Une exposition fascinante au Musée Guimet

On parie que vous n’avez jamais entendu parler de ce sujet pourtant passionnant. Jusqu’au 4 janvier, le musée Guimet plonge au cœur de l’art coréen entre le XVIIIe et le XXe siècle, pour s’intéresser au chaekgeori. Ce mouvement pictural étonnant consiste à représenter sur de grands paravents des bibliothèques, d’abord composées de livres, puis enrichies d’objets précieux et de curiosités. Le résultat ? Une illusion saisissante : tout n’est que peinture ! Au-delà de la délicatesse et de la beauté des œuvres, elles témoignent de l’histoire complexe des circulations artistiques et intellectuelles entre l’Europe, la Chine et la Corée à cette époque : “Il faut oublier l’expression “pays du Matin-Calme” pour qualifier la Corée. Au XVIIIe et au XIXe siècle, c’est un pays en mouvement, où la culture circule, un pays ouvert aux arts et aux lettres”, nous explique Arnaud Bertrand, conservateur des collections Chine et Corée au Musée Guimet et commissaire de l’exposition. De quoi voyager dans un autre temps et booster ses connaissances sur l’histoire de la Corée.

 

Bibliothèques et cabinet de curiosités  

À l’ère des écrans, la lecture est abandonnée au profit du scrolling. Coupable ! Le livre devient alors un objet de décoration, et la bibliothèque sert davantage à habiller une pièce qu’être utilisée. Eh bien, ce paradoxe n’est pas nouveau. Dans la Corée de la fin du XVIIIe siècle, le roi Jeongjo, très occupé (comme un roi), a peu de temps pour lire. Il fait donc peindre un paravent qui reprend en trompe-l’œil sa bibliothèque, pour rester proche de ses livres. Progressivement, les compositions s’enrichissent : aux livres et aux étagères s’ajoutent des objets précieux, des porcelaines, des bronzes, des pinceaux ou encore des montres. 

Ces bibliothèques imaginaires deviennent de véritables cabinets de curiosités, où les objets symbolisent autant le savoir que le désir de possession. Sous la rotonde majestueuse du musée, les œuvres dialoguent avec des objets bien réels : porcelaines, bijoux, sac à main et bibelots en tous genres permettent de confronter les collections peintes à leurs équivalents matériels. On s’amuse à retrouver les objets représentés sur les paravents, dans une sorte de Où est Charlie ? version chaekgeori ! Une exposition étonnante qui vient compléter la trilogie célébrant le 140e anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes. Après l’exposition sur la K-beauty présentée en mars, suivie de la découverte du royaume de Silla en juin, celle-ci est à ne pas manquer ! 

Le savoir en trompe-l’œil, du 16 septembre au 4 janvier 2027. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h. 

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