© Ann Ray / Jean-Louis Carli - MAIF / Zipcy
Pas besoin de faire la queue des heures devant les musées les plus courus de la capitale pour s’offrir un shot de culture. Ça bourdonne du côté des galeries d’art qui présentent en ce moment de nombreuses expos gratuites et inspirantes à découvrir sans faire la queue, ni débourser un centime. Entre photos, céramiques, peintures et même sculptures, il y a de quoi trouver son bonheur ! Au programme : une immersion dans la photographie du geste, une plongée engagée au cœur de la fragilité des océans, les œuvres charnelles et colorées de l'artiste sud-coréenne Zipcy, une explosion d’art abstrait scandinave ou encore les céramiques et croquis intimes de Picasso : on note les sept dans sa to-do list !
La plus envoûtante

Oubliez la scène classique : ici, la danse explose, s’infiltre et s’impose là où on ne l’attend pas. Direction la Galerie de l'Instant, rue de Turenne, où les charismatiques Hugo Marchand, Sylvie Guillem ou encore Matthew Ball imposent leurs présences magnétiques.
Cette exposition vibrante se focalise en particulier sur Hugo Marchand, omniprésent dans l’espace comme une respiration continue. Il déploie une vision puissante : faire rayonner la danse là où on ne l’attend pas. Capturé par l’objectif affûté de Maria-Helena Buckley et de Matthew Brookes, son corps devient manifeste : une ode sensuelle au mouvement, à l’engagement… et à la transmission enfin car, en 2022, Hugo Marchand lance son association pour rendre la danse classique accessible au cœur du patrimoine français. Dès 2023, il investit châteaux et sites d’exception, du Château de Chambord au Mont-Saint-Michel, transformant ces lieux emblématiques en scènes vivantes ouvertes à tous.
La mémoire du geste à la Galerie de l’instant, 46 rue de Poitou, Paris 3e. Jusqu’au 31 mai, ouvert le lundi de 14h à 19h, du mardi au samedi de 11h à 19h puis le dimanche de 14h à 18h30.
© Maria-Helena Buckley / Matthew Brookes
La plus engagée

Direction le Maïf Social Club dans le Marais pour découvrir une expo im-mer-sive et engagée : Voir la mer, reflets d’un océan chaviré. L’objectif ? Dévoiler la beauté fragile des océans à travers des sculptures, tableaux et installations vidéo qui font bien cogiter.
On navigue entre une sculpture de sel immaculée, des coraux colorés (presque) plus vrais que nature, des photographies bleu marine et autres projections maritimes dans une ambiance tamisée. Le land art, ça vous parle ? Ici, l’artiste Duke Riley revisite cette technique artistique en récoltant briquets usagés, bouchons de plastiques, bigorneaux et coquillages pour en faire l’impressionnant tableau d’un paysage côtier. Il faut s’approcher pour le remarquer ! Enfin, comme un écho au mythe de la femme de Loth, une splendide statue de sel intitulée Littéral trône au centre de la salle. Cette création, imaginée par Mathieu Lorry Dupuy, reflète nos modes de vie et nos désirs d’évasions éphémères. Le choix du matériau n’est pas laissé au hasard : le sel est une matière paradoxale qui semble solide mais reste pourtant soluble et instable… En bref, l’expo parfaite pour sensibiliser sur l’environnement et la fragilité des océans à travers des œuvres originales, profondes et marquantes.
Voir la mer, reflets d’un océan chaviré, 37 rue de Turenne, Paris 3e. Jusqu’au 25 juillet. Ouvert le lundi et le samedi de 10h à 19h, puis du mardi au vendredi de 10h à 20h30.
© Jean-Louis Carli / MAIF
La plus vibrante

Envie d’une pause douce et colorée ? Cap sur l’univers envoûtant de l’artiste sud-coréenne Zipcy, qui signe sa toute première expo personnelle en France. Jusqu’au 4 juin, La Forteresse Douce prend ses quartiers à la galerie Goldshteyn-Saatort, au cœur du 7e arrondissement.
Mais ce qui rend cette expo incontournable, c’est la création d’un dialogue sensuel entre médiums traditionnels et sujets contemporains. Zipcy met en scène des sujets souvent tabous : le corps féminin, la vulnérabilité, l’intimité et le désir à travers des motifs contemporains et vibrants de couleur. Cette intensité qui pulse, presque addictive, est née de pigments naturels coréens et japonais travaillés en marouflage, qu’elle dépose en coups de pinceaux sur le Hanji, un papier traditionnel coréen issu de l’écorce de mûrier. Résultat : des œuvres charnelles, intenses, à la profondeur magnétique. La Forteresse Douce, c’est une conversation ambivalente : tradition et modernité fusionnent, la douceur danse avec l’intensité, et l’intime s’ouvre pour mieux dialoguer avec le collectif.
La Forteresse Douce à la galerie Goldshteyn-Saatort, 7 rue de Verneuil, Paris 7e. Du 24 avril au 4 juin. Ouvert le mardi de 13h à 19h puis du mercredi au samedi de 11h à 19h.
© Zipcy
La plus abstraite

