© Mathilde Hiley - Stephanie-Davilma
Et si le plus beau des refuges ne se trouvait pas au bord de la mer ? Au cœur du Var, la Commanderie de Peyrassol déploie ses vignes, ses oliviers et ses forêts sur 850 hectares de nature préservée. On y vient pour goûter les vins biologiques du domaine, dormir dans une bastide cachée sous les cèdres, admirer une sublime collection d’art contemporain à ciel ouvert et dîner chez Jeannette, la table étoilée de Benjamin Le Balch. Le chant des cigales en fond sonore et le téléphone oublié au fond du sac : on a trouvé l’adresse rêvée pour disparaître des radars quelques jours.
Un musée à ciel ouvert

Fondée au XIIIᵉ siècle par l’Ordre des Templiers, la Commanderie de Peyrassol cultive l’art de recevoir depuis plus de 800 ans. Autrefois refuge pour les voyageurs et les pèlerins, elle est aujourd’hui devenue une destination à part entière où le vin, la nature, la gastronomie et l’art contemporain se répondent avec une évidence folle. Le spectacle commence au détour d’un chemin ou à l’ombre d’un chêne centenaire, lorsque surgissent dans le paysage les œuvres d’artistes contemporains majeurs comme Daniel Buren, Joana Vasconcelos ou encore Berlinde De Bruyckere, avec le massif des Maures pour décor. À pied, à vélo électrique ou en voiturette, chacun choisit son rythme car, à Peyrassol, prendre le temps fait partie du programme.
Mais ce qui nous a vraiment conquises, c’est l’accès à la réserve de la collection privée de Philippe Austruy. Ouverte au public pour la première fois en 2026, elle nous entraîne dans les coulisses de cet ensemble de près de 500 œuvres et permet de mieux comprendre le regard du collectionneur, ses coups de cœur et les choix qui ont façonné Peyrassol (visite guidée possible, 20 €).
© DB-ADAGP, Paris / C Goussard
l’étoile cachée au milieu des vignes

Face aux rangées de vignes et au Damier flottant arc-en-ciel de Daniel Buren, Chez Jeannette fait dialoguer paysage, art et assiette. Le cadre suffirait déjà à en faire l’un des plus beaux restaurants du Var. C’était sans compter sur le chef Benjamin Le Balch, dont la cuisine a décroché une première étoile Michelin en 2025, conservée en 2026.
Son terrain de jeu ? Le potager biologique de 2 000 m² et la ferme du domaine, où légumes provençaux, fleurs comestibles, plantes aromatiques, volailles et fromages de chèvre écrivent la partition que l’on retrouve dans l’assiette. Ici, le végétal est roi et les produits sont sublimés sans jamais être déguisés. Autour des textures, des jus, de l’acidité et de l’amertume se dessine une cuisine précise et délicate, qui raconte le paysage aperçu quelques minutes plus tôt.
On repense notamment à la Tomate, olive picholine, Guanaja 70 % et aneth, qui ose un équilibre divin entre le sucré et le salé ; au Cochon, aubergine, cacahuète et shiso pourpre, d’une grande finesse ; et surtout au Lait, lactosérum, tapioca et gavotte croustillante, une relecture aérienne du riz au lait dont on aurait volontiers commandé une deuxième assiette.
Et dans les verres ? Les cuvées biologiques de Château Peyrassol prolongent naturellement l’expérience. Rosés délicats, blancs pleins de fraîcheur et rouges plus structurés accompagnent le menu et racontent, eux aussi, le terroir alentour. Les plus curieux pourront d’ailleurs prolonger le plaisir avec une visite guidée des chais accompagnée d’une dégustation des vins du domaine (20 €).
Pour une envie plus spontanée, on s'attable au Bistrot de Lou, installé à l’ombre des mûriers, où grillades au brasero et grandes salades inspirées des récoltes du potager se partagent dans une ambiance conviviale, fidèle aux traditions du Sud.
Dormir caché sous les cèdres

À seulement 1km du cœur du domaine, La Rouvière, ancien corps de ferme datant de 1835, abrite aujourd’hui des chambres et des appartements familiaux bourrés de charme, entre simplicité provençale et luxe discret. Au réveil, on rejoint le jardin pour un petit déjeuner composé de produits frais et de saison, que l’on savoure en pleine nature dans la douceur du matin. Puis la journée s’improvise : quelques longueurs dans la piscine nichée dans la verdure, une partie de tennis, une balade en forêt ou, soyons honnêtes, une longue et délicieuse sieste au soleil.
Notre reco : se prélasser au bord de la piscine jusqu’à la tombée de la nuit, puis lever les yeux vers un ciel constellé d’étoiles, dans un silence presque thérapeutique. Beaucoup d’espace, une nature omniprésente et cette sensation rare d’être seules au monde : c’est finalement ça, notre définition du luxe provençal.
© OneWineproduction / Mathilde Hiley
Chambres à La Rouvière à partir de 195 € la nuit. Visite libre du parc de sculptures : 13 €, gratuite pour les moins de 18 ans. Chez Jeannette : menu en trois temps à 70 €, menu en cinq temps à 120 €.
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