Aller se poser dans un joli fauteuil rouge pour profiter des meilleurs spectacles de la saison après un après-midi à flâner dans Paris ? On signe ! Au programme ce printemps : le ballet hypnotique d’Angelin Preljocaj à La Seine Musicale, une Traviata revisitée à la sauce 2026 ou encore un opéra-bouffe 100 % parisien. Trois shows grandioses à ne surtout pas manquer, véritable condensé de grâce et de fête à booker d'urgence pour vibrer au rythme de la Ville lumière !
Requiem(s) à La Seine Musicale

On ne vantera jamais assez la magie des spectacles de danse d’Angelin Preljocaj. Avec pas moins de 60 pièces au compteur, le chorégraphe français – que nous envie le monde entier ! – se distingue par ses tableaux millimétrés, presque architecturaux, s’appuyant toujours sur des musiques musclées et s’amusant de jeux de lumières et de vidéos. Dévoilé en 2024, son ballet Requiem(s) est de retour à La Seine Musicale, convoquant 19 interprètes survoltés et des morceaux aux influences éclectiques allant de Mozart à System of a Down en passant par Ligeti… et même des chants médiévaux.
Preljocaj, au sommet de son art, dévoile une fresque hypnotisante sur la thématique du deuil, devenant dans son regard optimiste une véritable célébration de la vie. Ayant lui-même perdu plusieurs proches en 2023, le génie de la danse s’est attelé à désacraliser les sentiments d’infinie tristesse qui en découlent, offrant un exutoire réconfortant. Sur scène, le décès et ses conséquences sont interprétées par une troupe virevoltante et remplie de vie, dont les mouvements des corps sont sublimés par les costumes d’Eleonora Peronetti et les lumières d’Éric Soyer. “Je voudrais tenter de retranscrire cette sensation merveilleuse du miracle d’exister. Une célébration de la vie en quelque sorte”, confie Preljocaj qui signe avec Requiem(s) l’une des œuvres les plus puissantes de sa carrière.
Requiem(s) d’Angelin Preljocaj, du 6 au 9 mai 2026 à 20h30 à La Seine Musicale, 1 Île Seguin, 92100 Boulogne Billancourt.
© Didier Philispart / Yang Wang
La Traviata à l’Opéra Bastille

Vous connaissez sans doute La Traviata, cet opéra intemporel de Verdi qui bouscule les codes : séduction, prostitution, réputation… Finalement, le Pretty Woman du XIXe en version opéra ! La mise en scène audacieuse de cette adaptation, à découvrir dès début juin dans le décor moderne de l’Opéra Bastille, a été confiée à Simon Stone qui, fidèle à sa réputation, s'approprie La Traviata et exerce son talent unique : réinscrire les dilemmes des relations humaines de toujours dans un cadre contemporain qui nous parle directement.
Dans cette version, Violetta (la protagoniste) n’est pas une courtisane faisant commerce de son corps, mais une star des réseaux sociaux qui vend son image, dans une course aux likes et aux followers. Cet opéra en trois actes, inspiré de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils, narre l’histoire d’amour passionnée entre Violetta et Alfredo. Mais derrière les accords entraînants de Verdi et son célèbre Libiamo ne' lieti calici (taaa, ta tata, ta tata, ta ta taaaaa… vous l’avez ?), la mise en scène compose en filigrane une critique féroce de notre société du paraître, patriarcale et hyperconnectée. À voir absolument.
La Traviata, du 4 juin au 13 juillet à L’Opéra Bastille, Place de la Bastille, Paris 12e.
© Benjamin Bernheim / Charles Duprat / Vahid Amanpour
La Vie parisienne au Théatre du Châtelet

On ne présente plus le génie de Jacques Offenbach, véritable roi de l’opéra-bouffe qui savait, mieux que quiconque, faire pétiller l’esprit français. Créée en 1866 dans l’effervescence des grands boulevards, La Vie parisienne s'installe au Théâtre du Châtelet du 12 juin au 11 juillet. Véritable “photographie” sonore et visuelle du Paris de la fin du Second Empire, ce spectacle au nom évocateur dépeint notre capitale devenue ville-monde. Une œuvre burlesque qui ne cesse de nous divertir depuis la fin du XIXe siècle.
Dans cette nouvelle production, le duo complice formé par Valérie Lesort à la mise en scène et Éric Ruf à la scénographie s’empare de cette partition enjouée pour nous offrir un miroir de notre propre comédie humaine. Accompagnés par la troupe de la Comédie-Française et les costumes oniriques de Vanessa Sannino, ils s'amusent de l’inversion des rôles sociaux et du jeu des apparences (ce sont aussi les grands codes de la commedia dell’arte) entre touristes émerveillés et demi-mondaines aux aguets. Sous les airs audacieux d’Offenbach, ce spectacle ne se contente pas de célébrer l'art de la fête : il porte un regard aussi ironique que critique sur une société du paraître qui, de 1860 à aujourd'hui, n'a peut-être pas tant changé. Un rendez-vous pétillant à ne pas manquer pour clore la saison en beauté !
La Vie parisienne, du 12 juin au 11 juillet au Théâtre du Châtelet, 1 place du Châtelet, Paris 1er.
© Thomas Amouroux
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