Domaine de Sceaux, parc et musée départementaux © CD92 . Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry © Château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / Christophe Fouin. Hausse-col de la duchesse de Berry © Département de la Vendée - Conservation des Musées et des Expositions / Patrick Durandet .
Contrôler son image : une obsession que l’on attribue volontiers aux Kardashian-Jenner et aux politiques du XXIème siècle qui envahissent TikTok. Mais certainement pas à une duchesse du XIXème siècle… Et pourtant ! Tout juste dévoilée, l’exposition Marie-Caroline, Duchesse de Berry. Princesse Rebelle au Château de Sceaux révèle que le PR damage était déjà l’affaire des princes et princesses du passé. Passionnant, son parcours croise politique, histoire de l’art et étude des représentations.
La Mary Stuart française

Pour réaliser Marie-Antoinette, Sofia Coppola s’est inspirée d’elle. L’affiche du film La Reine Margot de Chéreaux avec la robe tachée du sang de son mari, c’est elle aussi. Cette princesse sicilienne, arrivée en France après la chute de Napoléon Ier pour épouser l'un des petits neveux de Louis XVI, est un personnage oublié de notre culture… malgré sa vie plus que romanesque ! Après l’assassinat de son mari en 1820, elle devient mère d’un héritier dont la légitimité doit être défendue dans une France politiquement fracturée. Pour faire aimer le futur roi, il s’agit donc de faire aimer sa mère d’abord. Et pour cela, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles va comprendre une chose avant tout le monde : l’image, ça se travaille.
Alors qu’au XIXème siècle la presse, les spectacles et les estampes façonnent l’opinion publique, chaque œuvre exposée reflète la stratégie de communication dont fait preuve la duchesse herself : les tableaux qu’elle commande pour partager son image sont les paparazzi calls d’aujourd’hui ! La duchesse ne se contente pas d’être une princesse : elle devient sa propre attachée de presse.
© GrandPalaisRmn (Château de Pau) / Adrien Didierjean © Château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / Christophe Fouin.
Une femme de goût

Oh, les jolis objets de princesse ! Services en porcelaine, coffrets à bijoux, œuvres d’art et objets artisanaux ponctuent le parcours et racontent une autre facette de la princesse : son goût pour les belles choses. Accro au shopping, Marie-Caroline, telle une pop star en plein rebranding, s’entoure des meilleurs designers - ou plutôt des boutiquiers - en devenant leur cliente régulière. À la cour royale comme au Met Gala, LA bonne toilette devient un véritable instrument de séduction politique. En collectionnant et en affichant son goût pour l’art et les objets français, elle tisse un lien avec les provinces et participe à la construction de son image de princesse proche du royaume. Chez Marie-Caroline, mode, décoration et art ne sont jamais très loin de la politique.
L’exposition permet ainsi de découvrir La Duchesse de Berry, non plus seulement comme une figure secondaire de la Restauration, mais comme une femme qui maîtrise parfaitement les codes de son époque et comprend, le pouvoir des représentations. Une expo pensée pour les passionnés d’histoire, les admiratrices de boss ladies et les férues de gossip royal. En clair : voici l’excuse toute trouvée pour filer à Sceaux avec un pique-nique sous le bras, et s’installer dans les magnifiques jardins du château pour jouer les princesses le temps d’une après-midi, même sans titre de noblesse.
Anciennes Écuries du Domaine de Sceaux. Du 13 septembre 2026 au 14 février 2027. Ouvert tous les jours sauf le lundi et certains jours fériés. Du 1er mars au 31 octobre, ouvert de 14h à 18h30. Du 1er novembre au 28 février, ouvert de 13h à 17h
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© CD92, Château de Sceaux, musée départemental / Photographe : Julien Garraud © Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau © CD92, Château de Sceaux, musée départemental / Photographe : Julien Garraud