Largement plébiscité pour ses nombreux spots de la nuit parisienne, ses épiceries à la D.A. bobo assumée et ses tables canailles, de l'Opéra Garnier à la rue des Martyrs en passant par le théâtre Mogador et Pigalle, le 9e arrondissement déborde de bonnes adresses ! C’est bien simple, à chaque passage dans le quartier, on s’imagine y emménager. En attendant, on s’est attablé dans des restaurants dont les voisins nous ont soufflé la bonne réputation, pour vous livrer un palmarès non-exhaustif. Vous nous raconterez ?
Mantra

Dans cet écrin gastronomique au décor imaginé par Gabrielle Noor, une promesse : un moment intimiste et privilégié. Les murs et le plafond sont peints en noir pour une ambiance brute et élégante, quand les tables rondes se parnet de sublimes serviettes de table brodées de l’emblème du restaurant : un oiseau de paradis. Aux commandes de ce nouveau restaurant, le chef malaisien Manogeran Shasitaran, qui tient son amour de la cuisine de sa mère et son savoir-faire d’excellence de ses expériences dans les plus grands restaurants.
Dans l’assiette: une cuisine métissée et pleine de saveurs, qui associe à la perfection les goûts du chef aux techniques acquises en France. On commence par la Saint-Jacques en trois façon – clin d'œil aux trois principales communautés malaisiennes. Même si on la préfère pochée et servie avec un gourmand morceaux de poitrine de porc et un caramel de betterave, sa version crue avec une vinaigrette à la fleur de rose est tout aussi délicieuse. Encore une énième surprise avec le beignet de datte medjool, crémeux d’oignons et lard de Colonnata. Les bouchées sucrées terminent cette épopée en beauté avec une mousse au chocolat à la crevette grise (subtil, on promet) et son crumble au cacao et sésame noir et gingembre confit ainsi que le sorbet kalamansi aux algues et confit de mandarine pour la touche de fraîcheur. Nos gros coups de cœur : le chou kale séchée ultra-croustillant accompagné d’une crème de coco à la prune fermentée et de point de sauce toute verte à tomber !
Mantra, 17 Rue Claude Rodier, Paris 9e. Ouvert du lundi au vendredi de 19h à 22h et le de 12 h 15 à 14h 15 du jeudi au vendredi. Menu pantai : 39 € (seulement le vendredi midi). Menu Bornéo : 89 €. Menu Nyonya : 145 €. Accords mets et vins : 49 € pour le menu Bornéo et 89 € pour le Nyonya.
© Aurore Nguyen
La Boule Rouge

Vous connaissez peut-être La Boule Rouge, institution des Grands Boulevards, pour ses soirées couscous devenues cultes. Récemment repris par la team de Tempête et Kamo, l’adresse dévoile un nouveau concept culinaire porté par le chef Nicolas Ricouard pour incarner cette nouvelle identité. Chandelles rouges, ambiance tamisée et décor boisé en font un nouvel incontournable des rendez-vous amoureux feutrés et grandes tablées d’anniversaire pour les épicuriens avides de découvertes culinaires. Vous allez adorer !
Dans l’assiette : on craque pour le Crudo de lieu jaune à la rhubarbe (24 €), le Tsukune au binchotan laqué au soja (15 €) ou les Gambas Oso saisies à la flamme (24 €). Les amateurs de partage se rueront sur le Coquelet jaune rôti sauce poulette (38 €) ou la Pièce de bœuf maturée au jus de moelle (48 €). Côté douceurs, le match se joue entre le Pain perdu crémeux coco-mangue (14 €) et l’audacieux Fondant au chocolat à la crème anglaise au fenugrec (15 €). Un sans-faute.
Le truc en plus : les exquis cocktails shakés en direct du joli bar qui trône à l’entrée, avec une belle sélection de potions sans alcool. Notre reco ? Le Peanut Espresso Martini café, liqueur et cacahuète (14 €).
La Boule Rouge, 1 rue de la Boule Rouge, Paris 9e.Ouvert du mardi au samedi de 19h à 2h.
Test

