5 bons romans à dévorer cet été

Les livres à lire pendant l'été 2024

Alors que l’été s’annonce chaud, on se réserve une place à l’ombre, on se laisse bercer par le bruit de la mer et on ouvre un bon roman… Vive les vacances ! La team Do It a concocté une sélection de ses vrais coups de cœur de l’année à glisser dans la valise sans hésitation. Notre reco : le premier roman de l’irlandaise Sheila Armstrong, le récit autobiographique de Meredith Hall, une expérience scientifique au cœur de l’océan Austral, un joli texte sur l’enfance… Suivez le guide !

 

Un séjour sur la côte irlandaise

Le bon roman : Échoués sur le rivage de Sheila Armstrong 

Le pitch. Le tableau représente un petit village côtier battu par les vents au nord de l’Irlande. S’y dessine Frank, venu récupérer la dépouille d’un phoque échoué sur le sable. Alors qu’il quitte la plage, il aperçoit le cadavre d’un homme au pied d’une épave de bateau vieille de plusieurs années. 

Au tableau de ces faits étranges vient s’ajouter une galerie de personnages qui, par les aléas de la vie qui les ont menés dans cette bourgade isolée, tentent de rassembler les pièces de ce mystérieux puzzle. La spectatrice, la légiste, le fils, le chauffeur, le vagabond, le matelot, la cuisinière, le pyromane, le plongeur… Un chœur de personnages et des destins à la dérive forment ce tableau d‘une grande sensibilité.

Pourquoi vous allez adorer ? Échoués sur le rivage est le premier roman de Sheila Armstrong traduit en français. Il est important de préciser que l’homme retrouvé sur la plage n’est qu’un prétexte pour peindre un kaléidoscope d’âmes errantes en mer d’Irlande. Jan Carson parle d’“un premier roman époustouflant par l’une des nouvelles voix les plus intrigantes d’Irlande” : on ne peut qu'acquiescer et attendre avec impatience le prochain récit. 

 

Un road trip aux États-Unis

Le bon roman : Sans carte ni boussole de Meredith Hall

Le pitch. Nous sommes en 1965 dans le New Hampshire au sein d’une petite communauté religieuse, conservatrice et soucieuse des apparences. À tout juste 16 ans, Meredith tombe enceinte. Expulsée de son lycée, chassée par sa mère, elle se retrouve seule chez son père. Elle y passe sa grossesse à errer dans une vaste maison vide. 

Marginalisée, en colère, hantée par le deuil de cet enfant qu’elle a été contrainte de faire adopter à la naissance, elle fuit sa famille, sa région et entame un long périple en solitaire à travers l’Europe et le Moyen-Orient. Vingt ans d’errance en équilibre au bord du monde, qui prennent fin le jour où son enfant perdu retrouve sa trace… 

Pourquoi vous allez adorer ? Après Plus grands que le monde, dans lequel elle racontait le quotidien d’une famille dans une ferme américaine après la Seconde Guerre mondiale, Meredith Hall livre ici un récit plus intime. Avec Sans carte ni boussole, elle aborde sans fard la question du pardon au sein d’une famille meurtrie. Ce récit est l’autobiographie édifiante d’une héroïne époustouflante de sincérité. À lire absolument !

 

Un bateau pour une île isolée

Le bon roman : Les fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghy

Le pitch. Shearwater est une île isolée de l’océan Austral sur laquelle se niche la plus grande banque de graines au monde. Dominic Salt et ses trois enfants sont les derniers gardiens de cette expérience scientifique unique. Leur monde n’est plus que silence et intempéries depuis le départ des chercheurs, qui ont déserté l’île après avoir saboté tout le système électrique, les laissant sans contact avec le monde extérieur. 

Jusqu’à ce soir, ou une tempête amène une femme sur le rivage. Alors que les questions s’amoncellent, la mystérieuse inconnue se réveille miraculeusement : qui est-elle ? Que fait-elle à plus de 1 500 km de toute présence humaine ? L’inquiétude monte : la station scientifique a été abandonnée, l’île s’enfonce dans l’océan et la famille prépare son départ. Avant de fuir, tous doivent trier les graines afin de n’emporter que celles qui sauveront un jour l’humanité, et faire face aux secrets qui refont surface avec la survivante. 

