Il suffit de quelques notes, d’un parapluie et d’une flaque d’eau pour que la chanson vienne en tête : Singin’ in the Rain signe un retour parisien fracassant et se pose déjà comme LE spectacle feel good à réserver cette saison. Après avoir fait rêver des générations de cinéphiles, le mythique musical hollywoodien interprété par le duo culte Gene Kelly / Debbie Reynolds débarque au Théâtre du Lido dans une toute nouvelle production signée Robert Carsen. Un choix statutaire pour ressusciter l’un des monuments absolus de l’âge d’or de la comédie musicale avec orchestre live, claquettes à gogo, chorégraphies XXL, costumes extraordinaires et une vraie pluie qui fait forcément son petit effet sur scène.
Le pitch ? Nous sommes à Hollywood en 1927, lorsque le cinéma muet devient parlant. Don Lockwood, star adulée du grand écran, voit son prochain film transformé en “talkie”. Problème et non des moindres : sa partenaire officielle, la très capricieuse Lina Lamont, affiche une voix de crécelle aussi stridente qu’une porte qui grince… Avec son complice Cosmo Brown, Don imagine alors une solution : faire doubler Lina par la jeune actrice Kathy Selden, qui est évidemment son crush du moment. Entre coup de foudre, jalousie, mensonges, révolution technologique et tournages catastrophiques, rien ne va se passer comme prévu.
Du cinéma… aux planches !

Pourquoi parle-t-on d’un monument du 7e art ? Parce que Singin’ in the Rain réussit le tour de force de raconter la véritable révolution du cinéma avec une légèreté folle. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly, sorti en 1952, s’inspire directement du passage du muet au parlant et transforme cette période de bouleversements techniques en une machine à bonheur. Robert Carsen, déjà aux commandes d’une première adaptation française au Châtelet en 2015, imagine pour le Lido une version totalement nouvelle. Exit le noir et blanc de sa précédente production : place à la couleur, à l’exception des séquences filmées, clin d’œil à l’époque où le Technicolor n’existait pas encore.
Le metteur en scène mise aussi sur la configuration très particulière du cabaret des Champs-Élysées : le public est au plus près de l’action et se retrouve littéralement plongé dans les coulisses de Hollywood entre tournages qui dérapent, post-production dans les salles obscures et avant-premières médiatiques. Décors grandioses, 240 costumes splendides signés Luis F. Carvalho, chorégraphies d’envergure et même un surprenant caméo de notre acteur préféré Ralph Fiennes confèrent au spectacle une allure de grand film vivant.
Un casting de haut vol

Sur scène, Ashley Day (An American in Paris, 42nd Street et The Book of Mormon) incarne le charismatique Don Lockwood. À ses côtés, Maddie Waller campe la délicate Kathy Selden, quand Charlie Waddell se déchaîne en Cosmo Brown sur le – sportif – morceau Make em’ Laugh. Hilarante, Natasha O’Brien termine de nous extasier dans les robes rose bonbon de Lina Lamont. Une troupe de danseurs et chanteurs complète ce casting anglo-saxon, accompagnée par l’Orchestre du Théâtre du Lido. Résultat : un spectacle qui coche absolument toutes les cases du grand musical à l’ancienne, mais doté d’une mise en scène dans l’air du temps et d’une vraie virtuosité technique. Et franchement, par les temps qui courent, on avoue avoir grand besoin de cette courte parenthèse de bonheur…
Jusqu’au 10 janvier 2027. Spectacle en anglais, surtitré en français. Durée : environ 2h40, entracte de 20 minutes compris. Séances principalement à 20h, avec représentations en matinée le week-end selon le calendrier.
© Valentin Folliet
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