Utiliser les techniques de découpe et cuisson japonaises pour sublimer des spécialités méditerranéennes, c’est l’idée de génie de cette nouvelle table qui compte déjà parmi nos coups de cœur de cette année. Retenez bien son nom : Test réjouit les appétits dans une rue animée, célébrant l’inspiration du chef Jérémy Elie Marratche. Notre spot préféré : au comptoir bien sûr, à moins de préférer la salle du fond pour les tablées de 4. D’ici, on découvre une cuisine résolument technique qui sert les souvenirs de repas en famille de Jérémy, dont les origines juives séfarades appellent immédiatement une joyeuse cuisine du soleil. Le résultat ? Séduisant, réconfortant, précis, bref, furieusement dans l’air du temps.
Dans l’assiette : la carte, courte, pousse à en partager la quasi totalité, même à deux. Visez plutôt ce brick à l’œuf, ventrèche de thon rouge, œuf de truite et une harissa dont on aimerait avoir la recette (25 €), la douceur et la vivacité de cette daurade crue au daikon, yuzu miso et algues nori (19 €) ou encore l’assiette de bonite à tremper dans un labneh fleur d'oranger, paré de citron confit, câpres au balsamique et huile d’olive (22 €). Autres bangers : l’accompagnement riz, scamorza fumée, poireaux, aonori et pecorino, une caresse (16 €) ou encore le Mini Fricassé comme à Tunis, garni de thon, câpres, piment et citron (14 €). On termine en beauté avec le coquet Baba Boukha imbibé de fleur d’oranger et coiffé d’une diabolique crème mi-montée (13 €), à moins d’assumer la décadence d’une Marquise au chocolat, praliné noisette, caramel miso et noisettes torréfiées (11 €). On revient quand ?
Test, 70 Rue de Dunkerque, Paris 9e. Ouvert du mardi au samedi, au dîner uniquement.
© Fabien Voileau
Scarpetta

Quand trois amis corses s’associent, ça fait forcément du bruit. Mais alors pourquoi choisir la cuisine italienne quand on vient de l’Île de Beauté ? “Parce que c’est bon !”. La messe est dite. Bienvenue chez Scarpetta, la nouvelle adresse planquée sous Pigalle qui fait déjà beaucoup parler d’elle. Un de nos coups de cœur de l’année ! Ici, on voyage en Italie, avec cette petite touche corse qui flotte en arrière-plan. D’abord, l’ambiance y est franchement chaleureuse avec ses tables en bois, son parquet au sol, ses grandes verrières et ses murs en briques. Meilleur spot : face aux fenêtres pour y ripailler côte à côte façon comptoir sur rue, protégés par une armée de bouteilles de vins alignées tout du long.
Dans l’assiette : les entrées n’ont d’italien que les intitulés, mais on retrouve l’esprit bistrot d’une trattoria des temps modernes car, scoop, les Italiens ne se nourrissent pas que de pizza ! Du coup, le jambon de Parme affiné 24 mois (16 €) se partage en antipasti avant des ravioles langoustines twistées grâce à la barbe de moine, cette petite plante dont l’amertume offre un twist bienvenu (17 €). On ne résiste pas à l’appel du pain pour racler son assiette : scarpetta veut d’ailleurs dire “saucer” dans la langue de Dante. Coup de cœur également pour la coquette tartelette aux morilles, topinambour et radicchio, petite star de la maison (16 €). À suivre : on enchaîne avec une pasta al dente de rigueur, faite maison évidemment. Mention spéciale pour les calamarata relevées d’une chapelure aux olives dont on se souvient encore (28 €), et pour les agnolotti ricotta à l’ail des ours et asperges (28 €), tout aussi convaincants. On termine avec une panna cotta fruits rouges (10 €), pour laquelle on se dispute presque la dernière cuillère !
Scarpetta, 72 rue Marguerite de Rochechouart, Paris 9e. Lundi, jeudi et vendredi de 19h à 22h30, samedi et dimanche de 12h30 à 15h et de 19h à 22h30.
© Joann Pai
Trigo

