Malika Mindful Hair, auteure du livre Good Hair Day, nous livre les secrets d’une chevelure transformée. Cette “haircare expert” traite des problématiques capillaires en tous genres dans son cabinet rue du Temple et y répond avec des “soins capillaires holistiques”, dans une approche globale et intégrative. Ses spécialités ? Bilans au microscope, massages capillaires thérapeutiques et philosophie psycho-capillaire. On a demandé ses conseils à cette véritable gourou du cheveu pour afficher une chevelure de rêve toute l’année.
Comment sauver ses cheveux après l’été ?
La rentrée capillaire, on la prépare idéalement dès l’été avec huile anti-UV, chapeau et rinçage à l’eau douce ! À la rentrée, pour prévenir la chute capillaire, je recommande de prendre des compléments capillaires dès fin août. Deuxièmement, on reconstruit le film hydrolipidique avec du gras et des acides aminés via des masques et soins post-shampoing, autrement dit les produits décrits comme “fortifiants”, contenant de la céramide et des protéines. C’est également le moment d’appliquer un sérum apaisant ou de faire des bains d’huile régénérateurs en pré-shampoo. À ne pas négliger enfin : un bon brossage quotidien et un auto-massage du cuir chevelu (entre 1 et 6 minutes) pour stimuler la pousse et éviter la chute. À faire plutôt en pré-shampooing pour les cuirs chevelus à tendance grasse !
Des astuces pour éviter les cheveux gras ?
On évite de masser le cuir chevelu pendant le shampoing, sinon on salit un cheveux déjà gras ! Le principe, c’est l’émulsion : il y a des tensio-actifs sulfatés qui font que ça mousse. Il suffit de mousser avec la paume de la main, et ensuite on applique ! À éviter au maximum : le shampoing sec qui asphyxie les follicules. Cependant, s’il est très naturel, c’est toujours mieux que de “trop” laver des cheveux à tendance grasse.
Un conseil anti-chute ?
Avant de me coucher, je brosse et je fais du Dermastamp – du microneedling très pratique à faire soi-même – et j’applique mon anti-chute en faisant décoller le cuir chevelu de ses assises : il faut que le front bouge. Ensuite, je nourris longueurs et pointes avec un sérum et j'attache mes cheveux en ananas ! C’est vraiment ma routine du soir.
Trois indispensables dont vous ne vous séparez jamais ?
Je pense qu’il faut toujours avoir avec soi un soin coiffant, un sérum ou un lait pour protéger les cheveux avant de sortir. Sinon, je les sens à vif, ils vont tout capter : la pollution, la poussière… surtout quand on vit à Paris ! En revanche, il faut bien le doser et le choisir en fonction de son type de cheveux, en checkant la porosité par exemple.
Ensuite, un thermoprotecteur, même si je me sèche les cheveux à chaleur douce. Le troisième, c’est la brosse : impossible de s’en passer, j'ai besoin de les “nettoyer” tous les jours avant de me coucher. Je les prends toujours en poils de sanglier (pour lustrer la fibre) et picots en nylon (pour démêler la chevelure).
X choses à savoir sur le cuir chevelu ?
On en parle partout, mais à juste titre : le cuir chevelu est un écosystème qu’on avait oublié, pourtant c’est vraiment là que tout se passe ! Il est constitué d’un microbiome, de bactéries, d’un PH acide… On a oublié que le cheveu pousse dans une racine, dans une matrice pilaire invisible logée dans le derme. Il pousse dans une coupe reliée à des vaisseaux sanguins, il est donc nourri par le sang, et dans le sang tout est enregistré : la lymphe, les hormones, les nutriments, les médicaments, nos réserves en fer...
La santé de cet écosystème permet une plus ou moins bonne vitalité capillaire. Il peut exprimer, avant le corps, un déséquilibre. C’est un réservoir d’informations énorme ! Le follicule veut un équilibre hormonal, des nutriments (oméga 3, minéraux…) et s’avère très énergivore. Dès qu’il sent des variations, il précipite le cheveu en phase de chute en espérant que le prochain ait de meilleures conditions de vie. Mon conseil, c’est d’observer son cuir chevelu, ses tiraillements, ses rougeurs, sa texture… Et surtout de prendre des temps de connexion via l’automassage.
Le “psycho-capillaire”, qu’èsaco ?
C’est l’axe que j’ai décidé de développer car j’ai observé que les problématiques du cuir chevelu sont souvent liées à ce qu’une personne peut vivre, et notamment ce qu’on appelle des “conflits de séparation” (deuils, pertes, divorces, déménagements). Pour moi, le rapport d’une personne à sa chevelure en dit long sur elle. Le cheveu, c’est une porte d’entrée à la connaissance de soi. Quand je discute avec les gens, j'arrive vite à toucher l’intime. Pour moi, la façon dont on vit ses cheveux, c’est une façon de s'accepter ou pas.
Quel est l’intérêt du Hair yoga ?
Le Hair yoga, c’est une approche holistique issue du yoga, de l'ayurveda et de la médecine chinoise traditionnelle. Pour les Indiens, la vitalité capillaire est proportionnelle à notre propre vitalité. Avec le yoga, il y a des postures qui vont, en amenant l’afflux sanguin, amener de la conscience et de l'énergie. C’est très intentionnel, c’est une pratique de reconnexion à sa chevelure.
Je pratique le yoga depuis très longtemps et j’ai fait mon mémoire sur l'ayurveda, il m’a donc paru logique de l’intégrer à ma pratique. En gros, je mélange des postures d’inversion douces, des postures pour stimuler les reins – qui sont en jeu dans la vitalité capillaire – et beaucoup de points d’acupression aussi, car le crâne est traversé de grands méridiens. J’utilise en plus pas mal de mudras, des postures avec les doigts qui amènent une sorte de sécurité en lien avec les cheveux, ainsi que des mantras qui sont des affirmations par la parole. L'atterrissage de la pratique, c’est surtout l’auto-massage du cuir chevelu, toujours du derrière vers l’avant, pour drainer le sang.
Retrouvez tous les conseils de Malika sur son compte Instagram.
Découvrez aussi comment prendre soin de ses cheveux pendant l’été et 10 nouveautés pour des cheveux de rêve.