Frex : pour ou contre le phénomène qui détrône le sex friend ?

Le frex, c’est quoi ?

On adorerait qu’ils se remettent ensemble. Pourtant, même s’ils se sont récemment touché (tou-ché !!!) la main devant le monde entier, Brad et Jen le répètent : ils sont “seulement” très bons amis. Seulement ? Et si, quand on n’a pas réussi à s’aimer d’amour, le virage amical était mieux qu’un pis-aller, une vraie bonne idée ?

Aux Etats-Unis, on les appelle les frex, entendez les “friends and ex”. À l’heure où l’on se sépare à la vitesse de l’éclair, où on élève les kids à quelques rues, où on a pas mal de chance d’avoir plusieurs chapitres amoureux dans notre vie, le frex est devenu un personnage à part entière de notre modeste et joyeuse petite life. Nos amis people, qui aiment montrer le chemin, se gargarisent de ces belles relations qu’ils affichent fièrement aux yeux du monde entier. Gwyneth Paltrow, qui déclarait qu’elle et Chris Martin n’avaient “jamais été aussi proches que depuis qu’[ils étaient] séparés”, se fait opportunément paparazzer avec son mec, son ex et la nouvelle meuf de celui-ci en train de pique-niquer un dimanche aprem, cheveux au vent et sourire en bandoulière.

Jennifer Garner accompagne son bon vieux Ben à ses séances de désintox. Et même nos frenchies Joey Starr et Béatrice Dalle, pourtant peu enclins à suivre les troupeaux, ont succombé au phéno frex.

Le frex, c’est chic (chic, chic, chic)

Est-ce que c’est chic, le frex ? En bref, est-ce que, pour faire tout le contraire de nos parents qui ne se sont plus jamais adressé la parole après avoir divorcé, notre génération veut prouver qu’elle sait être adulte (elle), en ayant des relations trop cool avec ses ex ? “Ce qui est chic aujourd’hui, c’est les deux extrêmes”, explique Patrick Papazian, sexologue et auteur de Parlez-moi d’amour*. Et de poursuivre : “Avoir un ex pervers narcissique, coupable de tous nos maux, ou avoir un ex qui est notre meilleur ami. Avant, on croisait son ex ou on avait des nouvelles par hasard. Aujourd’hui, avec les médias sociaux, on a accès à toute sa vie (et réciproquement). Et puis, il y plus souvent une recomposition rapide. Nos relations n’ont parfois pas duré très longtemps et il n’y a pas d’historique trop lourd. On bascule alors beaucoup plus facilement qu’avant du côté ami.

Le frex, cet accessoire vintage

Nouvel accessoire de it-girl open et bien dans ses baskets, on trimballe son ex partout et on le met à toutes les sauces. “Gabriel trouve que ça me va mieux, le carré court, tu trouves pas ?”, “On part avec Gabriel en vacances avec les kids, c’est so pratique. Il me connaît si bien, je peux tout lui dire…

N’en deviendrait-il pas toxique, ce BFFex stylé qui nous ancre au passé ? “On est dans une société de la nostalgie. Nos jeunes de vingt ans sont nostalgiques de leurs dix ans. Instagram, Youtube, Internet… Les frontières temporelles sont totalement érodées”, explique l’expert. Comme on replonge dans des épisodes-doudous de Sex and the city ou son vieux jean neige, il y a dans notre attachement au frex le besoin non avoué de se lover dans une période fantasmée où tout allait bien. Ce qui est faux, on le sait (quant au jean neige, est-ce vraiment une bonne idée ?).

Du bon usage du frex

Pour faire bon usage de son frex, et pouvoir se rendre disponible à une nouvelle relation et aller de l’avant, il faut avoir respecté la durée minimum de deuil du couple, à l’ancienne. Même si on est sûrs d’avoir râpé jusqu’à la corde nos vieux sentiments au moment de la rupture. “On ne fait pas le deuil d’une histoire aussi facilement. La donnée de départ : c’est qu’on s’est aimés. Il y a des choses qui ne changent pas malgré les époques. Revenons à nos basiques. Il faut laisser passer un peu de temps avant de pouvoir envisager une relation d’amitié avec son ex.”

 

Mister big et Carry Broadshaw dans la série sex and the city

 

Plus tard, quand chacun aura fait son petit bout de chemin, épongé ses sanglots dans les bras de ses buddies et sistas, et enterré toute nostalgie pour cette histoire ancienne, l’amitié pourra éclore entre les amants désunis. Parce qu’on ne reste pas amis (pire phrase de rupture ever), on le devient. Et puis, point trop n’en faut. Amis, c’est bien. “Meilleurs”, c’est peut-être trop.

* Aux éditions de L'Opportun

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Adèle Bréau

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