Pas le temps de filer au carnaval de Rio cette année ? Direction Trigo, le spot de street food franco-brésilienne qui met du soleil dans les pauses déj’. Niché dans une petite rue du 9e, ce comptoir design à l’ambiance colorée attire autant pour ses sandwichs particulièrement coquins que pour sa convivialité. À l’origine, Ághata Le Lay et Dani Bogoricin, deux amies et une même énergie animées par l’envie sincère de régaler. Ici, tout se passe sous vos yeux : on cuisine devant vous, au rythme du service. Même en venant solo, difficile de ne pas échanger avec ses voisins… au risque d’en oublier l’heure.
Dans l’assiette : en entrée, on commence avec la salade de printemps dont on se souvient encore : tomates séchées, aneth, orzo, olives et une vinaigrette parfaitement dosée (5 €). Mais le vrai coup de cœur reste le Bauru, un sandwich toasté brésilien adoré là-bas et clairement validé ici à l’heure du déj’ (11,50 €). Au programme : rosbif maison, tomates confites, cornichons qui apportent un vrai twist et mozzarella bien coulante. Une autre recette au poulet rôti joue la carte du sucré-salé avec mayo, oignons caramélisés, carottes aigre-douces et pousses d’épinard (11,50 €) Le détail qu’on aime : chaque jour, un plat vient compléter la carte, pour ne jamais se lasser. Et pour finir sur une note sucrée : un gâteau du jour à emporter pour le goûter ou une crème crumble mascarpone (6 €).
Trigo, 9 rue Papillon, Paris 9e. Ouvert de 12h à 14h30.
et toujours
Le Tire-Bouchon Rodier

Quelle joie de retrouver le chef Marc Favier ! Il nous avait déjà régalé chez Marcore, son restaurant mi-bistrot mi-gastro pour lequel il avait décroché une étoile. Il signe son retour sur scène près de Pigalle cette fois, avec ce charmant troquet pensé pour les âmes épicuriennes. Le Tire-Bouchon Rodier, c’est le cool spot qu’on a envie de squatter avec ses potes en refaisant le monde autour de bonnes quilles et en picorant des nourritures canailles. Esprit bar à manger avec grand comptoir et chaises hautes (meilleures places parce que pile face à la motte de beurre fermière géante !) et salle intime posant quelques tables. Impecc’ au déjeuner pour s’envoyer rapido quelques assiettes réconfortantes ou la formule du midi. Encore mieux le soir à la lueur des bougies pour étirer le moment et se faire plaisir à l’ardoise comme à la cave en piochant parmi les 300 réf’ de vins que Marc Favier a minutieusement sélectionnées.
Dans l’assiette : une bistronomie grand kif réalisée avec des produits d’excellence et une inspiration voyageuse qui électrise le tout. Ce jour-là, ça démarre avec du pain croustillant et le fameux beurre de la ferme qu’on s’empresse de généreusement tartiner (4€). À suivre et en partage : la pissaladière façon koka (8 €), les croquettes signature de brandade de morue et sauce tartare (3 € pièce), le tartare de thon rouge, gingembre, coriandre, citronnelle et glace au wasabi (14 €), la fricassée de ris de veau aux champignons de Paris et au vin jaune (18 €) et les frites de pomme de terre au couteau (6 €). Pour terminer le festin, on double la mise sur le dessert. Ce sera la fameuse mousse au chocolat tiède de chez Marcore avec sa glace vanille : bonheur de la retrouver (10 €) ! Ultime bonne découverte ? La brioche perdue, caramel beurre salé et crème légère à la vanille (10 €). Verdict : des petites assiettes au tempérament affirmé qui emportent la conviction et dont on garde longtemps le souvenir. Pour sûr, on revient !
Le Tire-Bouchon Rodier, 47 rue Rodier, Paris 9e. 01 86 04 27 17. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 15h et de 19h à 23h
Onyx

