L’interview green de la Dir’Marketing de Volvo

Après 15 ans en agences de pub et à la direction d’un grand groupe hôtelier, Nathalie Duneau a rejoint la direction du marketing de Volvo Car France. “J’ai longtemps considéré que le secteur automobile était le plus conventionnel qui soit dans le domaine du marketing, malgré toutes les innovations. Mais la donne a changé”. Explications...

Quels sont les enjeux du marketing dans une entreprise comme Volvo ?

Aujourd’hui, le monde de l’automobile est au cœur d’une mutation totale et passionnante autour des enjeux environnementaux et de l’usage de la voiture. Les nouvelles générations sont beaucoup moins axées sur la possession d’un véhicule. Autrefois, ça rassurait. Aujourd’hui, ça angoisse.

Il faut redéfinir un modèle et des propositions. On est en train de passer d’un secteur industriel à un secteur de service. Le marketing contribue à anticiper des solutions. Aujourd’hui, on ne vend plus des voitures, mais des propositions de mobilité.

En quoi consiste le pari green de Volvo ?

On ne le sait pas toujours mais Volvo Cars est une entreprise historiquement engagée en faveur du développement durable et les enjeux environnementaux sont au cœur de nos préoccupations quotidiennes. C’est la raison pour laquelle nous voulons aller encore plus loin et venons d’annoncer la mise en place d’un grand plan de transition écologique avec l’ambition de devenir une entreprise climatiquement neutre à l’horizon 2040.

Une marque de voiture green-compatible, c'est vraiment possible ?

À moins de se contenter de ses pieds, aujourd’hui toute solution de mobilité a un impact environnemental, direct ou indirect, via la combustion d’un moteur thermique ou la production d'électricité par exemple.

Aujourd'hui, on peut travailler et œuvrer pour limiter la production de CO2 et c’est un défi que nous souhaitons relever ! En effet, nous misons désormais sur l’électrification de nos gammes avec une disparition progressive de nos moteurs thermiques et venons de lancer notre tout premier modèle 100 % électrique. Mais ceci ne suffit pas...

Comment transformer une compagnie par essence polluante en une société écologiquement responsable ?

Maintenant on va un cran plus loin, puisqu’on vient de présenter notre nouveau plan. Au-delà de l’évolution des moteurs et de la réduction des gaz, il s’agit d’avoir globalement une chaîne logistique responsable avec la réutilisation de nos matériaux. 25 % de nos plastiques sont recyclés, avec une échéance de 100 % pour 2025.

De même, on dépasse de loin la simple démarche de “faire de l'électrique”. Nous avons mis en place une blockchain sur le cobalt utilisé dans nos batteries électriques afin d’avoir une traçabilité totale, même avant et après sa mise en circulation...

Quand on a le job de directrice marketing, quelle politique met-on en place pour lutter contre ces problèmes de pollution ?

Par exemple, nous n’utilisons plus de plastique à usage unique dans nos bureaux, points de vente et événements. On met également en place des actions concrètes comme l’organisation de plusieurs course de plogging, qui est une tendance venue de Suède, contraction de “plocka upp” (ramasser) et de jogging. Le principe est simple : ramasser les déchets en faisant son jogging. C’est une belle initiative qui permet de se faire du bien et de protéger la planète par la même occasion et que nous souhaitons déployer partout en France grâce à nos concessionnaires.

Donnez-nous quelques chiffres clés autour de cette démarche…

Depuis le lancement des courses en juin dernier à l’occasion de la semaine du développement durable, nous avons réuni 200 participants qui ont permis de récolter plus de 300kg de déchets ! Et nous comptons déjà plus d’une centaine de participants inscrits à notre prochaine course qui aura lieu ce dimanche 8 décembre.

Mais grande nouveauté sur cette nouvelle édition : d’habitude c’est notre partenaire, l’association Run Eco Team, qui collecte et trie les déchets. Mais pour cette 6ème édition, les déchets seront recyclés et réutilisés pour la réalisation d’une œuvre en direct du Salon Nautic par l’artiste plasticienne Cicia Hartmann. Cette œuvre sera ensuite proposée à une vente aux enchères dont les bénéfices seront reversés à une association militant pour la protection des océans.

Quand on est une Parisienne, peut-on bénéficier concrètement de ces actions ?

Étant persuadés que tout faire est impossible mais que commencer à agir est possible, nous espérons sensibiliser le plus de monde possible grâce à la pédagogie pratiquée autour du plogging et que ses émulations généreront une prise de conscience. C’est généralement un ensemble de petits gestes qui fait changer les choses.

Que répondre à ceux qui vous accusent de pratiquer du greenwashing ?

On ne peut pas taxer Volvo, une entreprise suédoise, de faire du greenwashing. En Suède et notamment dans notre entreprise, le sujet de l’écologie était déjà au cœur des préoccupations bien avant qu’il ne devienne à la mode. Dès 1945, Volvo a commencé en tant que 1er constructeur automobile à recycler les pièces détachées.

La sécurité au cœur de l’A.D.N. de Volvo Cars, c’est de protéger la personne au volant, les gens autour, mais aussi l’environnement du véhicule. Notre marque a toujours fonctionné dans ce sens.

Toutes les entreprises polluantes par nature font du greenwashing. La mobilité est nécessaire, on ne va pas arrêter de se déplacer et vivre comme à la préhistoire... En revanche, on peut réfléchir et œuvrer pour une empreinte neutre.

Donnez nous un exemple parlant...

Prenez la peinture des voitures, qui est une grande source de pollution à la base, car elle utilise une très forte consommation d’eau. Volvo puise l’eau d’une source à côté de son atelier de fabrication de peinture. Après son utilisation, l’eau est retraitée et renvoyée au fleuve plus épurée qu’elle n’a été prise. C’est ça, pour moi, l’empreinte neutre à terme.

De quelles entreprises ou personnalités green vous sentez-vous proche ?

Des gens qui œuvrent auprès des jeunes dans les écoles et les sensibilisent. C’est grâce à un nouveau mode de pensée qu’on peut vraiment commencer à faire changer les choses, à commencer par le tri, le respect de l’eau. Je crois profondément à l’importance du petit geste de chacun.

Personnellement, que faites-vous pour changer le monde ?

Ça fait 20 ans que je recycle et que les enfants le font aussi à la maison. Je leur ai toujours expliqué qu’il suffit d’un produit souillé dans une benne, pour que le reste ne puisse pas être recyclé. Ma conviction : privilégier la pédagogie autour des bonnes pratiques de tri.

Votre fierté ?

Je suis dingue de la Corse où je passe mes vacances. Cela fait des années que je vais à la plage avec des sacs pour la poubelle et des cendriers de poche. Au début j'étais toute seule, et puis les gens se sont mis à faire la même chose… L’air de rien, ça a fait des petits.

Votre faux pas écolo ?

J’aime encore trop les voyages pour renoncer à mes déplacements aériens. D’où l’importance de proposer des solutions de mobilité qui permettent le plus de neutralité climatique possible...

Votre prochain défi écolo perso ?

J’aimerais vraiment parvenir à ce que 99 % des déchets ménagers chez moi soient recyclés, comme chez les Suédois.

Elodie Rouge

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