie recluse aux côtés de parents qui l’adorent, leurs perceptions sont bouleversées à jamais. Vont-ils devoir s’unir pour survivre ? 

Pourquoi vous allez adorer ? Alerte au premier roman très chouette ! Avec Le livre de la culpabilité, son premier roman traduit en français, l’auteure néo-zélandaise s’infiltre au cœur d’un sinistre foyer pour enfants. Ces réalités politiques alternatives, qu’elle aborde avec soin, nous plongent dans un suspense psychologique captivant qui nous laisse haletants. D’une écriture simple et sans fioriture, Catherine Chidgey nous livre une fiction dystopique efficace, prenant des airs de fable gothique hypnotisante !

 

Un polar bourré d’humanisme qui fait du bien au moral

Le bon bouquin : L’âge d’or de Leo Giorda.

Le pitch. Après l’écho médiatique de leur première enquête, Woodstock et Chiesa ont sombré… L’instituteur hippie – doté d’un don de déduction digne de Sherlock Holmes – et le flic incorruptible se retrouvent tous deux sans travail et noient leur malheur au fond d’une bouteille. Jusqu’au jour où un drame les mène à Sperlonga, perle de la mer Tyrrhénienne, au cœur de la bourgeoisie italienne. L’héritière d’une dynastie d'entrepreneurs s’est suicidée. Malgré les relations de sa fille avec la mafia, sa mère refuse de croire à cette version. 

Alors même que les inspecteurs en herbe se lancent en quête de la vérité, ils apprennent qu’une vague d’autres suicides plane sur la jeunesse dorée de la côte italienne. Manipulation, cultes initiatiques obscurs et fanatisme : jusqu’où va les mener cette nouvelle enquête ?  

Pourquoi vous allez adorer ? Comme nous l’avait déjà prouvé son premier opus, L’Ange Gardien, Leo Giorda a l’art d’imaginer des intrigues labyrinthiques et fait fi d’un profond respect pour la vulnérabilité humaine, créant des personnages attachants de par leur complexité. L’auteur italien oscille entre la légèreté de la comédie noire, l’intrigue du thriller ésotérique, la géométrie déductive du roman policier classique, et dessine un duo d'enquêteurs inoubliables car humains, trop humains.

 

Une satire de la bourgeoisie new yorkaise

Le bon bouquin : Je ne suis pas là pour ça de Iain Levison

Le pitch. Baratineurs, voleurs, pique-assiette… Prahla a le chic pour se dégoter des petits amis plus nuls les uns que les autres. Riche héritière, elle semble bien décidée à aller à l’encontre des souhaits de son cher père. Dans un restaurant new-yorkais huppé, elle retrouve sa meilleure amie Ella afin de lui présenter Lucien, le dernier garçon en date. Dans un coin de la salle, un tueur en planque observe : il attend de pouvoir voler l’A.D.N. dudit petit ami. 

Alors que le repas s'achève, un vieil homme se lève pour offrir à Ella un dessin, un portrait d’elle. Serait-ce un authentique Montrose, se questionne Lucien, ce mystérieux artiste qui s’est évaporé dans la nature ? S’il lui dérobait et le vendait, il pourrait se faire un paquet de fric et partir se la couler douce en Floride. C’est alors que les ennuis commencent… 

Pourquoi vous allez adorer ? Le don de Iain Levison ? Partir d’un événement tout à fait ordinaire et dérouler un fil toujours plus surprenant, pour imaginer les conséquences incongrues des décisions de ses personnages. Le peu de pages n’entache en rien la qualité du récit : d’une écriture précise, l’auteur sonde avec malice ses personnages, sort son répertoire d’humour noir et enchaîne tout un tas de situations inconfortables. Un scénario diabolique, jubilatoire, qui ne manque jamais de finesse !

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