Quantcast

Edvard Munch : l’expo star au musée d’Orsay

Munch

On connaît évidemment Edvard Munch pour son célèbre tableau Le cri, maintes fois interprété et détourné dans les milieux de l’art. Mais que sait-on vraiment du reste de son œuvre ?

Le musée d’Orsay nous fait redécouvrir une grande figure de la peinture dès la fin du XIXe siècle avec l’exposition Un poème de vie, d’amour et de mort qui embrasse l’ensemble de la carrière du peintre norvégien, explorateur de l’âme et interprète de la mélancolie et des angoisses humaines.

Une rémanence de cycles

Le parcours proposé ne suit pas un fil chronologique mais s’organise autour de la vision de l’artiste selon laquelle l’humanité et la nature se réunissent autour du cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Ainsi, ces motifs s’invitent dans toute l'œuvre de Munch, dans une perception du monde profondément marquée par une dimension symbolique. Au cœur de la création de l’artiste : l’exploration et l’expression des grands mouvements de l’âme, soit l’amour, l’angoisse et le doute existentiel.

Son œuvre : le miroir de son intimité

Munch désire peindre “des personnes vivantes qui respirent, s’émeuvent, souffrent et aiment”, au plus proche de ses drames personnels et de ses traumatismes. Vous voilà prévenu·e·s : sa peinture ne fait pas dans l’effusion ni la joie !

Dans L’Enfant malade, le fantôme de sa sœur emportée par la tuberculose se dessine avec une intensité rare ; Le cri se décline dans une multitude d’estampes et de peintures aux différentes “mains levées” ; la femme, quant à elle, toujours potentiellement maléfique et dangereuse, est présentée comme tantôt macabre, tantôt madone dans une vision duale où la connection entre deux êtres est symbolisée par une chevelure ondoyante et sensuelle.

Enfin, la maladie, la folie et la mort occupent une place prépondérante dans les toiles et dans l’esprit de l’artiste. La Frise de la vie, elle, se déploie comme un aperçu de la vie elle-même que Munch qualifiera de “poème de vie, d’amour, de mort…”. Si “l’art est notre cœur sanguinolent”, son art à lui est une confession doublée d’une recherche de vérité.

Munch et son époque

L'œuvre du peintre plonge ses racines dans un XIXe siècle profondément marqué par des bouleversements historiques. Proche des milieux bohèmes de Kristiana (actuelle Oslo), Edvard Munch fréquente le cercle littéraire du café Zum Schwarzen Ferkel lorsqu’il s’installe à Berlin en 1893. L’artiste y côtoie notamment le grand dramaturge Henrik Ibsen et réalise les décors des Revenants et Hedda Gabler. En 1937, quatre-vingt-deux oeuvres de Munch sont confisquées aux musées allemands et à certains collectionneurs privés, son art étant qualifié de “dégénéré” par les nazis, en opposition avec l’idéal artistique allemand qui glorifie la pureté de la race aryenne et exècre toute forme d’art moderne.

Munch décède en 1944 avant la fin de la deuxième guerre mondiale, et lègue tous ses biens dont les œuvres de son atelier et ses manuscrits à la ville d’Oslo.

Edvard Munch au Musée d’Orsay, ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu’à 21h45, tarif 16 € réservations en ligne

Jusqu'au 22 janvier 2023

Découvrez aussi les meilleures expos du moment et 3 bonnes raisons de filer à Versailles

Autres suggestions

La semaine de Do It

À la une