Niché à Saint-Germain-des-Prés, Orson s’impose comme l’adresse qui fait déjà parler d’elle. Ici, le feu donne le tempo et transforme chaque assiette en expérience. Dans un décor feutré, presque intimiste, tout se joue entre la chaleur du lieu et des assiettes qui marquent dès les premières bouchées…
Un décor au minimalisme musclé
Une chaleur douce imprègne deux salles feutrées au décor minimaliste : tables en bois foncé, bar ultra moderne, jeux de matières métalliques, lumières basses à la bougie… On se croirait à New York dans ce lieu qui se vit plus qu’il ne se regarde. Le regard file au fond de la salle, où la cuisine ouverte capte toute l’attention : flammes vives et feu qui crépite annoncent un vrai spectacle. En cuisine, Esu Lee – fraîchement gratifié d’un Bib Gourmand pour son autre table Jip rue de la Roquette – développe une approche où feu, fermentation et contrastes règnent en maîtres, entre influences coréennes et produits européens.
Assiettes de caractère

Dès les premiers plats, le ton est donné. Iodée, fumée, parfaitement dosée, l’huître, relevée d’une sauce namjim à l’huile fumée, ouvre le bal (5 €). Puis arrive le Madame Butterfly, un toast de crevettes et mayonnaise sichuanaise, une bouchée dont on se souvient longtemps pour son équilibre (14 €). Autour de nous, toutes les tables craquent pour le sashimi du jour, mettant en scène des poissons maturés cinq jours, avec une sauce prune fermentée et des feuilles d’algues pour composer soi-même ses bouchées (24 €).
Le feu de bois entre en scène avec les côtelettes d’agneau, tendres à souhait, marquées par ce divin goût fumé que l’on vient relever avec de l’ail des ours et même un fruit de la passion trônant à leurs côtés (40 €). Une association inattendue, mais juste. Le vrai déclic ? L’araignée tteokbokki, résolument fondante, accompagnée d’un siphon parmesan qu’on termine carrément avec les doigts (48 €) : le plat qui donne à lui seul envie de revenir, à accompagner en side de riz sauté BBQ avec Saint-Jacques, pleurotes et kumquat, dans cette même logique fumée, légèrement sucrée (11 €).
Côté desserts, Orson sert probablement le meilleur millefeuille de Paris, pimpé de vanille fumée au foin, caramel au beurre salé et fleur d’oranger, mmmh (22 €). La gourmandise de la mousse au chocolat est quant à elle balancée par la douceur d’une glace miso cachée en-dessous (16 €).
Ouvert du mardi au samedi de 19h à 23h30.
© Mickaël A. Bandassak - Lucas Chombart
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