Onyx, le dernier né du groupe Marki & co (Sphère, T0, Shiro), nous accueille entre Opéra et les Galeries Lafayette. Waouh d’abord : le décor signé ANEGIL pare ce bel espace de structures eiffeliennes avec verrière graphique et puits de lumière au rez-de-chaussée, remplacés par des codes feutrés et haussmanniens à l’étage, sans oublier un bar / comptoir en noyer où officient les chefs. Dans cette atmosphère de gastro chic bien dans son époque, Benjamin Marotine, ancien de chez Ducasse (Spoon, Ombres, Louis XV) et Tetsuya Yoshida, proposent une épatante version de la gastronomie française parée d’influences japonaises faisant la part belle à l’acidité, à l’amertume et aux épices. Un écrin chic aux assiettes élégantes, qui font d’Onyx l’adresse idéale pour un déjeuner professionnel ou un dîner romantique.
Dans l’assiette : on commence par une tarte aux poireaux accompagnée de sa crème, de straciatella et de pistaches concassées (25€) suivie d’un délicieux magret de canard et ses asperges sauvages, pleurotes croustillantes et vinaigre balsamique (18€ €). Place au lieu jaune, servi avec un artichaut poivrade, un condiment à l’olive verte, des fèves au basilic, un crumble de graines et un jus végétal (38 €). Les carnivores chics ne seront pas en reste avec un filet de bœuf black angus escorté de sa purée de pommes de terre fumée,d’échalotes confites et de champignons boutons (48 €). On termine en douceur avec un dessert autour de la fraise : biscuit de pâte à choux, confiture de fraise, crumble croustillant, crème à la vanille, sorbet fraise et une huile pimentée (18 €)
Onyx, 71 rue de Provence, Paris 9e. Menu carte blanche (2 entrées, poisson, viande et dessert) à 89 €. Ouvert tous les jours de 12h à 14h30 puis de 19h à 22h30. Réservation en ligne.
Neuvième Cru

Avis aux amoureux de pasta al dente, d'ambiances qui sentent bon le soleil et de l’Italie en général : direction le 9e pour un aller simple vers la Botte chez Neuvième Cru, où la dolce vita s’invite à table sous la houlette des frères Zahir et Yanis Hamour, autodidactes et amoureux transis de la cuisine italienne. Ici, tout est fait avec amour : des classiques intemporels, sublimés par des produits 100 % transalpins triés sur le volet. Le tout dans une ambiance si chaleureuse qu’on s’y sent aussi bien qu’à la table della mamma. Buon appetito !
Dans l’assiette : à midi, optez pour la formule à 22 € avec antipasti, plat, dolci et café, pour une pause déj’ rapide et efficace. À l’heure du dîner, la lumière s’adoucit, les bougies s’allument et l’atmosphère devient résolument romantique. On démarre avec d’incontournables antipasti : une délicieuse burrata fumée, pesto Genovese (14 €), la stracciatella al pistacchio et foccacia (13 €) ou encore les fondantes polpette della Nonna généreuses et fondantes à souhait (14 €). On continue avec de délicieux piatti : les classiques rigatoni alla carbonara dont on ne se lassera jamais (19 €) ou encore la côte de veau alla milanese avec sa pasta al pomodoro (25 €). Impossible de s’échapper sans goûter aux desserts : le traditionnel tiramisu qu’on ne présente plus (9 €) ou un cannolo siciliano, ricotta et pistache à savourer sans modération (9 €).
Neuvième Cru, 20 rue Richer, Paris 9e, 07 45 20 14 01, du lundi au samedi de 12h à 15h et de 19h à 23h. Formule déjeuner du lundi au vendredi : Entrée + plat ou plat + dessert : 19 €. Entrée + plat + dessert + café : 22 €. Au dîner à la carte : environ 45 €. Réservation en ligne.
© Le_couteau
Le Beaucé

Depuis quelques années, le chef Marius Bénard est parvenu à faire de son Beaucé un rendez-vous sympa du 9e, où l’on vient déjeuner sur le pouce un cool menu entrée/plat/dessert à 25 €. Normal : entre les serviettes à carreaux rouges et blancs, les chaises en bois, les épais rideaux rouges et banquettes rétro, il règne ici une atmosphère de bistrot follement parisien, où les tables se remplissent d’habitués du quartier et bandes de copains venus en découdre avec de bons plats tout confort.
Dans l’assiette : au déjeuner, on a profité du menu entrée plat à 22 € avec terrine de boudin basque ou velouté de butternut au bleu de Laqueuille. Pour le plat de résistance, on opte pour la saucisse de Toulouse fumée et sa sauce au poivre, accompagnée de riz noir de Camargue ou pour le délicieusement fondant paleron de boeuf au jus de persil et au chou chinois. Cool : le chèvre du Perche et, en dessert, un crumble pomme-noisette nappé de crème crue.
Le Beaucé, 43 rue Richer, Paris 9e. 01 72 60 97 72. Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 14h30 et de 19h30 à 20h30 et le samedi soir.
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