Formes Ouvertes, c’est un concept désignant un système d’angles qui se refuse tout fond et tout motif géométrique clos. Vous n’avez pas tout compris ? Direction Le Marais et l'Institut Suédois, qui dévoile une nouvelle exposition du même nom, offrant une véritable plongée dans l’art abstrait et les formes ouvertes à travers une expo hyper colorée. Sur les murs, près de trente années de création d’Olle Bærtling, peintre et sculpteur phare de l’abstraction, qui entrent en dialogue avec les œuvres de sept autres artistes du monde entier. Le résultat ? Des formes qui s'élancent hors des cadres, des peintures qui semblent envahir l’espace au-delà de la toile, des triangles jamais finis et des teintes vibrantes. On se balade donc entre ces peintures qui semblent se répondre et interrogent l’idée d’un langage universel abstrait.
Le petit plus ? L’Institut suédois expose Cecilia Edefalk, une figure majeure de la scène artistique suédoise. Elle déploie depuis les années 80 une œuvre instinctive, où les images héritées glissent peu à peu vers une abstraction habitée. Entre mémoire, nature et visions, son art convoque même les voix d’artistes disparus.
Formes Ouvertes à l’Institut Suédois, 11 rue Payenne, Paris 3e. Jusqu’au 19 juillet, du mardi au dimanche de 12h à 19h et le jeudi jusqu’à 21h.
© Vinciane Lebrun
La plus révélatrice

Saviez-vous que le maître du cubisme était aussi un céramiste passionné ? Direction la rue de Seine, où la toute nouvelle PM Gallery frappe fort avec une expo qui explore Picasso sous un autre jour entre céramiques, croquis et clichés de son grand ami André Villers. Sur les murs, l'intimité de son atelier de Vallauris captée par André Villers allie des croquis de Picasso à ses céramiques. Le résultat ? Une immersion totale dans le geste de l'artiste, où l'objet utilitaire se transforme en œuvre narrative. On déambule dans cet "espace mental" où la matière dialogue sans aucune hiérarchie.
Le petit plus ? La vision iconoclaste de Pavel Morozov, le fondateur de la galerie, qui casse les codes en faisant dialoguer plus de 24 ans de création pour réveiller notre regard entre l'art moderne et l’artisanat traditionnel. Une plongée immersive qui prouve que Picasso n'a pas encore fini de nous surprendre…
Picasso : l’atelier, le regard, la matière à PM Gallery, 40 rue de Seine Paris 6e. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h.
©Oleg Nikishin
La plus japonaise

La douceur nippone s’installe bientôt à Paris ! Forte de son succès au pays du soleil levant, l’exposition Beyond Our Horizons investit la Galerie du 19 M dans une version repensée. Nouveau lieu certes, mais toujours la même mission : célébrer l’échange créatif entre les artisans japonais et français en admirant de somptueuses pièces.
Embarquement immédiat pour un voyage au cœur de la matière, de la créativité et de l’artisanat à mi-chemin entre Tokyo et Paris. Entre sculpture, céramique, textiles ou même installations lumineuses, on déambule au milieu de toutes ces incroyables créations reliant le savoir-faire emblématique japonais à celui de la France. Ici, l’art délicat du tressage ajiro-bari dialogue avec le travail du plissé d'Atelier Lognon de la Maison Lemarié ; la céramique du maître Zengoro Eiraku se retrouve pimpée de fleurs et d’insectes par la maison de broderie française Atelier Montex, quand les fleurs imprimées façon karakami – technique traditionnelle japonaise – font face à celles tout en volume de la Maison Lemarié.
Plus qu’une simple visite, il s’agit d’un véritable dialogue qui s'opère entre chacune des pièces, offrant un moment hors du temps et des frontières.
Beyond Our Horizons à la Galerie du 19M, 2 place Skanderbeg, Paris 19e. Du 29 janvier au 26 avril. Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h30, accès gratuit sur réservation.
© Clarisse Ain
La plus festive

La culture clubbing s’invite au Quai de la Photo à l’occasion d’une exposition photographique entièrement dédiée aux nuits endiablées. Plus qu’une simple fête, c’est un véritable phénomène social, artistique et politique qui est mis à l’honneur avec The Beat Goes On. Depuis ses origines dans les 70’s à aujourd’hui et de New York à Paris : plongée à travers ces œuvres qui interrogent ce que la nuit dit de nos sociétés…
Véritable balade à travers cinq décennies de musique, de danse, de lumière pop et de baisers enivrés, l’exposition regroupe pour la première fois en France plus d’une centaine de photos et vidéos d’artistes venus des quatre coins du monde. Cet aspect collectif offre une vision à 360° de la vie nocturne, comme une ôde à celles et ceux qui, depuis cinquante ans, dansent pour se retrouver, s’affirmer et rêver ensemble. Comme une déambulation entre les époques, on y navigue entre les clubs mythiques new-yorkais à l’ère du disco, les raves britanniques des 90’s ou encore les sous-sol berlinois avec, pour fil rouge, un désir de liberté. Le petit plus ? Les quatre mois d’exposition seront animés d’une programmation de folie avec des soirées, projections, rencontres avec les artistes ou encore DJ sets pour prolonger l’effervescence des images exposées IRL.
The Beat Goes On au Quai de la Photo, 9 port de la Gare, Paris 13e. Jusqu’au 24 avril, ouvert du mercredi au dimanche dès midi jusqu’à minuit minimum (2h du matin maximum).
© Karel Chladek - Tristan O Neill
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