Pourquoi vous allez adorer ? Charlotte McConaghy et l’auteure des terres hostiles ayant un don pour faire surgir la beauté dans un monde au bord du précipice. Après Migrations, qui suivait la quête effrénée d’une jeune femme à la recherche des dernières sternes arctiques et Je pleure encore la beauté du monde, qui explorait la réintroduction du loup en Écosse, l’auteure signe un huis clos engagé, qui oscille entre drame familial et réflexion écologique. Entre tension, sentiment d’urgence et beauté, l’écrivaine australienne pose une question : comment l’être humain habite-t-il un monde en voie de disparition ? Brillant ! 

 

Une correspondance avec une vieille dame 

Le bon roman : La Correspondante de Virginia Evans 

Le pitch. Chère Sybil, merci d’avoir partagé avec moi une partie de votre correspondance épistolaire. J’ai ainsi pu faire la connaissance de votre fils Bruce, de votre ex-mari, mais aussi mieux comprendre la relation conflictuelle entretenue avec votre fille Fiona. Je me plais à imaginer cette amitié qui vous lie avec votre ami d’enfance qui perdure grâce à vos échanges de lettres. Comment se porte votre admirateur et voisin Mr Lubeck ? J’espère que cette personne qui déposait des lettres menaçantes dans votre boîte aux lettres a fini par se lasser. 

Merci d’avoir partagé avec moi une partie de votre vie, de vos émotions et de vos échanges littéraires. Vous m’avez ému par votre sensibilité, votre franchise, votre franc-parler et votre amour des jolis mots. Au plaisir de vous lire de nouveau. Signé : le lecteur ému, qui ne ressort pas indemne de votre récit. 

Pourquoi vous allez adorer ? Avec La Correspondante, Virginia Evans signe un premier roman sensible, drôle et profondément humain. Le frère écrivain, les enfants qui se tiennent éloignés, Théodore le voisin admirateur, Harry le sensible fils de son ancien collaborateur, son amie d’enfance et puis Joan Didion et Ann Patchett, à qui elle n’hésite pas à faire des retours de lecture : tout le monde y passe ! L’écrivaine prouve son talent pour dessiner des personnages sensibles que profondément humains. Un petit bijou pour tous les amoureux de littérature. 

 

Un été sur la côte Toscane 

Le bon roman : Septembre noir de Sandro Veronesi

Le pitch.On ne se souvient pas toujours très bien pourquoi l’on a été heureux, mais on n’oublie jamais qu’on l’a été.” Toscane, Italie. Comme chaque année, Luigi Bellandi, dit Gigio, s’apprête à passer l’été avec sa famille dans une station balnéaire huppée de la côte ligure. Mais cette année pourrait bien être différente. Gigio a 12 ans et quatre mois, pas tout à fait sorti de l’enfance, et pourtant déjà un pied dans l’adolescence. C’est l’été des découvertes, de la musique, de la lecture et de la traduction, mais aussi de la naissance du désir et des inquiétudes qui en découlent.

Devenu professeur et traducteur, Luigi Bellandi se souvient de cet été 1972, de la merveilleuse Estel, de leurs après-midis sous le soleil italien, de sa passion pour les sports, des sorties en mer avec son père, et puis du drame familial qui a tout fait basculer. Alors que des attentats mettent tragiquement fin aux Jeux Olympiques de Munich, la “férocité du monde” frappe de plein fouet Gigio dont l’innocence disparaît immédiatement. Un récit bourré de tendresse et de nostalgie sur la fin de l’enfance. 

Pourquoi vous allez adorer ? On ne présente plus Sandro Veronesi, à qui l’on doit Le Colibri, Chaos Calme ou encore Commandant. L’auteur italien n’a pas son pareil pour écrire des histoires bercées de candeur et d’innocence. La lenteur contemplative de sa plume épouse parfaitement les journées d’été qui s’étirent, surtout pendant l’enfance. Avec Septembre noir, il analyse avec brio les drames familiaux et collectifs vus à travers les yeux d’un enfant, afin de mieux dévoiler la brutalité de notre monde. Brillant !

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