Marie-Antoinette : une icône moderne à la Conciergerie

Avec son film éponyme, Sofia Coppola a rendu à Marie-Antoinette un statut d'icône contemporaine. C’est précisément ce qu’explore Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image, l’expo géniale qui lui est consacrée en ce moment à la Conciergerie, sa dernière demeure.

Comment expliquer ce retour de coolness dans les années 2000, a-t-on demandé au commissaire de l’exposition Antoine de Baecque ? “Marie-Antoinette, c’est un peu la grande cousine de Lady Di. Celle-ci s’en rapproche dans sa façon de s’émanciper de Buckingham, dans sa relation avec les enfants, son goût pour la culture et la bonne action.” Une similarité qui aurait joué suite au deuil mondial de 1997. CQFD !

La création d’un mythe

Si de nombreux peintres se sont attelés à réaliser de son vivant des portraits de la souveraine, son artiste préférée était une femme. C’est Élisabeth Vigée Le Brun qui livrera les travaux les plus flatteurs et associera sa grande amie à la rose, qu’elle lui fera tenir sur la plupart de ses tableaux. Un emblème à l’époque polémique venu remplacer les anciens symboles de la monarchie. Des exemples de ses chefs-d’œuvre sont ici présentés, ainsi que les réécritures par des génies contemporains comme Botero ou Pierre et Gilles et leur mise en scène culte de Zahia.

Chefs-d’œuvre par des génies contemporains comme Botero ou Pierre et Gilles et leur mise en scène culte de Zahia© Pierre et Gilles / Jean Feuillie -CMN / Fernando Botero

Une reine avant-gardiste

Première reine de France à élever elle-même ses enfants (ce qui était alors contraire à l’Étiquette), dépensière à l’excès, Marie-Antoinette est également la “ministre du beau”. On lui attribue un rôle de mécène, certes traditionnel des grandes princesses, mais c’est elle qui invente réellement la haute couture avec sa marchande de modes Rose Bertin, qui lui confectionne “des tonnes de robes”. Pas étonnant que John Galliano, Dolce & Gabbana ou Guo Pei se soient inspirés de son image pour leurs créations, dont certaines sont également présentées. Magique !

Les temps modernes

Marie-Antoinette, c’est aussi une star du cinéma, incarnée tour à tour par Michèle Morgan, Diane Kruger et bien sûr Kirsten Dunst. Une grande partie de la fin de l’expo est d’ailleurs consacrée au travail de Sofia Coppola, dont le film éponyme a contribué au revival de la queen mania.

Le début de la fin

Exécutée en 1793 en pleine Révolution Française, Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine a passé dix semaines emprisonnée à la Conciergerie en attendant l’issue tragique de son procès. L’exposition débute d’ailleurs façon couloir de la mort autour de plusieurs documents officiels et passionnants, comme sa dernière lettre écrite à la sœur de Louis XVI et qui fait figure de testament, ou encore la chaussure qu’elle aurait perdue en montant à l’échafaud.

On murmure alors que la reine aurait fait preuve d’une grande dignité au tribunal révolutionnaire et d’une attitude princière en marchant vers la guillotine. Une belle façon de faire relativiser les râleurs de service qui boudent tous les matins sur le chemin du bureau…

À noter

En plus de colloques et de conférences autour de l’expo (à la Conciergerie, à l’Université Panthéon-Sorbonne et à l’École normale Supérieure) pour les fans les plus motivés, le cinéma Le Champo accueillera du 5 novembre au 3 décembre un cycle “Marie-Antoinette”. Rendez-vous au 51 rue des Écoles, Paris 5e.

Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image à la Conciergerie du 16 octobre 2019 au 26 janvier 2020. Billets plein tarif 9 €, réservations sur www.ticket.monuments-nationaux.fr.

Découvrez aussi les meilleures expos du moment et celle sur Toulouse-Lautrec au Grand Palais.

Clémence Renoux

Autres suggestions

La semaine de Do It

Nos dernières nouveautés

Les + lus