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Cet immeuble désaffecté dans le 10e cache la plus belle expo de l’été

Exposition Essentiel

Le rendez-vous est pris dans un immeuble désaffecté qui fait rimer graffiti et art contemporain. Au programme : 43 artistes triés sur le volet ont investi les 2000 m² de cet ancien centre de tri postal des années 1960. Un lieu éphémère à voir absolument avant le 29 août.

Un lieu essentiel

Baptisée L'Essentiel en référence à la polémique sur les lieux soi-disant "non-essentiels" du confinement, l'expérience collective et éphémère a été orchestrée par un trio qui se connaît bien et au sein duquel chacun apporte un regard et une compétence particulière.

Elise Herszkowicz, directrice de Art Azoï qui produit et diffuse de l'art dans l'espace public, s'est donc associée à Cristobal Diaz, réalisateur et directeur artistique, et à Lek, artiste et architecte, passé par la Villa Médici, pour faire éclore en à peine un mois un temple d'art urbain avec une ligne artistique forte. Le résultat est à la hauteur du lieu totalement dingue par les volumes et les perspectives qu'il offre, ses briques rouges et ses larges fenêtres.

Code couleur : ocre, bleu, vert

Poste Immo a sollicité l’association Art Azoï pour la mise en œuvre d’une résidence d’artistes et d’un projet artistique d’envergure fin 2019. Mais pour cause de Covid, il a fallu revoir la copie.

Qu'à cela ne tienne, il y aura bien un événement, subventionné par le Ministère de la Culture, et la publication d'un ouvrage chez Flammarion. Le bâtiment a donc été remis aux normes et nettoyé pour accueillir du public. Quand le trio est arrivé sur place, un choix s'est imposé d'emblée : "Nous avons décidé de faire une direction artistique chromatique autour du bleu, du vert et de l'ocre, les trois couleurs majoritaires du lieu". L'Essentiel prend le contrepied de la surenchère de fresques criardes collées les unes à côté des autres et opte pour souligner l'architecture et respecter l'intégrité du bâtiment.

Si Alexone s'est fondu sans problème dans le bleu et le vert, des couleurs qu'il affectionne, Popay a dû abandonner une grande partie de sa gamme. Quant à elle, Sifat s'est essayée aux différentes nuances terracotta et au grattage des matières. Romain Froquet a carrément découpé la brique pour tracer ses lignes.

Une déambulation aérée entre urbex et visite muséale

Tous ont joué le jeu : la cohérence est de mise entre les œuvres qui se répondent comme celle de Swiz venu embrasser le coffrage de l'escalier avec la calligraphie de Sowat sur les poutres et la composition unicolore de Tanc. Ou encore le mur d'escalade de Rero et les vitraux verts signés Ox ; les toiles suspendues de Rouge Hartley qui dévoile le mur effondré d'Ella & Pitr, une masterpiece, ou encore la sculpture de Cécile Bonduelle qui communique entre les deux étages.

La mise en scène laisse respirer chacune des propositions et ne vient pas faire tourner la tête aux visiteurs qui peuvent finir asphyxiés par la surabondance, l'un des travers de ces lieux de street art. Les pionniers Gérard Zlotykamien, Jacques Villeglé, Castelbajac côtoient ainsi les (ex)vandales Fuzi, Dize, Pzykoze, Katre, Kraken, Momies... dans une symphonie virtuose de techniques et d'engagements. Alors l'essentiel, c'est d'y participer.

Expo visible jusqu’au 29 août. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. 61 square Alban Satragne, Paris 10e. Entrée libre sur réservation.

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