Sofia : le film choc sur le déni de grossesse

Après le film Much loved de Nabil Ayouch, qui avait fait l’effet d’une bombe en abordant le thème de la prostitution au Maroc, la réalisatrice marocaine Meryem Benm’barek donne un nouveau coup de pied dans la fourmilière en explorant dans son film Sofia les conséquences d’un déni de grossesse dans un pays où il est interdit d’avoir des rapports sexuels hors mariage. Pourquoi voir ce film puissant ?

Un film engagé et féministe

C’est seulement au moment où elle perd les eaux que Sofia apprend qu’elle est enceinte. Sa plus grande frayeur ? Finir derrière les barreaux pour avoir eu un rapport sexuel hors mariage. Pour éviter le tribunal, la famille part à la recherche du père afin qu’il endosse lui aussi ses responsabilités. Vous aviez aimé le livre de Leïla Slimani Sexe et mensonges: la vie sexuelle au Maroc ? Vous allez adorer Sofia. Car en donnant à voir la détresse d’une jeune fille livrée à elle-même dans cette société où la femme ne peut être que vierge ou épouse, la réalisatrice dénonce fermement l’absurdité et l’hypocrisie des lois qui contrôlent la vie sexuelle des citoyens.

Lever le tabou sur le déni de grossesse

Encore discrédité par certains médecins qui refusent d’accepter qu’une femme peut être enceinte sans le savoir, le déni de grossesse concerne pourtant de 800 à 2000 femmes par an en France. À Casablanca, Sofia doit courir plusieurs hôpitaux avant d’être admise pour être accouchée. Les raisons ? En plus d’être prise pour une folle qui ne s’est pas rendu compte qu’elle avait un bébé dans le ventre, Sofia fait encourir des risques aux médecins qui accepteraient de l’accoucher sans connaître l’identité du père... Vous avez dit archaïque ?

Verdict

On valide. En abordant un sujet tabou très peu exploré au cinéma, Meryem Benm’barek nous offre un film choc qui ouvre les yeux sur les violentes contraintes imposées aux femmes au Maroc. Une œuvre qui résonne particulièrement au vu des événements survenus récemment dans le pays comme le lynchage de deux homosexuels ou l’agression de l’actrice du film Much loved qui incarnait une prostituée au Maroc.

Héloïse Rocca

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